Petit à petit, l'oiseau refait son nid

Temps additionnel / 23/09/2017 - 16h54 / Par Norbert Siri
  


Après la lourde défaite subie à Nice et le nul arraché à Leipzig, autrement dit après une contre-performance retentissante et un résultat plutôt satisfaisant, bien que considéré comme tangent par certains, l’AS Monaco s’était rassurée en dominant Strasbourg, tout en ayant conscience qu’un promu est une proie fragile. Le match à Lille revêtait donc sa petite importance, parce qu’il devait confirmer si la défaite à Nice n’était qu’un regrettable accident et si notre club cheminait à nouveau sur la voie du succès. A quatre jours de la réception de Porto en Ligue des Champions, on se demandait si Leonardo Jardim opérerait un roulement parmi ses titulaires. Il n’en a rien été, puisque, à l’exception de Joao Moutinho à la place de Youri Tielemans, à nouveau préservé, et de Djibril Sidibé suspendu et logiquement remplacé par Almamy Touré, c’est la formation alignée devant Strasbourg qui a débuté au stade Pierre-Mauroy.

Sans surprise, on s’est très vite rendu compte qu’il n’y aurait pas de confrontation véritable, même si, depuis l’intersaison, on attend monts et merveilles de l’équipe de Marcelo Bielsa à chacune de ses sorties. Pendant vingt-cinq minutes, les Asémistes se sont contentés d’empêcher les Lillois de croire en leurs chances, si minimes fussent-elles, avant de passer la vitesse supérieure et de montrer aux Nordistes de quel bois se chauffait le Champion sortant, en ce premier jour d'automne. Comme une fatalité, les Dogues ont même tendu à nos joueurs le bâton pour se faire battre. Stevan Jovetic recevait une mauvaise passe d’un adversaire, devenant de la sorte passeur décisif, contrôlait habilement le ballon et, de l’entrée de la surface, ajustait du droit Mike Maignan sur sa gauche. Cinq minutes plus tard, les Monégasques doublaient la mise grâce à un but qui ne devait rien à personne. Lancé en profondeur par Kamil Glik, toujours aussi impressionnant dans son rôle d’ultime rempart, Almamy Touré dévorait l’espace dans son couloir droit. Son centre perforant arrivait dans les pieds de Rachid Ghezzal, au second poteau, qui ne laissait aucune chance au portier local. 

A la mi-temps, l’ASM menait de deux buts sans avoir forcé, par le truchement de deux recrues estivales qui avaient ainsi marqué leur premier but - et sûrement pas le dernier - sous leurs nouvelles couleurs. Tout comme Adama Diakhaby contre Marseille, Youri Tielemans à Leipzig, Rony Lopes face à Strasbourg. Qui sera le prochain bizut à se faire remarquer ? On en était à se demander si le buteur compulsif du début de saison demeurerait muet dans le Nord lorsque, dès son retour des vestiaires, il s’est empressé de répondre aux interrogations. Déboulé sur la gauche de Rony Lopes (Photo : J-P Kieffer), en pays de connaissance au stade Pierre-Mauroy qui lui a accordé ses applaudissements, frappe contrée par le gardien, tête et but du rusé Colombien qui avait effectué le pas en arrière approprié pour reprendre la balle à point nommé. Habitué à ne pas se satisfaire d’un seul but depuis le début de la saison, notre capitaine convertissait peu après imparablement un penalty obtenu par Jorge, toujours dans le couloir gauche, privilégié par les nôtres au cours de cette seconde période. Monaco remportait un succès précieux, qu’il convient peut-être de relativiser, en raison de la faiblesse et de l’immaturité de l’équipe adverse.

Une paire de buts par mi-temps, de deux nouveaux joueurs en première, en deuxième, de notre implacable avant-centre et capitaine qui n’arrête pas de cadrer ses tirs et de presque tous les transformer en buts, au point de faire tomber d’anciens records, datant des années 70. Trois points supplémentaires dans l’escarcelle de notre club, qui retrouve, mine de rien, la redoutable efficacité de la saison écoulée et se remet à infliger le tarif habituel à ses adversaires. Dix-huit points au compteur sur vingt-et-un possibles, total qu’il n’avait plus atteint depuis 1991… Que peuvent espérer de plus les supporters monégasques ? Que leur équipe refasse son nid petit à petit, sans se formaliser de l’indifférence quasi-générale des médias, pour essayer de conserver son titre et de réaliser une nouvelle performance en Ligue des Champions. Or, mardi, se profile la réception du FC Porto, de bien triste mémoire depuis un soir de mai 2004. Sous la cendre couve la revanche.

Daghe Munegu.


Commentaires
Petit à petit, l'oiseau refait...
Commentaires
Lille 0 - 4 Monaco
Recharger commentaires
Chargement des commentaires