Selon un scénario éprouvé

Temps additionnel / 09/04/2018 - 10h36 / Par Norbert Siri
  


A Rennes, l’AS Monaco n’a pas perdu deux points, comme pourrait le croire le candide qui n’aurait pas suivi le match. Elle en a gagné un. Un bon point. Un point précieux et presque miraculeux qui lui permettait de conserver une avance intéressante sur Marseille et Lyon avant la 32ème journée. Le problème, c’était l’obligation de disputer trois rencontres en une semaine qu’a infligée la Ligue à notre club. Et encore ! Entre leurs deux confrontations bretonnes, les Monégasques n’ont même pas eu trois jours de récupération, alors qu’ils donnaient des signes inquiétants d’essoufflement. Or, il n’était pas question de calculer au moment de recevoir les Nantais de Claudio Ranieri qui ont réalisé une première moitié de championnat étonnante, mais qui marquent le pas depuis la trêve hivernale. Même s’il est le dernier club à avoir battu le nôtre en L1, le FC Nantes paraissait à la portée de notre équipe, samedi, par une très belle fin d’après-midi printanière.

Eh bien ! les Bretons ont justifié leur réputation de formation difficile à manier, de par la ruse du maître tacticien Claudio Ranieri, puisque, après avoir disposé devant leur gardien une ligne défensive hermétique sur laquelle se brisaient les bonnes volontés monégasques, ils se sont montrés les plus dangereux au bout d’une demi-heure de jeu, en manquant de peu de transformer un coup franc, juste avant d’inscrire le premier but d’une demi-volée magnifique. Après Bordeaux et Lille, c’était la troisième fois consécutive que l’AS Monaco concédait l’ouverture du score à domicile et l’on se demandait si, comme les deux fois précédentes, nos joueurs réussiraient à inverser la tendance. On commençait à en douter lorsque, en trois petites minutes de folie, notre équipe a égalisé avant de prendre l’avantage. Dans les deux cas, c’est le duo infernal Rony Lopes-Radamel Falcao qui a œuvré, chacun marquant un but de classe sur une passe décisive de l’autre (Photo : J-P Kieffer). Le tout juste avant la mi-temps, c’est-à-dire au meilleur moment de la partie pour relancer les uns et assommer les autres.

En seconde période, les Monégasques n’ont pas forcément cherché à accentuer leur avance, en essayant de claquer un troisième but qui aurait éteint les ardeurs nantaises. Non, conscients de leurs limites actuelles et de la fatigue physique et mentale qui les oblige à piocher dans leurs réserves, ils ont géré l’autre moitié du match aussi tranquillement que possible pour préserver leur maigre avantage. Ils y sont parvenus tant bien que mal, suscitant quelques frayeurs chez leurs supporters, mais, à la fin, l’essentiel était assuré. Pour la troisième fois d’affilée à la maison, les Rouge et Blanc se sont imposés 2 à 1 après avoir été menés. En retournant une situation mal engagée pour la sixième fois de la saison à domicile, ils ont fait montre d’une force de caractère peu commune, qui apparaîtra, au moment des bilans traditionnels, comme leur vertu cardinale, leur football ne présentant plus les qualités d’exception qui avaient fait d’eux des Champions de France incontestables. Leur impressionnante série d’invincibilité en championnat se poursuit et, comme nous croyons en leur orgueil, gageons qu’ils voudront laver, dimanche prochain, au Parc des Princes, l’affront de cinq défaites consécutives contre le PSG.

Comme Marseille, comme Lyon, Nice ou Saint-Etienne avant eux, qu’ils nous réservent une belle surprise en nous montrant qu’ils sont capables de se révolter contre le sort contraire, autrement dit que le Champion en titre nous sorte, chez son futur successeur, un match du feu de Dieu. Renoncer au combat, c’est déjà se soumettre.

Daghe Munegu.


 
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