Constat d'un naufrage annoncé

Temps additionnel / 16/04/2018 - 14h33 / Par Norbert Siri
  


L’AS Monaco n’était pas au mieux ces temps-ci. Certes, elle avait souvent prouvé qu’elle avait l’art et la manière d’inverser à son avantage une situation compromise, grâce à un mental qui lui permettait d’être un solide deuxième de la L1. Mais, cette saison, elle éprouve les pires difficultés à imposer son football, à le maintenir à un niveau élevé, à conduire une partie à sa guise du début à la fin. Son fonds de jeu est hésitant, son style de moins en moins convaincant, la plupart de ses individualités essoufflées.

En finale de la Coupe de la Ligue, il y a quinze jours, la différence de niveau entre l’ASM et le PSG était flagrante, comme les quatre fois précédentes où notre équipe s’était inexorablement inclinée devant l’ogre parisien. En serait-il de même dimanche soir, à Paris, à l’occasion de la 33ème journée de Ligue 1, compétition dans laquelle les Monégasques étaient, en revanche, invaincus au Parc des Princes depuis février 2007 ? Privés de leur tour de défense polonaise (Photo : J-P Kieffer), étaient-ils aptes à prolonger cette série inédite ? Annoncé comme une passation de pouvoir entre l’ancien et le futur champion, le match serait-il une simple formalité pour les locaux ?

Sans surprise, nos Asémistes n’ont fait illusion qu’un petit quart d’heure avant de sombrer dans le quart d’heure suivant. Quatre buts de superbe facture, dont trois en moins de cinq minutes. Sans Neymar, sans Mbappé, le PSG a marqué à chacune de ses incursions, qui ne se heurtaient à aucune opposition consistante. Ses attaquants entraient dans notre défense comme dans du beurre et matérialisaient leur large supériorité et leur farouche détermination quand ils le souhaitaient. Malgré une réaction dans les dernières minutes de la première mi-temps, concrétisée par le 13ème but de la saison de Rony Lopes, les Rouge et Blanc n’ont jamais été en mesure de rivaliser avec des joueurs qui leur ont donné une leçon de football sans forcer leur talent.

En seconde période, les maîtres se sont contentés de surveiller les élèves qui ont tout de même failli, dès la reprise, réduire l’écart grâce au petit ailier portugais, malheureux sur ce coup. Pour le reste, nos favoris ont joué sans inspiration, sans énergie, sans la moindre envie de piquer l’adversaire. Sans l’orgueil du champion qui refuse la fatalité. Et comme il était écrit qu’ils boiraient le calice jusqu’à la lie, Radamel Falcao, impuissant dans la surface adverse, a inscrit un but contre son camp en fin de partie, un but qui ne changeait rien à l’affaire mais qui en disait long sur le désarroi monégasque. Sans lutter, l’AS Monaco repassait son titre à Paris, qui l’avait surclassée sans pitié. Du sacre au massacre en moins d’un an !

Espérons que cette déroute ne laisse pas de traces. Il reste cinq journées. Monaco a quatre points d’avance sur les deux Olympiques et pourrait donc encore s’autoriser une défaite, sachant que sa différence de buts a fondu comme neige au soleil. Espérons que nos Rouge et Blanc redresseront la tête à Guingamp samedi prochain. Espérons surtout que nos dirigeants, qui ont délibérément affaibli l’équipe l’été dernier, tireront, l’été prochain, les enseignements de cette humiliation historique, de cet affront suprême qui va, pendant un bon moment, nous rester en travers de la gorge.

Daghe Munegu.