Jardim : « Je ne me sens inférieur à personne »

Club / 29/03/2018 - 15h07 / Par Ophély M.
  


À deux jours de la finale de la Coupe de la Ligue, l’entraîneur Leonardo Jardim s’est confié à l’AFP et ses propos ont été relayés sur le site de L'Équipe. Il évoque notamment sa personnalité, sa carrière et son futur qu'il voit du côté de l'AS Monaco.

Arrivé en Principauté il y a maintenant quatre ans, Leonardo Jardim va vivre ce week-end sa deuxième finale sur le banc Rouge et Blanc. Malgré l’expérience des saisons et des aventures au sein de plusieurs championnats, le coach reconnaît que sa façon d’entraîner est toujours restée la même : « J'étais universitaire et joueur amateur. Mais je suis entraîneur professionnel depuis 22 saisons, numéro un depuis 15 ans et presque 600 matches. Ma personnalité, ma philosophie, ma gestion des hommes n'ont pas changé. Nos équipes marquent beaucoup, avec beaucoup de buteurs. L'objectif est collectif. L'ADN de mon jeu vient de mon propre regard sur le foot et de José Muniz, dont j'étais adjoint à Camacha. Mourinho et sa culture de la gagne ont été importants, aussi. »

Moins exubérant que certains de ses confrères en conférence de presse ou sur le bord du terrain, l’essentiel est ailleurs pour le coach Champion de France en titre : « Ma communication et ma personnalité s'accordent. Pas besoin, comme certains, de théâtre sur le terrain, ou de discours incohérents qui me sont insupportables. Il faut faire face aux situations. Moi, j'ai toujours fait mes preuves. Dès Camacha, devenu mon laboratoire. Par exemple, après quelques tests avec un champion de demi-fond qui se fatiguait rapidement en s'entraînant avec nous, j'ai compris la spécificité des efforts avec ballon. »

Récemment titré meilleur entraîneur portugais de l'année 2017, l’ancien du Sporting CP n’oublie pas pour autant son staff qui le suit depuis le début : « Mes adjoints sont investis dans leur rôle. Si on leur proposait un poste de numéro un au Portugal, personne ne partirait, selon moi. Avoir d'autres façons d'aborder un problème m'aide à réfléchir. Après, je décide. Et ils soutiennent cette décision. Elle devient celle du staff. Le président Dmitry Rybolovlev nous a prolongé jusqu'en 2020. Ça démontre son soutien, même s'il n'est pas public. En interne, il m'a toujours dit sa confiance. Même en 2016, au plus fort des rumeurs, j'ai toujours été tranquille. »

Enfin, en dépit d’un projet sportif monégasque souvent critiqué, le Lusitanien reste pragmatique et souhaite continuer son aventure sur le Rocher autant que possible : « C'est la stratégie. J'en fais partie. Je suis passionné. Certes, gagner le titre rend plus heureux. Mais je suis très satisfait de chaque saison ici. Une analyse fine des effectifs permettrait même de dire qu'en 2016, j'ai fait un gros boulot et été injustement critiqué. Le club m'offre de bonnes conditions salariales et sportives. Quelques clubs plus grands existent. Mais pour le moment, à 43 ans, je suis heureux ici, en pleine maturité, avec l'objectif de passer le cap des 1 000 matches dirigés en carrière. Pour acheter une image, il faut prendre un autre entraîneur que moi. Pour les compétences et qualités, j'aurais peut-être des opportunités. Je ne me sens inférieur à personne. J'ai refusé une très grosse proposition de Chine cet été, car je reste ambitieux et vise le plus haut niveau européen. Chacun sa méthodologie, ses qualités. Mais je ne pense jamais que quelqu'un est meilleur que moi. »

AFP