Merci, merci, Monaco !

Temps additionnel / 21/04/2017 - 09h29 / Par Norbert Siri
  


La première manche entre Dortmund et Monaco ne s’est pas déroulée dans des conditions normales, c’est le moins qu’on puisse dire. L’attaque contre le bus du Borussia, pour l’heure non encore élucidée, la blessure d’un joueur, le report du match, la tentation du forfait chez les responsables du BvB, la solidarité qui s’est spontanément manifestée entre supporters des deux camps, tous ces éléments ont fait de ce rendez-vous manqué un épisode inédit qui occupera une place à part dans l’histoire de la Ligue des champions. En fin de compte, on n’a guère été surpris par la victoire des Monégasques le lendemain soir, après une première mi-temps aboutie, lors de laquelle les footballeurs allemands paraissaient encore marqués par leur mésaventure. Mais voilà, la vie demeure l’ultime souveraine, le spectacle doit continuer coûte que coûte et, avec lui, l’implacable réalité de la compétition. Mercredi soir, le stade Louis-II était comble et festif à l’occasion du match retour, forcément disputé, forcément acharné, forcément haletant.

Selon les statistiques européennes, grâce à sa victoire de l’aller sur le score de 3 à 2, l’AS Monaco avait 96 % de chances de se qualifier. Toutefois, pour s’en assurer définitivement, elle devait produire une prestation de haute volée, comme au tour précédent face à Manchester City. Elle nous a donc présenté la copie quasi-conforme de ce qu’elle nous avait offert en recevant les Anglais. En à peine plus d’un quart d’heure, la pièce était jouée. Dès la 3ème minute, le puissant Benjamin Mendy incisait sans scrupule la défense allemande avant de décocher une mine sur laquelle le portier adverse avait toutes les peines du monde à s’interposer. Sa maladresse faisait un heureux. L’incontournable Kylian Mbappé, animé du culot de ses dix-huit ans, surgissait à point nommé pour glisser le ballon au fond des filets. On ne pouvait rêver meilleur préambule. Un quart d’heure plus tard, alors que Radamel Falcao et Bernardo Silva s’étaient procuré deux nouvelles occasions en or, la liesse du public allait redoubler lorsque notre capitaine parachevait de la tête un travail collectif de l’ensemble de l’aile gauche, auquel Thomas Lemar (Photo : J-P Kieffer), époustouflant tout au long du match, avait apporté l’avant-dernière touche. Les Allemands étaient sonnés par ce départ en fanfare des Monégasques, comme les Anglais l’avaient été un mois plus tôt, c’est-à-dire dans l’incapacité de réagir jusqu’à la mi-temps.

Et, comme les Anglais, menés à la pause 2 à 0 sans la moindre contestation, les Allemands ont abordé la seconde période avec plus de hargne et de détermination. Ils le prouvaient sans tarder en profitant de la vitesse d’Ousmane Dembélé, le copain de notre phénomène. L’autre prodige débordait Benjamin Mendy, moins défenseur qu’attaquant, et centrait vers Marco Reus qui réduisait le score. Ce but tempérait quelque temps l’euphorie du public, qui souffrait en regardant son équipe subir la domination du Borussia, mais qui n’a jamais vraiment tremblé, parce qu’il sentait que ses favoris contrôlaient la situation, même si les adversaires multipliaient les tentatives d’intimidation. On ne s’apercevait même pas que l’équipe était privée de Fabinho, son métronome habituel, tant Joao Moutinho manifestait de l’assurance et, comme Tiémoué Bakayoko aimantait presque tous les ballons et que la défense résistait solidairement, les Rouge et Blanc n’éprouvaient pas de grande frayeur et hasardaient de temps en temps quelques banderilles, en attendant de porter l’estocade. Comme un symbole, c’est Valère Germain, aussitôt entré sur la pelouse en remplacement de Kylian Mbappé qui terrassait le Borussia Dortmund en reprenant de plein fouet un centre admirablement enroulé par Thomas Lemar, devinez d’où ? de la gauche, bien entendu. 

L’AS Monaco s’est qualifiée grâce à son trio d’attaquants et, surtout, à son talent multiple : la technique, voire la virtuosité de la plupart de ses éléments, l’esprit de corps de l’ensemble de la formation, remplaçants inclus, la vitalité de sa jeunesse, l’extraordinaire force créatrice de son flanc gauche, impliqué dans les trois buts, l’intelligence de son entraîneur… Elle se retrouve ainsi dans le dernier carré de la Ligue des champions qui, en l’occurrence, avec la Juventus et les deux clubs de Madrid, ressemble fort à l’éphémère Coupe latine, la lointaine ancêtre de la Coupe d’Europe des clubs champions. A première vue, l’Atletico semble l’adversaire le plus abordable pour l’ASM, qui, je persiste et signe, doit éviter à tout prix la roublardise des Italiens, trop rarement sanctionnée par l’arbitrage et qui fera son affaire de l’inexpérience internationale de la majorité de nos Asémistes. En tout cas, notre club poursuit son exceptionnelle saison, la plus belle qu’il nous ait été donné de vivre, mais qui mériterait de devenir la plus riche en se terminant en apothéose.

Merci, merci, Monaco, merci, merci, Monaco…

Daghe Munegu.


Commentaires
Merci, merci, Monaco !...
Commentaires
Monaco 3 - 1 Dortmund
Recharger commentaires
Chargement des commentaires