El Tigre a les crocs

Temps additionnel / 17/09/2017 - 17h06 / Par Norbert Siri
  


On va encore me reprocher que je suis parano, que je suis aveuglé par mon amour de l’AS Monaco, que je devrais intégrer une bonne fois pour toutes la toute-puissance de la télévision, mais j’aimerais qu’on m’explique pourquoi, lors de cette 6ème journée de Ligue 1, le PSG a bénéficié de cinq jours de récupération entre son match de C1 à Glasgow, mardi, et celui de L1 contre Lyon, dimanche, tandis que les Monégasques, rentrés tardivement de Leipzig dans la nuit de mercredi à jeudi, ont dû affronter Strasbourg samedi après-midi. Certains dirigeants français cherchent la petite bête dès qu’une décision de la Ligue leur déplaît. Ils devraient plutôt l’ouvrir pour réclamer un peu plus d’équité sportive dans la compétition phare de notre football. Bref, je sais fort bien que je brasse de l’air, mais, franchement, si les Parisiens ne remportent pas le championnat cette saison, on pourra dire qu’ils l’auront fait exprès.

La fatigue explique sans doute la qualité moyenne de la première mi-temps réalisée par nos joueurs. S’ils avaient manifestement envie de produire du spectacle, ils n’y parvenaient pas facilement. La faute à des approximations inhabituelles, à des transitions mal assurées, à un déchet technique trop fréquent pour être vrai. Cette impression générale, qui se dégageait du jeu laborieux développé par les Rouge et Blanc et qu’étayaient les rares mais bien réelles opportunités strasbourgeoises, était parfois dissipée par des fulgurances offensives de nos favoris, telles que le lob astucieux de Stevan Jovetic détourné par la transversale adverse en début de match, ou le tir instantané de Radamel Falcao, au quart d’heure de jeu, qui a frôlé la lucarne en conclusion d’une jolie combinaison dans le couloir droit. La mi-temps s’acheminait vers son terme sur un score de parité assez logique, lorsque notre capitaine, lancé dans la profondeur par Rachid Ghezzal, centrait au second poteau où veillait Rony Lopes qui ouvrait le score et, par la même occasion, son compteur buts sous le maillot rouge et blanc.

1 à 0 à la pause, c’était plutôt bien payé pour l’AS Monaco, qui allait profiter de la baisse de régime des Alsaciens en seconde période, pour exprimer enfin ses qualités et démontrer sa supériorité. L’évidente différence de niveau entre un promu de Ligue 2 et un récent demi-finaliste de la Ligue des Champions n’avait guère été flagrante jusque-là. De passeur providentiel, Radamel Falcao (Photo : J-P Kieffer) se muait en féroce buteur. D’abord, il faisait le break en reprenant - en position de hors-jeu - un centre au cordeau de Jorge, servi par Stevan Jovetic dans le couloir gauche. Ensuite, il inscrivait un nouveau but, malheureusement invalidé pour un hors-jeu imaginaire, mais ce refus comblait les moralistes qui y voyaient l’effet d’une justice immanente. Cette péripétie ne perturbait en rien notre Colombien qui exploitait peu après une maladresse d’un défenseur adverse pour marquer son deuxième but de l’après-midi et mettre définitivement son équipe à l’abri. Depuis l’ouverture du championnat, en six rencontres, El Tigre a déjà inscrit neuf buts sur dix tirs cadrés. Une performance remarquable qui compense les errements constatés de-ci, de-là, dans les rangs de sa formation.

Après l’inexplicable déroute niçoise et le nul méritoire arraché chez le vice-champion d’Allemagne, l’AS Monaco a renoué avec la victoire grâce non seulement à la classe de son buteur patenté, mais aussi à l’unité collective retrouvée en seconde mi-temps. Notre effectif regorge d’excellents joueurs. Ce qui manque encore à l’ensemble, c’est de se trouver infailliblement les yeux fermés, d’anticiper l’appel de l’un, de prévoir le centre de l’autre. Ce n’est qu’une question de mise au point, de réglage, de temps. Pour l’instant, malgré les imperfections et les tâtonnements, notre club se situe au sommet de la hiérarchie, à l’ombre du grand favori qui, vexé d’avoir été devancé l’an passé, s’est renforcé inconsidérément, au risque de froisser la susceptibilité de l’UEFA. Lorsque Leonardo Jardim aura découvert la formule magique qui fait d’une équipe en devenir une armée de conquérants, nous retrouverons les agréables sensations que nous éprouvions naguère au spectacle de nos joueurs se jouant en s’amusant du moindre adversaire. A Lille, vendredi prochain, nul doute que de nouveaux progrès seront accomplis, avant la réception de Porto en Ligue des Champions, qu’il ne faudra pas rater.

Daghe Munegu.


 
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