Un objectif en moins

Temps additionnel / 25/01/2018 - 15h26 / Par Norbert Siri
  


Franchement, il y avait beaucoup trop d’obstacles sur le chemin de l’AS Monaco, au moment où elle était conviée à affronter l’Olympique Lyonnais, à l’occasion du choc des seizièmes de finale de la Coupe de France, compétition dans laquelle elle n’avait jamais perdu face aux Rhodaniens. Après une longue série d’invincibilité, l’adversaire venait de se payer le luxe d’accrocher le PSG à son tableau de chasse - en bénéficiant, il est vrai, de faits de jeu propices - alors que les Rouge et Blanc, même s’ils pouvaient aussi se prévaloir d’être invaincus depuis un mois et demi, ne présentaient pas les mêmes garanties quant au jeu proposé depuis la reprise. Ajoutez à cela la roublardise diplomatique du président lyonnais, Jean-Michel Aulas, toujours prompt à jongler avec les allusions et les non-dits pour caresser les arbitres dans le sens du poil, ce qui avait provoqué le courroux de Vadim Vasilyev, il y a un peu plus d’un an, après la défaite de ses hommes face à ceux d’Aulas, lors d’une rencontre arbitrée par Ruddy Buquet, qui officiait justement mercredi soir. Tiens donc !

Franchement, ça faisait tout de même beaucoup pour notre équipe qui, en outre, s’était privée de quelques éléments plutôt performants ces temps-ci. Comme les Lyonnais, d’ailleurs. Mais eux, portés par la dynamique victorieuse qui les anime cette saison, ont su composer avec les absences voulues ou imposées et, disons-le tout net, ont mérité leur succès et leur qualification, grâce à leurs qualités, à leur motivation, à leur efficacité. Certes, ils ont maintes fois donné l’impression de ne pas craindre grand-chose de l’autorité de l’arbitre, qui laissait, par exemple, au gardien adverse tout le loisir de dégager, en gagnant un temps infini en toute impunité, et qui sifflait volontiers en leur faveur, quand l’un d’eux se roulait par terre. Mais leur victoire ne souffre aucune contestation, car, entre l’ouverture du score monégasque par Stevan Jovetic à la fin du premier quart d’heure, et le but de Rony Lopes avant le début du dernier, ils ont dominé de la tête et des épaules, une heure durant, de méconnaissables Asémistes.

Le plus inquiétant, c’est que les hommes de Leonardo Jardim semblaient avoir fait le choix du renoncement et ne se sont résolus à se rebeller qu’après l’entrée en jeu de Youri Tielemans puis de Rachid Ghezzal, en lieu et place de Radamel Falcao, complètement éteint à la pointe de l’attaque. Pourquoi l’Algérien n’a-t-il pas débuté la rencontre, lui qui rêvait sûrement de briller face à son ancien club ? Pourquoi Kévin Ndoram a-t-il remplacé aussi tardivement Andrea Raggi en défense centrale, alors que l’Italien, impliqué dans deux des trois buts lyonnais, accuse de sacrées limites dès que le niveau s’élève ? Malgré tout, nos favoris auraient pu égaliser en toute fin de rencontre, lorsque Kamil Glik (Photo : J-P Kieffer) a expédié le ballon de la tête sur l’équerre des buts d’Anthony Lopes, un malin, celui-là, à bonne école auprès de son président. Au lieu de secouer les filets, le cuir est retombé dans les bras du portier adverse. La chance, dit-on, sourit aux audacieux et, en l’occurrence, les Rouge et Blanc n’ont pas assez osé.

Que l’AS Monaco, malgré son final emballant, soit éliminée de la Coupe de France par de fringants Lyonnais ne constitue pas, à proprement parler, une surprise pour les supporters assidus du stade Louis-II. Déjà, elle aurait dû perdre contre Nice et ne s’était guère montrée convaincante face aux modestes messins. Mais voilà, les résultats plaidaient en sa faveur puisqu’elle restait tout de même sur neuf matchs sans défaite. C’est la substantifique moelle de son football qui est en cause. Elle a égaré le jeu collectif, solidaire et déterminé qui faisait sa puissance l’an passé, si bien qu’elle doit recourir à des coups d’éclat de quelques individualités pour s’en sortir, comme Kamil Glik, mercredi soir, à l’ultime seconde, a failli y réussir. Tant que les Monégasques n’auront pas retrouvé cohésion, constance et envie, ils ne pourront pas atteindre les deux objectifs qu’il leur reste : la Coupe de la Ligue, qui passe par la demi-finale contre le hérisson montpelliérain mercredi prochain, et la deuxième place de la Ligue 1, pour laquelle ils se déplacent à Marseille dimanche, avant de recevoir à nouveau, le dimanche suivant, l’OL, Aulas et compagnie.

Daghe Munegu.


 
Infinity Chat :
Dernier message il y a 1 an