La finale à deux roues

Supporters / 06/03/2018 - 09h36 / Par Norbert Siri
  


Luc Spottarelli (Photo : J-P Kieffer) est un jeune retraité de soixante ans, qui vit seul dans son bel appartement de Cap d’Ail, où ses enfants, Audrey et Julien - « le prénom de mon père ! » - ne manquent pas de lui rendre visite, et dont la terrasse domine l’azur de la Méditerranée. Il y a pire comme situation, même si la neige est venue récemment troubler la quiétude des pins et des palmiers alentour. Luc a effectué toute sa carrière professionnelle dans le secteur bancaire en Principauté. Il y a près d’un siècle, son grand-père a quitté Parme pour faire souche à Monaco, aux Moneghetti très précisément, tout près du stade du même nom. C’est là qu’il a attrapé le virus de l’AS Monaco, dès sa création, et qu’il l’a transmis à son fils, qui, lui-même l’a repassé au sien. Chez les Spottarelli, on est supporter monégasque de père en fils.

Au grand dam de Luc, son père n’est pas resté en Principauté. Il a traversé la rue Malbousquet où ils habitaient afin de s’installer à Beausoleil, puis à Cap d’Ail, jamais bien loin de Monaco, cependant, où père et fils fréquentaient volontiers l’ancien stade Louis-II. Pour pratiquer le football, notre ami s’est inscrit à l’USCA, où il a évolué pendant treize ans. Or, il partageait la passion de ce sport avec celle du VTT. « J’ai été président du club de VTT de Cap d’Ail, avant de passer au vélo proprement dit. Mais, en fin de compte, je crois que mon principal virus, c’est celui de l’aventure. L’Iran, le Yémen, le Cambodge, le Vietnam, l’Equateur… Je prends l’avion et, une fois sur place, je me débrouille comme je peux pour faire le tour du pays ! Une petite anecdote au passage : en décembre, j’étais en Colombie et j’ai pu suivre la remontada de l’ASM contre Troyes sur une vieille télé, dans un troquet, au fin fond de la montagne. Ils étaient tous pour Monaco, grâce au Tigre évidemment ! »

Pour satisfaire ses trois passions - foot, vélo et aventure, Luc a tout bonnement décidé d’aller à Bordeaux, pour la finale de la Coupe de la Ligue, PSG-Monaco… à bicyclette. « Il faut compter un bon millier de kilomètres par le chemin des écoliers, assure-t-il avec conviction. Je ne pars pas seul. Je serai accompagné de mon ami Philippe Morel, un authentique cycliste, lui. Nous comptons parcourir la distance en une dizaine de jours, à raison d’une centaine de kilomètres par jour. Nous partirons le lendemain de Monaco-Lille, à la fraîche. Nous longerons le littoral jusqu’à Sète, puis le canal du Midi, en empruntant les chemins de halage. Nous suivrons la trace indiquée par le GPS pour éviter les nationales et nous ferons halte dans des gîtes ou dans des hôtels. Nous serons bien chargés et en autonomie totale. Mais, attention ! La priorité étant la finale, si nous avons un problème, nous finirons en train. »

On laissera le mot de la fin à l’intrépide Luc Spottarelli : « Mine de rien, c’est un gros effort sportif que nous allons fournir pendant plusieurs jours. J’espère qu’il présagera celui de nos joueurs face aux Parisiens, lors de cette finale qui a des airs de revanche par rapport à celle de l’an dernier. J’ai d’ailleurs écrit au club pour l’informer de notre projet. En attendant sa réponse, je hasarde un pronostic : 2 à 1. Pour nous, bien entendu ! » 

Dont acte et daghe Munegu.


 
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