C'est reparti pour un tour

Temps additionnel / 30/07/2017 - 16h17 / Par Norbert Siri
  


Encore éblouis par la remarquable saison de l’AS Monaco et bercés par le souvenir de son football spectaculaire, nous attendions la reprise avec impatience, une impatience que la série mitigée des matchs de préparation n’avait pas réussi à tempérer. Cette fois-ci, noblesse oblige, c’est par le Trophée des champions que notre club commençait sa saison, une compétition qu’il n’avait plus disputée depuis dix-sept ans et qui constituait un test intéressant, puisque c’était le Paris Saint-Germain, vainqueur de la Coupe de France et rival désigné pour le prochain championnat, qui lui était opposé dans la touffeur de Tanger. 

Drôle de rendez-vous estival ! Comment l’aborder sans ironie, quand on songe que le quotidien L’Équipe, friand de sensationnel, n’avait pas trouvé mieux que d’occuper l’intersaison avec un feuilleton Mbappé aussi indécent qu’insidieux ? Ce journal et sa chaîne de télé se sont permis d’orchestrer une campagne de presse destinée à transférer le grand espoir du football mondial, sinon à Madrid, du moins vers Paris. Que Monaco, grâce à sa pépite, puisse à nouveau faire mieux que le PSG agace les bien-pensants, les indispose, les plonge dans une sorte de rancœur mal contenue. Dans un tel contexte, quelle prestation notre jeune prodige allait-il donc fournir ?

Dans son style caractéristique, il plaçait une accélération et ouvrait la marque dès la 5ème minute. Le but était fort logiquement refusé pour hors-jeu, mais les supporters monégasques étaient ravis de retrouver en ce début de match l’élan qui avait porté leur équipe l’an passé. Hélas ! Ce n’était que feu de paille. Les Parisiens ont petit à petit pris la direction des opérations, mais sans grand succès. Réduits à défendre, les Monégasques ne réagissaient que sur des contres, il est vrai, ultrarapides. Sur l’un d’eux, à la 30ème minute, au terme d’une combinaison habilement conduite au centre du terrain par Fabinho, Radamel Falcao et Youri Tielemans (Photo : J-P Kieffer), ce dernier lançait dans la profondeur Djibril Sidibé, qui concluait victorieusement grâce à un ballon piqué de toute beauté. Quel plus beau cadeau pouvait espérer l’international français le soir de son 25ème anniversaire ? Ainsi, sans forcer son talent mais en employant l’arme fatale dont elle usait et abusait la saison dernière, l’AS Monaco menait à la mi-temps tranquillement.

La situation s’est toutefois compliquée après la pause pour nos joueurs qui ont semblé moins en jambes que leurs adversaires. Et surtout, moins attentifs. D’abord, ils édifiaient un mur bien trop éloigné du ballon, sur un coup franc confié à Dani Alves qui égalisait d’un maître tir dans la lucarne de Danijel Subasic, impuissant. Moins d’un quart d’heure plus tard, ils regardaient l’intenable latéral brésilien centrer sur la tête d’Adrien Rabiot qui doublait la mise sans grand effort. Décidément, en cette année 2017, l’ancien de la Juventus, naturalisé Parisien, s’est fait un malin plaisir de châtier notre défense chaque fois qu’il l’a croisée ! Tout au long de la seconde période, les Parisiens ont contrôlé la partie à leur guise, jusqu’aux ultimes minutes où la réaction monégasque, initiée par les remplaçants, aurait pu provoquer l’égalisation. Mais il y avait bien longtemps que Kylian Mbappé était privé de munitions et que l’attaque asémiste n’avait pas eu l’occasion de s’exprimer, comme elle a su si bien le faire naguère pour conquérir le titre.

Il n’y a donc pas eu de miracle à Tanger. Le PSG conserve son trophée pour la 5ème année consécutive et l’AS Monaco s’est inclinée somme toute assez logiquement, sans respect pour la tradition qui veut que ce soit le champion en titre qui remporte ce genre de confrontation. Quant à l’historique des oppositions entre les deux clubs, pas de surprise. En championnat, l’ASM est très largement dominatrice. S’agissant des matchs à élimination directe, c’est l’inverse. Rien de grave, au demeurant. L’AS Monaco a perdu une partie de son identité de la saison écoulée. Il fallait s’y attendre. Pour se refaire une beauté, elle a engagé de nouveaux joueurs - fameux, le petit Tielemans ! - qui ne vont pas tarder à se fondre dans le moule. Après tout, ce match mettait un terme à la phase de préparation, plus qu’il ne constituait un objectif. L’important, c’est vendredi prochain contre Toulouse que ça commence. On a beau dire, on a beau faire, ce titre, on aimerait bien le conserver !

Daghe Munegu.


 
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