Dans la gueule du dragon, des agneaux

Temps additionnel / 07/12/2017 - 15h25 / Par Norbert Siri
  


Les temps changent. L’an passé, à pareille époque, l’AS Monaco avait déjà disputé son dernier match de poule en Ligue des Champions pour du beurre. C’était à Leverkusen et pour l’excellente raison qu’elle était assurée de la première place. Cette saison, le beurre a ranci et viré en une aigre margarine : c’est parce qu’ils étaient déjà éliminés que nos favoris se déplaçaient, mercredi soir, à Porto pour une rencontre européenne sans le moindre enjeu pour eux, ce qui ne leur était plus arrivé depuis… depuis… depuis un certain temps. En revanche, ex aequo avec les Allemands du RB Leipzig, les Portugais jouaient leur qualification et, entre des footballeurs déterminés à gagner à tout prix et d’autres tout d’heureux d’être titulaires pour une fois à ce niveau, la différence n’a pas tardé à sauter aux yeux.

A la simple lecture de la composition de l’équipe, on a aussitôt compris que Leonardo Jardim avait décidé de faire l’impasse sur cette ultime rencontre continentale, afin de ménager la plupart de ses titulaires habituels dans la perspective des joutes nationales futures. Même s’ils avaient l’opportunité de prouver leur valeur ou, du moins, leur potentiel, les joueurs alignés à Porto, dans le magnifique stade du Dragon, emblème du club, n’ont pas su saisir leur chance. Copieusement dominés, malgré leur bonne volonté, ils n’ont jamais donné l’impression de rivaliser avec des adversaires motivés à outrance et indéniablement supérieurs dans tous les compartiments du jeu. A la pause, sans avoir forcé leur talent, les Portugais menaient très logiquement, après avoir inscrit trois buts à nos favoris, aussi tendres que des agneaux, trois buts qui semblent constituer le tarif ordinaire lorsque le FC Porto croise la route de l’AS Monaco : 3-0 en mai 2004 à Gelsenkirchen, 3-0 en juillet 2011 en amical, 3-0 en septembre lors du match aller.

Fort heureusement, les nôtres sont revenus sur le terrain en seconde période avec de plus louables intentions. Non pas qu’ils aient élevé leur ambition jusqu’à tenter de revenir dans la partie, ceux d’en face la contrôlant d’une sereine assurance, mais on a senti qu’ils avaient été remobilisés par le discours de leur entraîneur à la mi-temps. Ainsi obtenaient-ils un penalty à l’heure de jeu, que Kamil Glik transformait en puissance (Photo : J-P Kieffer), donnant au score un aspect moins revêche. Mais c’est surtout lorsque Leonardo Jardim a lancé dans le bain Joao Moutinho et Radamel Falcao, les anciennes gloires du club local, acclamées comme de juste par l’ensemble du Dragao, que notre équipe a retrouvé des couleurs et une animation offensive intéressante. Le mourant revenait à la vie. Sans surprise, profitant d’un centre de la gauche de Keita Baldé, notre Colombien inscrivait son but d’une tête magistrale. Comme les Lusitaniens n’étaient pas restés inactifs pendant cette saine réaction monégasque, marquant eux aussi deux superbes buts, le match se terminait sur le score de 5 à 2, sans appel, mais légitime.

Piètre consolation : si l’on ne retient que le résultat de la deuxième mi-temps, l’AS Monaco a tenu en échec le FC Porto, ce qu’elle n’avait jamais réussi jusqu’à présent. Mais la double confrontation entre les deux équipes est impitoyable et sans équivoque pour nos couleurs. Face aux Portugais, les Asémistes n’ont jamais été à la hauteur, concédant huit buts qui, ajoutés aux huit autres marqués par Besiktas et Leipzig, dressent un bilan alarmant de l’organisation défensive de notre formation. Il est inutile de répéter que c’est sur le ciment d’une défense hermétique que se construisent les victoires et s’entreprennent les conquêtes. Il est impératif de resserrer les boulons sans tarder pour repartir de l’avant, au propre comme au figuré. On attaquera mieux en s’appuyant sur une arrière-garde solide et, inéluctablement, on gagnera des matchs et, peut-être, plus, si affinités. Oublions bien vite cette désastreuse campagne européenne, pour nous concentrer sur l’avenir immédiat de la Ligue 1. Samedi soir, contre l’ESTAC, grâce au retour de ses cadres, l’ASM devrait se relever fièrement.

Daghe Munegu.


 
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