E.Lemar : « Thomas joue encore un peu avec le frein à main »

Joueurs / 03/09/2017 - 22h14 / Par Nicolas T.
  


Auteur de ses deux premiers buts en sélection lors du match contre les Pays-Bas jeudi dernier, Thomas Lemar a éclaboussé cette rencontre de son talent et impressionné les observateurs. Edwige Lemar, père du prodige monégasque s’est confié lors d’une interview fleuve au quotidien Ouest-France pour évoquer le parcours de son fils ainsi que son regard de joueur amateur sur les qualités de l’ailier gauche.

Une intégration difficile, mais réussie

Thomas Lemar a commencé le foot dans le club de sa ville de naissance, la Baie-Mahault, avant de rejoindre le SM Caen à l’âge de 14 ans. De l’avis de son paternel, l‘intégration de son fils à la métropole a été difficile, mais favorisée par la présence de sa famille à ses côtés.  « L’intégration de Thomas en métropole a été difficile, car il est parti à 14 ans de l’île. Les températures, le mode de vie, l’éloignement de la fratrie, la séparation d’avec la maman qui l’avait couvé pendant des années… La chance qu’il a eue, c’est que j’ai pu venir travailler un an en métropole au début, pour être avec lui. […] À partir de 2011, on s’est organisé pour venir de Guadeloupe quatre ou cinq fois à l’année. Aujourd’hui, c’est surtout moi qui peux me déplacer à peu près tous les deux mois pour le voir. Son grand frère (Mathieu) a passé récemment six mois près de lui à Monaco, alors qu’il était en formation en métropole. Les liens familiaux sont très forts, il y a une grande complicité. »

Monaco plutôt qu’ailleurs

Passé professionnel en 2013 à Caen, après une saison en Ligue 2 et une autre à l'échelon supérieur, le jeune Guadeloupéen a attiré les convoitises de nombreux clubs à l’été 2015, alors qu'il n'avait que 5 titularisations en Ligue 1. Il a choisi le Rocher pour la suite de sa carrière, un choix payant : « Il avait d’autres propositions en 2015. Lyon, Bordeaux, Marseille, des clubs à l’étranger. Il y avait des premiers choix, une carrière ne tient vraiment pas à grand-chose. Aujourd’hui, on ne regrette rien, c’est le projet monégasque qui lui convient le mieux. L’équipe est jeune, elle tire dans le même sens, c’est une bande de copains. Ce qu’elle réalise est assez surprenant, elle a progressé de façon fulgurante en 9 mois. »

Un rêve éveillé

« Il y a sept ans, on regardait la Ligue des Champions avec Thomas à la télé, aujourd’hui c’est Thomas qu’on regarde, c’est un peu fou ». Cette phrase résume bien le ressenti de "papa Lemar" sur l'explosion au plus haut niveau de son fils. Mais loin de tomber dans l’euphorie, il sait que Thomas va devoir garder les pieds sur terre s’il veut avoir une longue et grande carrière : « Le rêve est devenu réalité, mais pour s’y maintenir il va devoir continuer à prouver, ce sont des facteurs qu’il a intégrés. Il y aura des hauts, des bas qu’il faudra aussi apprendre à gérer. Il en a déjà connu certains à Caen lors de ses premières années. Il y a eu des moments d’incompréhension, de flottement, mais pas de doutes. À partir du moment où il jouerait régulièrement, on savait qu’il progresserait, et c’est vrai pour n’importe quel joueur. »

De surcroît, malgré l’incroyable début de carrière de son fils, Edwige Lemar est persuadé que celui-ci peut encore progresser et apporter plus : « Il n’est pas à 100 % de ce qu’il pourrait faire. Même aujourd’hui, il joue encore un peu avec le frein à main, il n’est pas complètement libéré. Techniquement, il est capable de faire beaucoup plus. C’est d’abord un joueur d’axe, relayeur, meneur ou attaquant de soutien. Il a débuté sur un côté, y joue encore, mais ce n’est pas un joueur de débordement, qu’on va lancer balle au pied. C’est plutôt un créatif avec une bonne vision du jeu, qui fait jouer dans les petits espaces. Il peut et sait éliminer, mais sa grande force, c’est son jeu de passes. Aujourd’hui, dans le système de Monaco, il a quand même une grande latitude pour repiquer dans l’axe, qui demeure son lieu de prédilection. »

Cette interview va dans le sens de l'image que l'on a pu se faire du personnage par le passé et confirme l’attitude calme et posée du jeune homme de 21 ans. Un garçon qui garde les pieds sur terre et qui, par ailleurs, aurait refusé de rejoindre Arsenal dans le money-time du mercato pour rester à l'AS Monaco dixit les propos du manager des Gunners, Arsène Wenger dans l’émission Téléfoot.

Ouest France

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