Quelle purge !

Temps additionnel / 29/04/2018 - 14h23 / Par Norbert Siri
  


Samedi, en marge du match Monaco-Amiens, tant attendu par les observateurs et, surtout, par les supporters monégasques, anxieux de découvrir comment leur équipe réagirait après la double rossée reçue au Parc et au Roudourou, était commémoré le 40ème anniversaire du titre remporté par l’AS Monaco en 1978, la saison même de son retour en Ligue 1, appelée Division 1 à l’époque. Cette année-là, nous avions éprouvé le même plaisir, les mêmes sensations, les mêmes émotions que l’an dernier, lorsque nos favoris déroulaient un football de panache et d’exception. Cette saison, ce n’est pas la même histoire, mais alors, pas du tout. Cependant, la nostalgie de jadis et de naguère ne nous a pas empêchés de suivre un match dont l’importance, à trois semaines du terme, n’échappait à personne.

Et nous sommes encore tombés de haut. Sous les yeux des anciens combattants de 78, tout heureux de se retrouver comme au bon vieux temps, nos Asémistes d’aujourd’hui nous ont gratifiés d’un spectacle indigne des champions qu’ils sont encore pour quelques jours. Une véritable purge, une prestation soporifique, dénuée de cohérence, de solidarité, dépourvue des qualités qui, il y a peu, parvenaient à se manifester de temps à autre, grâce à une force de caractère qui semblait à toute épreuve. Mais, précisément, avant cette fameuse finale de Coupe de la Ligue qui a brisé l’élan conquérant de notre équipe il y a un mois, précisément, ces ressources mentales, que nous vantions alors à juste titre, n’étaient-elles pas l’arbre qui cachait la forêt, l’arbre du succès providentiel qui cachait la forêt d'un football indigent ? Face à une équipe courageuse et agressive comme celle du promu amiénois, nos favoris n’ont jamais trouvé l’ouverture, parce qu’ils ne se sont jamais donné les moyens d’inquiéter intelligemment l’adversaire. Certes, ils ont exercé une domination territoriale de bon aloi, mais leurs tirs étaient systématiquement voués à l’échec et, d’ailleurs, ils n’en ont cadré qu’un, un à trois minutes du coup de sifflet final. Contre Amiens et ses illustres inconnus, nos Fabinho, Joao Moutinho, Thomas Lemar, Rony Lopes, Radamel Falcao, tous pointures reconnues à l’échelon international, n’ont jamais su ouvrir de brèche. L’impuissance d’El Tigre symbolise à elle seule la lente désespérance dans laquelle glisse l’ensemble de l’équipe depuis un mois.

Il est trop tard pour se lamenter. Le mal est fait, Lyon est passé devant et Marseille est peut-être sur le point de l’imiter. Quand on a possédé une confortable avance de sept points sur l’un et de neuf sur l’autre, le tout accompagné d’une colossale différence de buts, on s’est vu trop beau, on s’est cru arrivé, pardi. C’était hier. Et puis, patatras ! Survient la défaite qui fait mal, le carton qui échauffe la bile, les critiques qui commencent à piquer, les envies d’ailleurs, où, forcément, l’herbe est plus tendre et le ciel plus clément, les regards en coin, les chacun pour soi et Dieu pour tous inconcevables dans un sport collectif. Méconnaissables, les champions de France. Envolée, la belle osmose de la saison passée. Abolie, la solidarité d’une équipe unie. Mais celle de cette année pouvait-elle survivre aux décombres d’une splendeur sabordée ? Il reste trois journées. Qui sait ce qui peut arriver ? Seul, un miracle… Visons le podium. Si, par malheur, nous le manquions aussi, nous nous consolerions avec la garantie de ne pas tomber plus bas.

Daghe Munegu.


 
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