Nampalys Mendy, un petit futur grand

Joueurs / 18/09/2010 - 15h46 / Par Maxime M.
  


Plus jeune joueur sur les terrains de Ligue 1, Nampalys Mendy, dit chaleureusement « Papy », possède un parcours atypique. A 18 ans et 3 mois, il compte déjà 4 matchs en championnat, tous en tant que titulaire. Pourtant, alors qu'il signe son premier contrat professionnel avec l'ASM en fin de saison dernière, il débarque dans le groupe pour le stage de pré-saison afin de remplir numériquement les places disponibles. « Quand on a repris l’entraînement, il me manquait les mondialistes, explique Guy Lacombe. J’ai pris des jeunes, dont Mendy que j’avais repéré en CFA 2 l’an passé. Il a fait une bonne préparation et des bouts de matches convaincants. Du coup, sa titularisation s’est imposée comme une évidence. » Ensuite, tout est allé si vite. Un premier match convaincant à Lyon, avec une grosse envie, puis le jeune récupérateur continue de montrer qu'il n'a pas froid aux yeux.

En moins d'un mois, ce tout petit gabarit - 1,68 mètres pour 68 kilos - a fait oublier Diego Perez, et relégué Nicolas Nkoulou, vice capitaine du Cameroun, sur le banc. Mais s'il est une personne qui n'est pas surprise, c'est Didier Christophe, l'homme qui l'a repéré et lui a donné toutes ses chances. Alors en poste au pôle espoir d'Aix en Provence, il raconte son parcours : « Il était venu pour des tests avec le RC Toulon, son club. Ses dirigeants m’avaient dit qu’il était là pour faire le nombre. Quand il a fallu évaluer ses qualités techniques, il a été catastrophique. Puis on a fait une opposition et là ç’a été une autre musique, un paradoxe complet. Il maîtrisait tout. Dans le jeu, il brillait par son placement, son intelligence, sa compréhension des actions. » Et il a tout résumé. Mendy, c'est un potentiel énorme.

Il le conseille d'ailleurs à Dominique Bijotat pour le centre de formation de Monaco. « Il a eu raison,  lâche  Philippe Bergeroo, l’entraîneur de l’équipe de France des moins de 19 ans qu’il vient d’emmener au Japon disputer la Sendaï Cup. Mendy, c’est très fort. Je voulais qu’il vienne avec nous mais Guy Lacombe m’a demandé s’il pouvait le garder. Il avait besoin de lui. Il fera partie des sélections futures. Non seulement il récupère les ballons mais il les distribue avec simplicité et sans déchet, comme un numéro 10. Il me fait penser à Makelele. » Et la comparaison n'est pas des moindres. Pis, Didier Christophe lui réserve déjà un parcours doré. « Je prends les paris. Dans trois ans, il sera en équipe de France. »

Le joueur a pourtant la tête sur les épaules. En refusant encore de s'exprimer dans les médias après seulement 4 matchs, il réserve son éclosion dans un cocon bien isolé, sur le Rocher, loin de la médiatisation destabilisante à la française. Né d'une famille sénégalaise de La Seyne sur Mer, il devra bien admettre ce que son mentor, illustre récupérateur en son temps, dit de lui. « Mais c’est la copie conforme de “Make”, déclare Cristophe. Sa grande force c’est d’analyser la situation, de savoir se placer pour faire échouer l’offensive adverse en se déplaçant d’un mètre pour boucler l’angle de passe. Et puis ce gamin c’est un régal. Il a la flamme, la passion du foot dans les yeux. Il demande, il écoute, il enregistre. C’est un mec qui te réconcilie avec le foot. » Un potentiel en diamant brut, un esprit lucide et travailleur, Guy Lacombe le reconnait, « C’est quand même une sacrée bonne pioche. »

L'Équipe