Ils se sont vus trop beaux trop tôt !

Temps additionnel / 25/02/2018 - 14h58 / Par Norbert Siri
  


Quand on retrouve les médias français, après s’en être éloigné quelque temps, on n’est jamais pris au dépourvu. Leurs propos ne varient pas d’un iota. Ils papotent aujourd’hui comme ils papotaient hier. La confrontation entre le PSG et le Real, ainsi que le Clasico national entre les Parisiens et les Marseillais, occupent les écrans, les ondes et les gazettes sans interruption. Le PSG par-ci, l’OM par-là, re-PSG, re-OM, re-re-PSG, re-re-OM, l’OL de temps à autre, et ça bavasse à qui mieux mieux. On se penche sur la tactique discutable de l’entraîneur parisien, on s’interroge sur l’influence insuffisante d’un attaquant marseillais, on s’inquiète de la migraine du président lyonnais, on tire des plans sur la comète, on ratiocine sur le niveau réel du football français, et patati, et patata. A croire que l’AS Monaco devrait s’excuser de jouer les premiers rôles, tant elle est mésestimée, voire dédaignée par la très objective intelligentsia de la capitale.

Après avoir largement battu Dijon, au terme d’un match sans éclat mais tout à fait maîtrisé, l’ASMFC se déplaçait à Toulouse, samedi en fin d’après-midi, pour maintenir son rythme de croisière qui lui permet d’entretenir la flamme de son ambition. Et les locaux ont aussitôt compris de quel bois se chauffait le Champion de France en titre. Un long dégagement de Kamil Glik échouait dans les pieds de Keita Balde qui se jouait de trois adversaires dans la surface, avant de servir sur un plateau Rony Lopes (Photo : J-P Kieffer), étrangement démarqué au point de penalty, qui ouvrait le score comme à la parade. Les Monégasques avaient-ils marqué trop tôt ? Sans doute victimes d’un excès de confiance, sinon de suffisance, ils s’abandonnaient à un jeu stéréotypé qui avait le don de relancer les Toulousains, pourtant éteints jusque-là, au point de leur procurer une égalisation inespérée, consécutive à trois erreurs individuelles au cœur de la défense asémiste. A la pause, au lieu de l’avantage qu’aurait mérité leur évidente supériorité technique, nos favoris devaient se contenter d’un score de parité décevant.

Jamais à court d’arguments, Leonardo Jardim substituait Rachid Ghezzal à Youri Tielemans, repositionnait Joao Moutinho aux côtés de Fabinho et plaçait Thomas Lemar en soutien de Stevan Jovetic, qui avait suppléé Keita Balde, blessé en fin de première mi-temps. C’est une autre équipe de Monaco qui a entamé la seconde période tambour battant. Dès la reprise des hostilités, elle développait une offensive d’envergure sur le flanc droit. D’abord expédiée sur un montant par notre Monténégrin, la balle revenait dans les pieds du supersonique Rony Lopes qui s’offrait un doublé en la catapultant au fond des filets. Nos joueurs poursuivaient sur leur lancée en conduisant la partie à leur guise. Ils ont bien cru la tuer lorsque Stevan Jovetic, très actif depuis son entrée sur le terrain, a inscrit le troisième but au terme d’une nouvelle action collective de toute beauté… avant de manquer le quatrième d’un cheveu. Les Rouge et Blanc n’ont pas tardé à le regretter car, comme la saison passée sur la même pelouse, ils se sont vus trop beaux trop tôt et désunis lors du dernier quart d’heure en concédant deux buts, dont un penalty totalement imaginaire qui a remis en selle les Toulousains, sonnés avant la décision incongrue de l’arbitre.

Certes, la grossière erreur de ce dernier, berné par la chute théâtrale d’un Violet, a permis à l’équipe locale de croire à nouveau en son étoile. Mais la manière dont notre cohésion défensive s’est délitée en fin de match ne laisse pas d’interroger. Comment le champion sortant peut-il perdre aussi vite ses moyens devant l’une des pires attaques de la Ligue 1 ? Pourquoi notre équipe devient-elle une formation quelconque et craintive quand l’adversaire accélère et s’ingénie à la bousculer ? Après avoir mené 3 buts à 1 et s’être fait remonter en une poignée de minutes, l’AS Monaco peut considérer ce nul comme une défaite. Au lieu de bénéficier d’un bon petit matelas de quatre points sur Marseille avant son déplacement à Paris, elle doit se contenter d’une avance réduite de moitié. Rien de dramatique, bien entendu, mais il faudra décidément se montrer costaud et combattre jusqu’au bout, pour préserver cette place de dauphin qui va si bien à notre teint !

Daghe Munegu.