Bis repetita non placent

Temps additionnel / 10/09/2017 - 09h15 / Par Norbert Siri
  


Il s’en est passé des choses, et non des moindres, depuis la large victoire de l’AS Monaco sur l’Olympique de Marseille. Comme on le redoutait, Kylian Mbappé s’est envolé pour le club de son cœur - qu’il avait soigneusement évité pour sa formation - le soir même où il inscrivait son premier but en Équipe de France. Mais, comme on l’espérait, Fabinho et Thomas Lemar, malgré les tentations diverses et variées, ont décidé de rester en Principauté, ce qui les honore et réjouit nos cœurs, si sensibles à la fidélité. Pour fêter ça, le petit guadeloupéen à la souple technique s’est fendu de son premier doublé en Bleu au cours de la même soirée. Le tout prouve que le football français a bel et bien besoin du club, pas tout à fait comme les autres, qu’est le nôtre.

Samedi après-midi, un derby chassant l’autre, l’AS Monaco se déplaçait à Nice, non seulement pour conserver sa place au sommet du classement, à l’ombre tutélaire du PSG, mais aussi - et peut-être surtout - pour prendre sa revanche de la dégelée subie l’an dernier à pareille époque et qui avait ébranlé, très provisoirement, nos certitudes. Cette fois-ci, les Asémistes étaient invaincus depuis le début de saison, à l’inverse des Niçois, qui restaient sur un mois d’août chaotique. Nos joueurs étaient-ils trop confiants après vingt-quatre matchs consécutifs de Ligue 1 sans défaite, dont les seize derniers conclus par une victoire ? En tout cas, le cauchemar de la saison passée a réapparu sans qu’on s’y attende, parce qu’il est rare qu’une même contre-performance se produise deux fois de suite dans un derby.

C’est bien simple. Les Monégasques ont été aussi pâles que le bleu de leur tunique. Ils ont certes dominé territorialement toute la partie, mais ils ont collectionné les erreurs techniques, les contrôles manqués, les passes à l’adversaire, les duels perdus, bref, ils ont constitué un florilège de ce qu’il ne faut surtout pas faire dans un match de haut niveau, en général, et dans un derby, en particulier. Ainsi n’ont-ils cadré leur premier tir qu’à la 84ème minute, juste avant que les Aiglons n’inscrivent leur 4ème but, pour l’anecdote, la cause étant entendue depuis l’heure de jeu, où Mario Balotelli, totalement esseulé au second poteau, n’avait éprouvé aucune difficulté à signer le second doublé de sa carrière face à nos favoris. Quatre contre-attaques, quatre buts, le ratio est exceptionnel. Les Niçois avaient démontré un réalisme rare, vertu habituellement affichée par leurs adversaires du soir.

Peut-être aurait-il mieux valu que la grêle interrompe la rencontre. Sans être spécialement supérieurs, les hommes de Lucien Favre ont infligé une nouvelle dérouillée à ceux de Leonardo Jardim (Photo : J-P Kieffer), un an après la précédente, sur le même score et à peu près dans les mêmes conditions. Il serait tentant d’imputer ce cinglant revers aux nombreuses ventes de l’été qui ont affaibli l’effectif. L’an dernier, avec ses vedettes, une semaine après un retentissant exploit à Wembley contre Tottenham, l’ASM avait aussi sombré à l’Allianz Riviera. Mais elle avait su vite se ressaisir pour accomplir la saison que l’on sait et couronnée par l’apothéose du titre. Voilà un événement dont on aimerait qu'il se répète. Il faut laisser du temps au temps pour que notre coach parvienne à insuffler à son équipe, à notre équipe, ce qui avait fait sa force l’an dernier et dont nous avons eu un aperçu intéressant au mois d’août. Le déplacement à Leipzig, mercredi, intervient à point nommé pour empêcher nos joueurs de gamberger et pour les replacer dans le contexte qu’ils préfèrent, celui du haut niveau européen.

Daghe Munegu.


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Nice 4 - 0 Monaco
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