Silence, Confucius !

Temps additionnel / 22/04/2018 - 22h37 / Par Norbert Siri
  


Dans quel état allions-nous retrouver notre équipe après le camouflet qu’elle avait essuyé à Paris quelques jours plus tôt ? Nos joueurs seraient-ils encore sonnés ? Découragés ? Moralement atteints par cet aveu d’impuissance qu’a été leur prestation du Parc des Princes ? Ou bien seraient-ils révoltés par ce comportement indigne des champions qu’ils sont ? Outrés par cette résignation coupable ? Remontés comme des pendules et avides de se racheter ? Qui pis est, à la lourde défaite s’est ajoutée la blessure de Djibril Sidibé, l’inusable et indispensable navette du couloir droit, qui risque d’être privé de la Coupe du monde en Russie. Sale soirée parisienne, dont ne s’est pas remis non plus Danijel Subasic, atteint dans son amour-propre autant qu’à la cuisse !

Samedi soir, au moment de se présenter sur la pelouse du Roudourou à Guingamp, l’AS Monaco était touchée, mais, inspirée par la sagesse de Confucius invoquée par son entraîneur en conférence de presse, bien décidée à se relever. Comme Lyon avait balayé Dijon la veille et Marseille écrabouillé Lille dans l’après-midi, les Asémistes savaient parfaitement à quoi s’en tenir. Franchement, posons-nous la bonne question : en Bretagne, avions-nous les moyens d’éviter la rechute ? Radamel Falcao blessé à l’échauffement ; vingt minutes de pression guingampaise sanctionnées par l’expulsion justifiée de Jemerson et le penalty logique qui s’en est suivi ; un deuxième but de l’autre monde pour enfoncer le clou ; le ballon confisqué au milieu de terrain ; aucun tir cadré mais un penalty peut-être oublié par l’arbitre avant la pause : ça faisait beaucoup pour des footballeurs accablés, qui avaient l’impression de vivre, comme nous, un authentique cauchemar, mais qui, à aucun moment, n’ont manifesté le moindre désir de révolte. La copie conforme du match du Parc.

C’est ce renoncement qui interpelle et qui inquiète, comme si quelque chose s’était cassé, comme si la résignation s’était emparée des esprits, comme si ce qui fait l’âme d’une équipe s’était évaporé. On a craint le pire quand, dès la reprise, les locaux ont ajouté un troisième but au terme d’une action collective remarquable. Il est vrai que notre défense était restée sur la touche et se voulait singulièrement accueillante. Puis, les uns se contentant de contrôler la partie, les nôtres redoutant sans doute un nouveau naufrage qui aurait fait désordre eu égard au club affronté, la rencontre s’est stabilisée. Même si les offensives bretonnes conservaient leur vigueur, nos favoris ont su leur résister et même tenter de timides incursions dans le camp adverse, à l’image de Moussa Sylla qui mérite d’être revu dans des circonstances plus favorables. Et, finalement, sur un coup franc de Thomas Lemar, par ailleurs transparent, Almamy Touré (Photo : J-P Kieffer) s’élevait assez haut pour lober de la tête le portier de l’En Avant et sauver l’honneur. Rendement optimal : un tir cadré, un but. Qui dit mieux ?

Combien de buts l’AS Monaco a-t-elle encaissés depuis la fin de la trêve internationale ? Quinze en cinq matchs, autrement dit, trois en moyenne. C’est trop, beaucoup trop quand on nourrit de hautes ambitions. C’est sur une défense de fer, rappelons-le, que se construisent les plus grands succès, même si l’on préfère consommer - et de loin - du football qui pétille. Après Paris et Guingamp, on n’est plus sûr de rien, comme en 2016. Un seul petit point d’avance sur les deux poursuivants paraît un frêle écart d’autant que, à l’inverse des nôtres, ils sont de plus en plus fringants. Il faut donc gagner les quatre matchs qui restent. Battre Amiens et Saint-Etienne à la maison, Caen et Troyes à l’extérieur. Ce programme serait dans les cordes de notre équipe si elle tenait la forme des mois précédents. Mais, comme elle est victime d’une hécatombe de blessés et qu’elle tire méchamment la langue, en devenant peu à peu la risée de ceux qui étaient obligés de l’encenser l’an passé, on est en droit de s’interroger.

A l’instar des dirigeants, qui doivent forcément réfléchir à leurs prochaines emplettes. Comme en 2016 !

Daghe Munegu.


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Guingamp 3 - 1 Monaco
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