L'affaire de la journée

Temps additionnel / 29/01/2018 - 18h55 / Par Norbert Siri
  


Après avoir manqué de peu la marche des seizièmes de finale de la Coupe de France face à l’Olympique Lyonnais, l’AS Monaco avait rendez-vous, dimanche soir, avec l’autre Olympique, celui de Marseille, dans son Orange Vélodrome flambant neuf, pour la deuxième étape de son délicat périple hivernal, qui lui réserve également Montpellier, mercredi, puis, de nouveau, l’Olympique Lyonnais, dimanche prochain. Depuis l’instauration du Champions Project (en anglais, c’est tout de même plus chic, surtout avé l’assent) et l’arrivée de Rudi Garcia à sa tête, il y a un an et demi, l’OM s’était incliné à quatre reprises devant notre équipe, et pas qu’un peu, sur des scores éloquents, comme celui de l’aller, fin août, où il s’était liquéfié et avait reçu une rouste mémorable de son adversaire. Or, depuis, sans que la tendance se fût réellement inversée, c’étaient plutôt les Provençaux qui avaient le vent en poupe et nos joueurs qui, tout en s’accrochant au podium, avaient perdu de leur grâce estivale.

Dimanche soir, devant les caméras de Canal+ et un public de cinquante mille poitrines rugissantes, hurlantes, vociférantes, les deux mi-temps se sont curieusement ressemblées. Toutes deux ont commencé par un but rapide dans chaque camp, suivi d’une égalisation toute aussi rapide, puis de la domination d’une équipe sur l’autre. La différence, c’est que, au cours de la première, les Monégasques ont aussitôt ouvert la marque par Keita Balde, à la suite d’un une-deux avec Djibril Sidibé, juste avant qu’Adil Rami ne se rachète en trompant Danijel Subasic de la tête et n’entraîne ses coéquipiers à asseoir leur suprématie sur la partie jusqu’à la pause. A l’inverse, ce sont nos Monégasques qui ont conduit à leur guise toute la seconde mi-temps, après que le néo-Marseillais Valère Germain, tout heureux de se rappeler au bon souvenir de son ancien club, eut redonné l’avantage aux siens, dès le retour des vestiaires, d’une tête plongeante audacieuse. Sans tarder, respectant fidèlement le schéma du début de rencontre, Fabinho (Photo : J-P Kieffer), qui a porté son équipe à bout de bras quatre-vingt-dix minutes durant, égalisait au terme d’un slalom au cœur de la défense phocéenne, initié de nouveau par Djibril Sidibé, à l’origine des deux buts de sa formation.

Dire que les Marseillais voulaient à tout prix se venger de l’humiliation du match aller est un doux euphémisme. Radamel Falcao, qui a dû recevoir sept points de suture, porte les stigmates de cet engagement excessif - sans que son agresseur soit le moins du monde inquiété, d’ailleurs. Mais Rudi Garcia n’a toujours pas trouvé la bonne formule pour battre Monaco. Il peut même s’estimer heureux de n’avoir pas subi un cinquième revers d’affilée, sauvé par l’arbitre qui a injustement refusé à Jemerson, peu avant l’heure de jeu, un but de la tête tout à fait valable. Sinon, la soirée de l’AS Monaco aurait été parfaite, puisqu’elle aurait repris la deuxième place du classement à l’Olympique Lyonnais, qui l’a péniblement préservée, malgré sa défaite à Bordeaux dans l’après-midi. En conservant les vertus démontrées dimanche soir à Marseille, abnégation, cohésion, motivation, goût de la conquête, nos joueurs peuvent espérer boucler leur semaine décisive, d’abord, par une qualification pour la finale de la Coupe de la Ligue, ensuite, par une victoire sur l’OL de Jean-Michel Aulas, dont on attend avec impatience les commentaires sur cette 23ème journée, lors de laquelle l’ASM a fait, en fin de compte, une bonne affaire.

Daghe Munegu.


 
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