L’œil du Tigre

Temps additionnel / 13/12/2017 - 17h25 / Par Norbert Siri
  


Finaliste malheureux de la Coupe de la Ligue la saison passée, l’AS Monaco recevait le Stade Malherbe de Caen, mardi soir, à l’occasion de son entrée en lice dans la nouvelle édition de cette compétition mal aimée, parce que superflue aux yeux de certains, comme les Ultras n’ont pas manqué de le manifester bruyamment. Elle a cependant le mérite d’apporter une qualification européenne et pas mal d’argent à son vainqueur, ainsi que, accessoirement, du spectacle. Comme Dmitri Rybolovlev avait été très clair dans la semaine, en demandant à son entraîneur la place de dauphin en Ligue 1, assortie d’une coupe nationale, Leonardo Jardim a dû sentir une certaine pression s’exercer sur l’échine au moment de composer son équipe, partagé qu’il était entre l’envie de satisfaire son président et la volonté de ménager la plupart de ses titulaires, entre deux journées de championnat rapprochées.

Comme souvent, le Portugais ne s’est pas trompé. En alignant au coup d’envoi une formation aux trois quarts remaniée, il prenait pourtant un risque, qui a fini par se révéler payant. Non pas que les Asémistes aient dominé les débats de la tête et des épaules, mais ils ont fait le métier sereinement, sans trembler ni douter, en contrôlant les adversaires qui leur opposaient une résistance polie. Ces derniers se sont tout de même autorisés quelques insolences dans le camp adverse, notamment en seconde période, où ils sont parvenus à inquiéter Diego Benaglio, dont la titularisation accordait un répit bienvenu à Danijel Subasic. A ce moment-là, les Normands tentaient d’égaliser en profitant des hésitations de nos favoris qui, comme d’habitude en cette saison où ils ne sont pas sûrs de leur force, ne savaient pas s’ils devaient attaquer pour doubler la mise ou défendre pour préserver leur modeste avantage.

Car, depuis la demi-heure de jeu, l’AS Monaco menait grâce à une très belle réalisation de Guido Carrillo qui, sur sa lancée des deux buts de la tête inscrits trois soirs plus tôt contre Troyes, au terme d’un final échevelé, avait prouvé qu’il savait aussi exploiter l’agilité de ses pieds, en fusillant le gardien caennais de l’entrée de la surface, suite à une passe parfaitement dosée de Rony Lopes. Notre entraîneur a bien senti que ce but ne suffirait pas à assurer la qualification de ses hommes, qui restaient à la merci d’un contre assassin ou d’une erreur individuelle. C’est pourquoi il s’est résolu à faire entrer, d’abord, Thomas Lemar, le dynamiteur patenté, puis, en fin de partie, Joao Moutinho et Radamel Falcao (Photo : J-P Kieffer), les fidèles grognards, qui ont apporté leur expérience à l’ensemble. Et le Colombien, bon pied bon œil, s’est même offert un geste de grande classe en réussissant, du centre du terrain, un lob victorieux qui clôturait la marque.

A lui seul, le but exceptionnel d’El Tigre méritait le déplacement. Preuve que la Coupe de la Ligue n’est pas seulement source d’ennui, mais qu’elle est capable de provoquer de l’émotion et du plaisir. En plus de la qualification, c’est ce qu’on retiendra de ce match gentillet, au cours duquel on n’a jamais vraiment eu peur et qui a permis à Leonardo Jardim de se faire une idée plus précise de la valeur de ses remplaçants. Il a eu raison de procéder à un turnover de ses troupes et de ménager ses pièces maîtresses, parce que le championnat reprend son cours dès vendredi soir, dans la froidure de Saint-Etienne, qui ne cesse de s’enfoncer dans les profondeurs du classement. La crise couve dans le Forez, mais que les Stéphanois attendent encore un peu avant de réagir, parce qu’un succès des nôtres à Geoffroy-Guichard constituerait une belle affaire, surtout si, dimanche soir, Lyon et Marseille se neutralisaient.

Daghe Munegu.


 
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