Balade au chevet d'un malade

Temps additionnel / 16/12/2017 - 16h32 / Par Norbert Siri
  


Camel Meriem déboule dans le couloir gauche, puis centre avec précision sur la tête du géant chauve Jan Koller, placé en embuscade au premier poteau et qui fait mouche : ce but permet à l’AS Monaco de s’imposer de justesse à Saint-Etienne. Cette scène s’était déroulée le 14 janvier 2007. Il y avait donc presque onze ans que notre club n’avait plus gagné au stade Geoffroy-Guichard. A l’époque, Julien Sablé était le capitaine des Verts. Vendredi soir, il en était l’entraîneur, appelé précipitamment au chevet d’une équipe malade. Malade de ses dissensions internes. Malade du nombre de ses blessés et de ses suspendus. Malade des sanctions infligées à son turbulent public. Malade de son manque d’ambition. Ou, tout simplement, malade de résignation.

Or, le malade recevait un convalescent qui avait repris des couleurs depuis peu, depuis qu’il avait renversé Troyes en une vingtaine de minutes et tranquillement éliminé Caen en Coupe de la Ligue. Pas de quoi s’extasier, certes, mais deux bonnes raisons de croire que la litanie des revers de novembre avait pris fin. Sans pitié pour son adversaire, chez qui il n’avait curieusement concédé que des nuls sur le score de 1 à 1, Leonardo Jardim alignait sa meilleure formation, que le retour de blessure de Thomas Lemar paraît avoir tonifiée. Au bout de trois minutes, nous étions fixés. De la droite, Rony Lopes adressait un centre en retrait vers le point de penalty. Keita Baldé tirait après avoir tergiversé, mais le ballon, repoussé par la défense locale, revenait dans les pieds de Djibril Sidibé qui ajustait un amour de ballon dans la lucarne de Stéphane Ruffier. Assommés, les Stéphanois se sont alors contentés de regarder jouer les Monégasques qui dominaient la partie outrageusement, certains de pouvoir marquer quand ils le décideraient. C’est ce qu’ils ont réalisé une demi-heure après le premier but. Servi par Keita Baldé, Thomas Lemar se jouait aisément de l’arrière-garde forézienne et fusillait le portier adverse, du gauche évidemment (Photo : J-P Kieffer).

A la pause, le malade respirait de plus en plus mal, mais le convalescent se portait de mieux en mieux. En un quart d’heure, le second allait plonger le premier dans la détresse. Au terme d’une action confuse, consécutive à un corner botté de la droite par Joao Moutinho, Fabinho soufflait à Radamel Falcao la balle mal dégagée par Stéphane Ruffier, pour la catapulter au fond de ses filets. Persuadé - à tort - que les deux hommes étaient en position illicite et n’écoutant que sa colère, l’ancien Asémiste s’est rué sur le juge de touche, sans nul doute impressionné par la carrure du capitaine stéphanois. L’a-t-il touché ? L’a-t-il intimidé ? Ses propos ont-ils dépassé sa pensée ? En tout cas, l’arbitre central l’a expulsé sans la moindre hésitation. Il est certes inconvenant de tirer sur une ambulance mais, il y a deux ans, Nabil Dirar avait subi le même châtiment pour avoir tenu tête effrontément à Tony Chapron, lors d’un derby serré. Menés de trois buts, réduits à dix, privés de leur meilleur joueur, comme du soutien d’une grande partie de leur public, rien d’étonnant que les Verts aient encaissé un quatrième but des pieds de Keita Baldé, lancé à point nommé par Fabinho, tout heureux de revenir enfin vainqueur de Geoffroy-Guichard.

A l’heure de jeu, la messe était dite. La suite s’est résumée en un interminable calvaire pour les Stéphanois, qui n’avaient jamais concédé plus de trois buts d’écart à l’AS Monaco et qui glissent inexorablement vers les profondeurs du classement. Interrompront-ils cette lente agonie, tandis que notre club sort de cette rencontre requinqué et rasséréné ? A l’image de Thomas Lemar et de Fabinho, impliqués dans tous les bons coups, les Rouge et Blanc ont retrouvé la joie de jouer, de marquer des buts, de gagner des matchs. Leur état d’esprit conquérant tranche avec l’espèce de défaitisme qui semblait les accabler le mois dernier. Les voilà qui accomplissent leurs gestes ensemble, qui combinent à nouveau, qui actionnent leurs automatismes comme aux plus beaux soirs de la saison passée. Il reste une journée avant la fin de la phase aller. Si tout va bien, la deuxième place est envisageable à Noël. Ensuite, il faudra songer à la reprise : d’abord à Moulins, en Coupe de France, puis à Nice, en Coupe de la Ligue. Après deux roustes successives à l’Allianz Riviera, ce test ne manquera pas d’intérêt. Vivement janvier.

Daghe Munegu.


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St Etienne 0 - 4 Monaco
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