La douceur angevine

Temps additionnel / 11/02/2018 - 08h33 / Par Norbert Siri
  


Bercés par le souvenir soyeux de la belle semaine accomplie par notre équipe, lors de trois confrontations majeures contre Marseille, Montpellier et Lyon, nous étions encore tous blottis sur notre petit nuage rose, samedi soir, lorsqu’il nous a fallu replonger dans la rude réalité hebdomadaire, parce que nos favoris se déplaçaient à Angers pour la suite du passionnant feuilleton de la Ligue 1, consacré à la conquête du titre de vice-Champion de France. Marseille ayant laissé des plumes la veille à Saint-Etienne, le match du stade Raymond-Kopa revêtait une importance capitale pour l’AS Monaco, à laquelle était promise, en cas de succès, la deuxième place du classement. Pour y parvenir, elle devait surmonter bien des obstacles, non seulement les défections de titulaires tels que Danijel Subasic, Keita Balde ou Radamel Falcao, mais surtout la volonté de l’adversaire de s’éloigner de la zone de relégation.

Or, Seydou Sy, notre portier remplaçant, n’a touché son premier ballon menaçant qu’à la 44ème minute. Il n’avait guère été sollicité jusque-là mais avait manifesté de temps à autre des signes de fébrilité lors de deux ou trois dégagements. Pourtant, le jeune sénégalais n’avait aucune raison de trembler parce que, devant lui, ses coéquipiers maîtrisaient parfaitement la partie et affichaient une sérénité monacale. D’ailleurs, à la pause, ils s’étaient montrés dangereux sur chacune de leurs nombreuses attaques et avaient déjà marqué à deux reprises en toute logique. D’abord, grâce à un but gag : Adama Diakhaby centrait de la gauche devant les buts adverses. Cafouillée par la défense, la balle percutait le poteau, rebondissait sur la tête du gardien et finissait sa course au fond des filets… accompagnée de Stevan Jovetic (Photo : J-P Kieffer) qui aurait pu, tout aussi bien, suppléer son malheureux adversaire. Omniprésent sur tout le front de l’attaque, le Monténégrin a doublé la mise, à la demi-heure de jeu, d’un amour de ballon piqué, au terme d’un contre d’école rondement mené par Adama Diakhaby dans le couloir droit, cette fois.

Sans avoir souffert, les Monégasques regagnaient les vestiaires à la mi-temps avec deux buts d’avance, et ce n’était que justice, au vu de la démonstration qu’ils venaient de réaliser. Ils l’ont d’ailleurs poursuivie en seconde période, tout comme Stevan Jovetic, le héros du soir, a récidivé en inscrivant le fameux troisième but qui, généralement, détermine l’issue d’un match : soit l’un revient dans la partie, soit l’autre s’envole vers la victoire. C’est le second cas qui s’est produit. Une longue ouverture de Fabinho trouvait Thomas Lemar à la réception, qui venait tout juste d’entrer en jeu. L’Antillais remettait instantanément au point de penalty, où le fin technicien qu’est Jovetic n’avait aucun mal à pousser le ballon au fond des filets. Il restait moins d’une demi-heure à jouer. Les Angevins, dont on n’avait pas retrouvé la rudesse passée, avaient renoncé. Youri Tielemans mettait cette résignation à profit pour adresser de la droite une balle millimétrée au second poteau, où Andrea Raggi, capitaine d’un soir, ne laissait aucune chance à l’ultime rempart des Angevins. Les Rouge et Blanc finissaient en roue libre, après avoir rempli leur mission d’admirable façon.

Succédant à une semaine presque parfaite, la soirée de samedi a été douce à nos cœurs. L’ASM l’a emporté aisément et Seydou Sy n’a encaissé aucun but. La défense a été intraitable, notamment sur les côtés, où Djibril Sidibé s’est baladé et Andrea Raggi a fait mieux que dépanner. Le milieu a rayonné, où Youri Tielemans paraît enfin avoir trouvé sa place entre le précieux Joao Moutinho et Fabinho redevenu Fabinho. L’attaque, enfin, a transformé quatre de ses six tirs cadrés et Stevan Jovetic s’est régalé à sa pointe, pourtant orpheline de Radamel Falcao et de Keita Balde. En attendant le talentueux espoir, Pietro Pellegri. Au bout de dix minutes de jeu à peine, l’AS Monaco avait recouvré la deuxième place, à laquelle elle semble promise, parce que, malgré ses constants remaniements, elle est, sans conteste, le meilleur des trois prétendants à la deuxième marche du podium. Comme les deux autres vont aussi devoir s’appuyer la Coupe de France et la Ligue Europa, le dernier trimestre de la saison sourira certainement à notre club.

Daghe Munegu.