P.Farnerud : « L'impression de retrouver l'ASM de mon époque »

Anciens / 16/09/2017 - 14h47 / Par Nicolas T.
  


Ancien de joueur de l’AS Monaco et du RC Strasbourg, Pontus Farnerud donnera le coup d’envoi de la rencontre qui va opposer ses deux anciennes équipes ce samedi, à 17h, au Stade Louis-II. Avant ce match spécial pour l’intéressé, l’ancien international suédois s’est livré à Monaco-Matin et So Foot. Il évoque son passage en Principauté et donne son opinion sur la Ligue 1 et l’AS Monaco d’aujourd’hui. Extraits croisés des meilleurs morceaux de ces deux entretiens parus samedi.

Pontus Farnerud a évolué sous la tunique Rouge et Blanche de 1998 à 2005, avec un prêt à Strasbourg lors de la fameuse saison 2003/2004, et en point d’orgue, le titre de Champion de France en 2000 aux côtés de Marco Simone, David Trezeguet ou encore Fabien Barthez entre autres. Débarqué sur le Rocher à tout juste 18 ans, le milieu offensif confesse que son séjour en Principauté l’a formé en tant qu’homme : « J’étais un petit garçon quand je suis arrivé, j’avais 18 ans et je suis parti en tant qu’homme. J’ai été Champion de France en 2000, malgré l’effectif, c’était un club très famille. C'est le club qui m'a le plus marqué dans ma carrière. J’ai côtoyé tellement de stars. » Parmi toutes ces stars, l’une d’entre elles était particulièrement appréciée du Suédois : « J’ai toujours été fan de Marco Simone. À la fois de l’homme, mais aussi du joueur. C’était un attaquant qui jouait comme un numéro 10. On se comprenait parfaitement, il bougeait comme je pensais, on se trouvait les yeux fermés. »

Farnerud a également eu le privilège d'être dirigé par de grands entraineurs sur le Rocher. De Tigana à Deschamps en passant par Puel, ces entraineurs ont compté dans sa carrière de joueur : « Avec Tigana, je n'ai pas beaucoup travaillé parce qu'il est parti quelques mois après mon arrivée. Claude a pris le relais. Il cherchait des solutions, car il avait beaucoup de joueurs offensifs et c'était compliqué de faire jouer tout le monde en même temps. Au début, on prenait beaucoup de buts, mais il a su trouver la bonne formule et on a gagné le titre. C'est vraiment le coach qui m'a formé, qui a fait évoluer mon poste. Avant, je jouais numéro 10. Il m'a fait descendre d'un cran pour être plutôt relayeur. J'ai beaucoup aimé travailler avec lui. Il m'a donné ma chance et fait confiance en me faisant jouer de plus en plus, même si on avait une super équipe avec de grands joueurs au milieu de terrain : Gallardo, Giuly, Lamouchi, Da Costa, Djetou, Legwinski... J'ai trouvé ça un peu injuste de faire partir Puel, même si la saison après le titre était mitigée. Mais je pense que les dirigeants avaient très envie d'accrocher Deschamps. Avec Deschamps, c'était bien aussi, même s'il a eu du mal au début. Ce n'était pas facile de passer de joueur à entraîneur en seulement quelques semaines, mais on voyait déjà qu'il allait devenir un grand entraîneur. Deschamps avait aussi plus ou moins la même position que moi sur le terrain, donc il me donnait beaucoup de conseils, de petits détails dans le jeu, que j'ai suivis durant toute ma carrière. »

Celui qui vit à présent dans le Sud de la France a ensuite confié son ressenti sur l’ASM ces dernières années : « Depuis plusieurs saisons, le club a mis en place une politique sportive cohérente avec des résultats probants. Parfois, j’ai l’impression de retrouver l’ASM de mon époque. » S’il déclare que l’ensemble de l’effectif est « de qualité », il ne cache pas son admiration envers Joao Moutinho, joueur avec lequel il a évolué au Sporting Portugal : « J’ai une tendresse pour Moutinho, d’autant plus que nous avons joué ensemble à Lisbonne quand il a débuté. C’est une star qui n’hésite pas à se mettre au service du collectif. C’est un vrai joueur d’équipe. Il ne brille pas, il fait briller les autres. Il temporise le jeu, permet de trouver un équilibre. Il n'est peut-être pas assez apprécié aux yeux des Français. Il a l'expérience, le caractère, l'état d'esprit. Il peut être sur le banc pour un match, on sait qu'on pourra compter sur lui au prochain. La mentalité et l'envie de bien faire de joueurs comme Moutinho et Falcao, ça transmet quelque chose au sein de l'équipe. Parfois, vous avez des stars qui créent plus de problèmes qu'autre chose à l'équipe. Eux, c'est le contraire. »

Enfin, le natif d’Helsingborg a évoqué la saison en cours. Il voit le club encore compétitif cette saison : « Je pense qu'ils sont favoris dans leur groupe de Ligue des Champions, ils ont leurs chances de passer. Après, rééditer un tel parcours européen, c'est difficile, évidemment. En revanche, en championnat, je suis sûr qu'ils finiront dans les trois premiers. »

Nice-Matin