La guerre de Troyes n'a pas eu lieu

Temps additionnel / 20/05/2018 - 15h26 / Par Norbert Siri
  


La plupart de nos nombreux internationaux avaient eu, tout au long de la semaine, confirmation de leur participation à la prochaine Coupe du Monde. Kamil Glik, Danijel Subasic, Joao Moutinho, Keita Balde, Djibril Sidibé et Thomas Lemar, ainsi que Radamel Falcao, dont la blessure à la cuisse - renseignements pris auprès de l’autorité compétente - n’avait rien de diplomatique - je bats piteusement ma coulpe -  mais tout d’une méchante béquille qui exigeait repos et patience. Toutefois, avant le grand rassemblement de l’élite du football mondial sur les terres de la sainte Russie, ils devaient remplir un ultime devoir en faveur de leur club, en accrochant définitivement la place de dauphin, lors du déplacement à Troyes où on leur promettait la guerre. 

Les Champenois, en effet, jouaient gros sur ce match, puisqu’ils espéraient encore se soustraire à la relégation automatique en Ligue 2. Mais, malgré cet enjeu d’importance, ils n’ont jamais réellement inquiété notre équipe qui a tranquillement conduit la partie à son rythme. Leur bonne volonté n’est pas parvenue à compenser leurs insuffisances techniques. Leur gardien, pourtant en état de grâce, n’a pu empêcher la défaite, ne réussissant qu’à leur éviter une cuisante déroute, tant les occasions monégasques ont été abondantes. Or, il leur aurait fallu élever leur niveau de jeu pour contrarier nos Monégasques qui, sans être transcendants, ont déroulé un football sérieux, par moment séduisant, en le concrétisant par trois buts de belle facture. Rony Lopes (Photo : J-P Kieffer), l’Asémiste le plus constant de la saison, qui était cependant tombé en panne ces derniers temps, à l’image de ses coéquipiers, s’est fort bien rattrapé en inscrivant un doublé. D’abord, au milieu de la première période, en reprenant une frappe sèche de Youri Tielemans difficilement repoussée par le portier local. En seconde mi-temps, ensuite, en ajustant un tir aussi précis que puissant de l’entrée de la surface de réparation. A vingt minutes de la fin, le match était plié. Leonardo Jardim en profitait pour dégourdir les jambes de Radamel Falcao, qui a failli marquer dès sa première occasion, puis pour remplacer le double buteur du soir par Jordi Mboula. Inspiré, le coach ! Au terme d’un déboulé dont il est friand, le jeune espoir espagnol inscrivait son premier but en équipe fanion, qui était aussi le dernier de son club au terme de cette saison 2017-2018, qui s’achevait mieux qu’on ne l’avait craint un mois plus tôt.

Il est certain que l’AS Monaco n’avait pas grand-chose à redouter de Troyes qui ne l’avait plus battue en L1 depuis 16 ans. Mais, sous les yeux de près de 900 supporters Rouge et Blanc qui, après la rencontre, ont communié avec leurs favoris et, même, avec le Président Rybolovlev venu les féliciter au pied de leur tribune, elle a accompli ce qu’on attendait d’elle. La voilà vice-championne de France pour la 7ème fois de son histoire, avec le 2ème meilleur total de points – ex-aequo avec celui de la saison 2013-2014 - loin derrière son record de la saison écoulée, évidemment. Pour une formation qui a été à moitié saignée l’été passé, c’est fort, c’est même très fort, malgré un parcours parfois décousu, pour ne pas dire chaotique. Si la forme a souvent fait défaut, le résultat final est très satisfaisant. L’AS Monaco disputera la Ligue des Champions la saison prochaine. Reste à espérer qu’elle n’y fera pas de la figuration comme au cours du dernier automne. Quels seront les départs et les arrivées ? Leonardo Jardim, Radamel Falcao, Fabinho, Thomas Lemar seront-ils encore des nôtres à la reprise ? Les supporters que nous sommes sont impatients de découvrir ce que nous réservent nos dirigeants. En attendant que commence la 60ème saison de notre club au plus haut niveau, saluons la performance rare que représente une cinquième année consécutive sur le podium et remercions chaleureusement les acteurs de cette période enchantée.

Daghe Munegu.