L'astre et le néant

Temps additionnel / 03/12/2017 - 16h25 / Par Norbert Siri
  


Nous nous étions quittés il y a un mois sur un brillant succès de notre équipe face à l’En Avant Guingamp, avant que nos internationaux ne rejoignent leur sélection à l’occasion de la dernière trêve internationale de l’année. Or, cette saison, ce genre de réjouissances ne sourit guère à notre club, qui éprouve les pires difficultés à repartir de l’avant au retour de ses élites. Et, en ce mois de novembre tristounet, le moins qu’on puisse dire, c’est que l’AS Monaco a décroché le pompon en la matière ! Après un nul fastidieux chez le promu amiénois, elle a aligné trois défaites de rang qui ont eu un double effet fâcheux : d’une part, elle a été boutée hors de toute compétition européenne, pour avoir perdu tous ses matchs de Ligue des Champions à domicile ; d’autre part, elle est tombée du podium de la Ligue 1, supplantée par l’Olympique Lyonnais et l’Olympique de Marseille, celui-là même qui en avait pris six à Fontvieille il y a trois mois à peine. Allez comprendre.

Dans ces conditions, il ne fallait pas s’attendre à un spectacle inoubliable, samedi soir, entre Monaco et Angers, qui inaugurait au Louis-II son nouveau statut de relégable. Ajoutez au contexte sportif des deux clubs un froid de canard et vous n’aviez même pas à vous donner la peine de touiller l’ensemble pour obtenir une atmosphère d’une infinie morosité. Divine surprise. Le coup d’envoi avait tout juste été sifflé quand Djibril Sidibé, décalé par Keita Baldé dans le couloir droit, centrait parfaitement sur la tête de Radamel Falcao (Photo : J-P Kieffer) qui ne laissait aucune chance au portier adverse, en s’élevant au-dessus des autres. L’astre colombien venait d’éclairer la soirée de son splendide rayonnement. Dans les tribunes, on se frottait les mains à l’idée que cette rapide ouverture du score pouvait annoncer une orgie de buts, comme l’ASM en a de temps en temps le secret. On a vite déchanté, parce que, si les Monégasques ont bien tenté d’enfoncer le clou dans la demi-heure suivante, ils n’ont jamais réussi à doubler la mise face à de timides Angevins, qui ne se sont jamais approchés des buts de Danijel Subasic en première mi-temps.

Seulement voilà. Quand on ne marque pas, même si l’adversaire semble totalement inoffensif, quand on est coincé dans une situation délicate, même si elle n’a rien de désespéré, quand on ne réussit plus ce qu’on tente, même si l’on se bat sur chaque ballon, le doute, le doute perfide, le doute obscur et insidieux s’insinue peu à peu dans les esprits et inhibe toute forme de discernement. On n’opte plus pour le bon choix, pour le geste inspiré, pour la passe décisive. De peur de mal faire, on fait mal et on s’expose au risque d’être rattrapé. Tout au long de la seconde période, nos joueurs n’ont jamais su s’ils devaient préserver leur maigre avantage ou essayer de se mettre définitivement à l’abri. Faute de confiance, ils n’ont jamais réalisé le mouvement qui aurait pu les libérer et leur permettre d’envisager sereinement la fin de la partie. Au contraire, au fur et à mesure qu’elle se déroulait, ils multipliaient les erreurs techniques et les décisions à contresens, au point de provoquer les huées des tribunes, toujours nostalgiques de l’excellence de la saison passée et qui se croyaient revenues deux ans plus tôt - Lacina Traoré en moins. 

Au bout d’un match fastidieux, vécu comme un chemin de croix dans le dernier quart d’heure et, notamment, lors de l’irrespirable temps additionnel, les Monégasques sont parvenus à renouer avec la victoire. Pour l’heure, on se passera de panache et de gloire pour ne retenir que l’aspect arithmétique de ce succès. L’AS Monaco remonte provisoirement sur le podium, avant les résultats dominicaux des deux Olympiques, et, bien que le Paris SG soit dorénavant hors de portée de ses poursuivants, on appréciera à sa juste valeur la défaite du leader en terre strasbourgeoise. Mais on n’oubliera pas que Monaco-Angers s’est résumé à un joli but du Tigre dès la 2ème minute, avant de sombrer progressivement dans le néant, en une lente, en une longue, en une lamentable décomposition du jeu, qui inquiète et interroge. Comme nous, Leonardo Jardim doit souhaiter que la phase aller se termine au plus vite, afin que notre club reparte de plus belle en janvier, sur des bases neuves et avec un état d’esprit retrouvé. Lorsque l’infirmerie sera vidée, ça devrait le faire.

Daghe Munegu.


Commentaires
L'astre et le néant...
Commentaires
Monaco 1 - 0 Angers
Recharger commentaires
Chargement des commentaires