Onnis : « Oui, j'ai un regret »

Anciens / 24/03/2018 - 19h04 / Par Geoffroy B.
  


Deux jours après Michel Hidalgo, autre gloire de l'AS Monaco, Delio Onnis fête aujourd'hui son 70ème anniversaire. L'occasion pour le journal sportif L'Équipe d'évoquer ce buteur hors norme détenteur d'un record d'un autre temps.

Avec 299 réalisations au compteur, le championnat de France ne trouvera pas de sitôt un goleador de cette envergure. Rolland Courbis, alors joueur de Marseille, se souvient : « Je vois ce joueur qui avait une allure pas tellement courante, des pieds en canard et une façon de se déplacer bizarre. Il passait son temps à faire des fausses pistes. [...] Quand on parle de renard des surfaces, cela lui va comme un gant. Il avait du flair. Il sentait tous les coups. Il était tellement malin... »

Le buteur italo-argentin, après s'être fait la main en Argentine, débarque en France, au Stade de Reims, en 1971. Quelques saisons plus tard, il pose ses valises en Principauté où il inscrira 223 buts toutes compétitions confondues. Jean Petit se souvient : « Durant toute ces années, je ne l'ai jamais entendu parler de records. Il ne tirait pas dans des angles impossibles pour marquer à tout prix. Non, il voulait juste en planter un ou deux à chaque match. Il avait un bon coup de reins et sur quatre ou cinq mètres il pouvait laisser sur place tous ses adversaires. »

Fair-play, Bernard Lacombe, le deuxième buteur de l'histoire du championnat français avec 255 buts s'exprime également à son sujet : « Dans la surface, tu le voyais toujours dans le dos de son défenseur, sur ses 299 buts, je crois bien qu'il en a marqué au moins 250 dans les seize mètres. C'était chez lui. » Pour l'anecdote, Delio Onnis appelle la surface de réparation sa « salle à manger » !

En guise de conclusion, le quintuple meilleur buteur du championnat hexagonal nous parle de son seul et unique regret : « Même si je suis un éternel insatisfait, je ne regrette rien. Arriver à 300 buts ? Je n'aime pas les chiffres ronds. Jouer dans un grand club européen ? J'ai passé quinze années merveilleuses en France. On me dit depuis des années que si j'avais joué à l'époque actuelle, je serai milliardaire. Mais je ne veux plus en entendre cette phrase. Le passé, c'est le passé et moi, je vis avec mon temps. Mais, peut-être, en y réfléchissant bien, oui, j'ai un regret : celui de ne plus travailler pour Monaco depuis 2015. J'étais superviseur pour l'Amérique du Sud et cela me plaisait. Je suis sûr que je peux encore rendre des services à mon club de cœur. »

L'Équipe