D'une coupe à l'autre

Temps additionnel / 10/01/2018 - 19h40 / Par Norbert Siri
  


Comme de coutume, après les flûtes de la trêve, on passe aux coupes à la reprise. A Moulins, on a même eu droit à deux matchs pour le prix d’un. En première mi-temps, les amateurs d’Yzeure ont réussi à tenir en échec les champions de France en titre, certes diminués par certaines absences, mais surtout dépourvus de l’engagement et de la hargne nécessaires dans ce genre d’opposition et dont leurs modestes adversaires ne se sont pas privés d’user et d’abuser. En seconde période, en revanche, les Monégasques se sont montrés à la hauteur de leur réputation et sont parvenus à inscrire trois buts sans en concéder un seul. Auteur d’un joli triplé avec deux nouveaux buts de la tête, l’Argentin Guido Carrillo s’est montré à son avantage, comme souvent depuis un mois et son doublé miraculeux dans les tout derniers instants de Monaco-Troyes. Et si ce bout de match était le tournant de la saison ? Et si Guido Carrillo était le sauveur de la patrie ?

Qualifiée en Coupe de France, comment l’AS Monaco se comporterait-elle en Coupe de la Ligue, cette fois-ci, contre un homologue de Ligue 1, le frère ennemi de la Côte, qui l’attendait de pied ferme à l’Allianz Riviera et qui espérait secrètement lui infliger un troisième 4 à 0 consécutif ? Leonardo Jardim avait évidemment retenu la leçon de ces deux revers cuisants et tiré les enseignements qui s’imposaient. Pas question de partir la fleur et fusil et d’offrir des espaces aux rapides attaquants niçois, même privés en dernière minute de Mario Balotelli. Non. On les surveillerait le plus bas possible pour les obliger à prendre l’initiative du jeu et les priver de leurs munitions traditionnelles. Le déroulement de la partie n’a pas tardé à donner raison à l’entraîneur portugais, puisque, dès leur première offensive, ses hommes brisaient le signe indien en ouvrant le score sur une action d’éclat. Grattée dans le couloir gauche par Adama Diakhaby, la balle naviguait vers la droite, touchant la main d’un défenseur local au passage, et parvenait dans les pieds de Keita Baldé qui la renvoyait immédiatement vers la zone d’où elle provenait et où rôdait Thomas Lemar. Contrairement à ses habitudes, ce n’est pas du pied gauche, mais de la tête que le feu follet guadeloupéen catapultait le cuir au fond des filets niçois.

Le match ne pouvait pas mieux commencer pour notre équipe qui songeait aussitôt à attendre son adversaire, condamné, comme le prévoyait le plan établi par Leonardo Jardim, à prendre le jeu à son compte. Malheureusement, au bout d’un gros quart d’heure, les Aiglons réussissaient à égaliser sur une action litigieuse qui nécessitait l’intervention de l’assistance vidéo, expérimentée pour la première fois dans une compétition concernant des clubs de Ligue 1. Le but était toutefois validé, alors que les caméras de Canal+, qui retransmettait la rencontre, avaient tendance à prouver qu’il était entaché d’un hors-jeu initial. Dans ces conditions, difficile d’accorder une confiance aveugle à un dispositif dont la fiabilité est aussi équivoque. En tout cas, Nice avait égalisé et repartait de l’avant où Monaco l’accueillait avec une certaine assurance. Procédant par contres, les Asémistes demeuraient dangereux et parvenaient à leurs fins avant la mi-temps grâce à Adama Diakhaby qui reprenait instantanément et victorieusement un nouveau centre de Keita Baldé (Photo : J-P Kieffer), double passeur décisif en cette fraîche soirée pluvieuse. Deux buts en un minimum d’occasions : la redoutable efficacité monégasque avait encore frappé.

Le score final était acquis à la pause. Plus rien n’a été marqué en seconde période, les Monégasques, fidèles à leur tactique, contenant les assauts souvent brouillons des Niçois et contrôlant la partie en faisant tourner la balle le plus longtemps possible, dès que la situation le permettait. Sans panache, mais avec un mental de fer, les voici qualifiés pour les demi-finales d’une épreuve qui a du mal à se faire admettre dans le paysage du football français. Deux succès coup sur coup à l’extérieur dans chacune des deux coupes nationales, six victoires consécutives toutes compétitions confondues en un mois, la fin d’une série négative à l’Allianz Riviera, l’AS Monaco donne entière satisfaction à ses supporters. Elle trace son sillon sans brio, peut-être, mais animée d’une détermination sans faille. Avec les tripes, ça plaît aussi, ça signifie que notre équipe est capable de s’adapter à différents cas de figure et de revêtir le bleu de chauffe, lorsque ses virtuoses sont en panne d’inspiration. Ce début d’année est encourageant pour la suite de la saison, même si les prochaines semaines s’annoncent délicates. Montpellier, Nice à nouveau, mais en championnat et à Monaco, puis Lyon, en Coupe de France et en Ligue 1, avec, entre-temps, Marseille à Marseille… Comme l’an dernier à pareille époque, cette période charnière va se révéler décisive. Dans un mois, nous y verrons plus clair sur les chances réelles de notre club de réussir un coup au printemps. D’ici là, savourons ce qu’il nous propose.

Daghe Munegu.


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