Au tournant de la saison

Temps additionnel / 22/01/2018 - 14h21 / Par Norbert Siri
  


Entre le Champion de France sortant et la lanterne rouge, normalement, il n’y a pas photo. Déjà victorieuse à l’aller, double vainqueur la saison passée grâce à deux mémorables cartons (12 à 0 au total), l’AS Monaco ne devait faire qu’une bouchée de ces tendres messins qui se traînaient au fin fond du classement tout au long de la phase aller. C’est du moins ce que supputaient les supporters monégasques avant la rencontre de dimanche. Oui, mais voilà, depuis un peu plus d’un mois et l’arrivée d’un nouvel entraîneur, les Lorrains n’ont plus cédé un seul match, les gagnant même le plus souvent par trois buts d’écart. Une véritable résurrection ! Dans le même temps, l’AS Monaco n’a pas perdu non plus, mais ses prestations depuis la reprise laissent à désirer, notamment en championnat, où elle vient d’aligner deux nuls pénibles, frôlant même la défaite lors du derby contre Nice à domicile. Dans ces conditions, avant ce Monaco-Metz dominical, il était difficile d’établir un pronostic totalement favorable à nos couleurs, même si le retour de Fabinho dans l’entrejeu incitait à l’optimisme.

On s’est vite rendu compte que le renouveau hivernal des Messins n’était pas une illusion. Les hommes de Frédéric Hantz ont tenu tête à nos Monégasques avec vaillance et caractère, preuve qu’ils étaient bel et bien animés d’un nouvel état d’esprit. Ils ont passé presque toute la première mi-temps, non seulement à déjouer les tentatives des Asémistes, mais aussi à tenter de les chatouiller dans leur camp, parfois à la limite de la correction, les coups pleuvant… comme à Gravelotte - commune voisine de Metz - en particulier dans le couloir gauche, où sévissait le réputé poète Julian Palmieri. Mais le héros malheureux de cette période a été Radamel Falcao. Le Colombien a bénéficié de trois occasions en or, d’abord sur un centre venu de la gauche d’Adama Diakhaby, puis à la sortie d’une action personnelle bien conduite, enfin, lors d’un face-à-face avec le gardien lorrain, à la réception d’un lob de Joao Moutinho à la limite du hors-jeu. Il les a toutes manquées, toutes, alors qu’il nous avait habitués jusque-là à une voracité de fauve implacable. Malgré tout, la troisième a été la bonne, non pas pour El Tigre, mais pour Jorge (Photo : J-P Kieffer) qui reprenait d’une somptueuse demi-volée du gauche la balle contrée par le portier adverse, permettant à son équipe de regagner les vestiaires avec un petit but d’avance. 

La deuxième période a commencé par une série de coups de théâtre. C’était, en premier lieu, Jorge le buteur qui quittait sur blessure ses petits camarades. C’était, ensuite, le gardien messin qui était logiquement expulsé pour avoir fauché en dehors de sa surface Adama Diakhaby qui filait à sa rencontre. C’était, pour finir, l’ancien Rennais, plus rapide que l’éclair, qui sortait à son tour, manifestement touché aux adducteurs. A dix contre onze, les visiteurs n’en ont pas pour autant refusé le combat. Bien au contraire, ils n’hésitaient pas à tenter leur chance pour égaliser et les supporters monégasques découvraient avec stupeur que leurs favoris, Champions de France en titre, souffraient face à la lanterne rouge en infériorité numérique. Heureusement, les nôtres se sont ressaisis et à force de vouloir, ils ont fini par pouvoir. D’une frappe finement enveloppée, Rachid Ghezzal doublait la mise avec l’aide du second poteau rentrant. Un quart d’heure plus tard, Rony Lopes n’avait plus qu’à pousser au fond des filets le ballon centré par Fabinho au terme d’un joli slalom, et ce but était accueilli avec soulagement, parce que, entre-temps, les adversaires avaient tout de même réduit la marque sur corner.

Trois beaux buts pour trois bons points. Ainsi l’AS Monaco n’est-elle pas distancée par les deux Olympiques qui occupent le podium de la L1 en compagnie du PSG et qu’elle se prépare à affronter lors des deux prochaines journées. La saison de notre club va se jouer au cours de la prochaine quinzaine, si l’on ajoute aux deux matchs de championnat ceux des deux coupes. Il peut tout perdre, comme il peut s’ouvrir de bien séduisantes perspectives en l’emportant ou en se qualifiant, selon la compétition disputée. Le contenu du match de Metz, succédant à ceux de Montpellier et de Nice, n’est guère rassurant. Or, nos joueurs ont besoin de confiance pour aborder sereinement le déplacement à Marseille et les deux réceptions de Lyon, qui vient de faire plier Paris. Dans nos rangs, on aurait aimé plus d’entrain, plus de conviction, moins de frilosité face à un adversaire aussi modeste que Metz, qui a tout de même trouvé de la ressource pour inquiéter notre défense. Il faudra plus d’engagement, plus d’application, plus d’inspiration, plus de tout, pour bousculer l’actuelle hiérarchie de la Ligue 1. Mercredi soir, face à la formation du madré Jean-Michel Aulas, on aura déjà une petite idée de ce qui nous guette.

Daghe Munegu.


Commentaires
Au tournant de la saison...
Commentaires
Monaco 3 - 1 Metz
Recharger commentaires
Chargement des commentaires