L'improbable dénouement

Temps additionnel / 13/05/2018 - 22h52 / Par Norbert Siri
  


Après le coup de mou pathétique du mois d’avril, qui l’avait vue perdre la deuxième place du classement, l’AS Monaco avait réconforté ses supporters en l’emportant à Caen grâce, notamment, à sa jeune garde, qui n’avait pas laissé passer l’occasion d’exprimer son talent et ses promesses afin de répondre à la confiance de Leonardo Jardim. Ainsi notre club se trouvait-il toujours concerné par la lutte pour cette fichue place de dauphin, qui confère une qualification sans condition en Ligue des Champions. A deux longueurs de l’arrivée, à l’occasion de la réception de l’AS Saint-Etienne, étrangement privée du soutien de ses supporters, l’entraîneur portugais pouvait à nouveau compter sur Jemerson et Fabinho, qui avaient purgé leur suspension, et reconduisait Julien Serrano et Moussa Sylla, qui lui avaient donné satisfaction en Normandie, tandis qu’apparaissait sur le banc de touche, moins d’un mois après sa blessure au Parc, l’international Français Djibril Sidibé

Contrairement à leur précédente production à domicile face au SC Amiens, les Monégasques ont démontré sans tarder leur volonté de bien faire. Mais vouloir n’est pas pouvoir. Comme les Stéphanois leur opposaient une belle résistance, ils n’ont dû qu’à de rares erreurs adverses et à quelques centres plus ou moins réussis d’inquiéter l’ex-Asémiste Stéphane Ruffier, qui demeure l’un des tout meilleurs gardiens français, sinon le meilleur. La pause survenait sur un score nul et vierge équitable, les Verts ayant riposté à deux ou trois reprises avec la même inefficacité que notre équipe. La rencontre est montée en puissance progressivement en seconde période. L’arbitre, par exemple, oubliait de siffler un penalty flagrant pour une faute sur Rony Lopes, juste avant que Danijel Subasic ne réalise deux interventions décisives pour empêcher les Stéphanois d’ouvrir la marque. La partie s’emballait davantage après les remplacements opérés par Leonardo Jardim : Djibril Sidibé et Rachid Ghezzal, d’abord, Pietro Pellegri, ensuite, donnaient un coup de fouet à l’attaque monégasque. Sans doute transcendé par la présence de Didier Deschamps dans les tribunes, le latéral droit ne calculait pas ses efforts au point de se retrouver à deux doigts de marquer. Même combat pour Thomas Lemar qui exécutait un coup franc magistral, magistralement détourné par Stéphane Ruffier qui récidivait dans la foulée sur la reprise à bout portant de Moussa Sylla. Les Rouge et Blanc poussaient, le stade s’enflammait, rien ne passait. On venait d’entrer dans le temps additionnel lorsque Thomas Lemar, intenable en cette fin de match, subissait une faute dans la surface. L’arbitre n’hésitait pas et, alors que, à un millier de kilomètres de là, l’OL de Jean-Michel Aulas perdait les pédales à Strasbourg, Fabinho transformait imparablement la sanction suprême, qui rendait à l’ASM sa place de dauphin un instant égarée (Photo : J-P Kieffer).

Encore va-t-il falloir la préserver. Il reste un match, un tout petit match de rien du tout, mais qui vaut son pesant d’or, en cas de succès. En face, il y aura Troyes qui est avant-dernier et donc relégable, mais qui peut encore espérer décrocher le barrage L1-L2. Il faudra se méfier de cette formation valeureuse qui avait donné du fil à retordre à la nôtre, en décembre dernier. C’est un doublé de Guido Carrillo qui avait fait la différence en toute fin de partie. Samedi prochain, il ne s’agira pas d’attendre autant pour s’imposer. Mais, on le sait depuis longtemps, le principal adversaire de notre équipe, c’est elle-même. Si elle aborde cette ultime rencontre avec la même détermination que face à Saint-Etienne, si elle reste mobilisée par la rhétorique de son entraîneur, si elle joue tout simplement à son niveau, elle devrait être capable de surmonter cet obstacle qui n’a rien d’un épouvantail. Maintenant que le plus dur - et l’improbable - a été fait, l’AS Monaco a son destin entre les mains. Interdiction de gâcher !

Daghe Munegu.