Au plaisir des braves gens

Temps additionnel / 10/03/2018 - 12h54 / Par Norbert Siri
  


Franchement, même si le PSG est notre concurrent direct dans les compétitions domestiques, nous aurions aimé qu’il élimine le Real, sinon pour la gloire du football français, du moins pour récompenser de leur perspicacité tous ces braves gens supérieurement informés qui, depuis le tirage au sort de la Ligue des Champions, se sont généreusement investis dans d’interminables palabres, en gaspillant des litres de salive et des kilos d’intelligence. Pauvres (abus de langage) Parisiens ! Le pied de Neymar leur a coûté cher, doublement cher, tandis que nous, nous avons pris le nôtre l’an dernier, lorsque notre équipe a atteint les demi-finales de la prestigieuse épreuve européenne ou, en 2004, quand elle en a même disputé la finale. Peut-être, l’état-major et le staff du PSG seraient-ils bien inspirés de se rapprocher de leurs homologues monégasques afin d’apprendre l’art et la manière d’aller plus haut et, notamment, la façon d’utiliser Kylian Mbappé, qui était beaucoup plus heureux et plus décisif sous nos couleurs.

« Rêvons plus grand » : prétention ou aveuglement ?

En tout cas, tous ces braves gens bien intentionnés, issus de médias divers et variés, vont pouvoir reporter leur affection sur l’Olympique de Marseille qu’ils voyaient si beau, si grand, si fort, avec un collectif et un mental largement supérieurs à ceux de l’AS Monaco, qu’ils avaient allègrement enterrée au cœur de l’hiver. Or, depuis la précédente journée de Ligue 1, Marseille est relégué à quatre points de notre club et Lyon, largué à neuf longueurs. En se déplaçant à Strasbourg, les Monégasques avaient donc l’occasion de les détromper une nouvelle fois, en maintenant cet écart, voire en l’augmentant. A condition de gagner, ça va de soi. Bien que rétabli, Radamel Falcao était encore ménagé par son entraîneur qui renouvelait sa confiance à Stevan Jovetic. Bien vu, Leo. Première attaque monégasque, premier centre de Djibril Sidibé, seul dans son couloir, et but de la tête du Monténégrin qui s’élevait tranquillement au-dessus des deux défenseurs centraux strasbourgeois. Même l’égalisation surprise des locaux n’a pas démonté les visiteurs qui ajoutaient deux autres buts à vingt minutes d’intervalle, d’abord par Rony Lopes qui reprenait en pivotant un centre de Keita Balde, puis par l’excellent Fabinho (Photo : J-P Kieffer) qui a eu le bon goût, en outre, d’éviter l’avertissement ballot qui l’aurait privé de la finale de la Coupe de la Ligue à la fin du mois.

Trois offensives sur le côté droit, trois tirs cadrés, trois buts. A la mi-temps, l’AS Monaco avait fait preuve du froid réalisme qui la caractérise depuis deux saisons. En seconde période, elle aurait pu aggraver la marque par Stevan Jovetic, encore lui, qui expédiait le ballon de la tête sur un montant, puis par Youri Tielemans, d’un bolide au ras du poteau, dans le temps additionnel. Mais le score n’a pas évolué après la pause, parce que notre équipe a contrôlé la partie à sa guise, sans forcer, en acceptant d’être dominée, se payant une ou deux sueurs froides, mais sans vraiment trembler devant de généreux mais très, très limités Alsaciens, auteurs d’une trentaine de tirs presque tous mal ajustés. Il est vrai que le terrain tenait plus d’un champ de labour que d’une pelouse britannique. Abonnés au vendredi soir, les Rouge et Blanc peuvent donc attendre les matchs de leurs principaux rivaux sereinement, les pieds en éventail pour bien les reposer, avant de recevoir Lille vendredi prochain. Efficacité, cohérence, équilibre sont les principaux atouts actuels de notre formation, la meilleure du championnat, paraît-il, depuis plus de trois mois. Plus que deux et le tour sera joué. Au plaisir des braves gens.

Daghe Munegu.