D.Appiah : « Les meilleurs moments de ma jeunesse »

Anciens - Interview / 13/04/2017 - 13h57 / Par Sébastien P.
  


Il y a près de six ans, l'AS Monaco remportait sa troisième Coupe Gambardella face à l'AS Saint-Étienne, près de quarante ans après la deuxième en 1972. De cette équipe, de nombreux professionnels ont émergé : Yannick Carrasco, Valentin Eysseric, Nampalys Mendy, Jessy Pi... Parmi eux, le capitaine de l'époque, Dennis Appiah, aujourd'hui à Anderlecht. Le latéral droit s'est confié à Planete-ASM, quatre ans après son départ de Monaco.

Bonjour Dennis, tout d'abord comment vas-tu ? Depuis l'été 2016, tu évolues à Anderlecht, après trois ans à Caen. Comment se passe ta saison ?
Bonjour, tout va bien merci. Après trois bonnes saisons à Caen j'ai décidé de m'engager dans un nouveau challenge à Anderlecht pour passer un cap. J'ai pris mes marques naturellement, malheureusement j'ai reçu un coup qui a fracturé mon péroné et qui, du coup, m'a stoppé dans mon élan alors que je faisais un début de saison plutôt pas mal. J'ai été arrêté un peu plus de 4 mois du fait de la lenteur de la cicatrisation et de l'intervention chirurgicale. Depuis janvier, j'ai eu une petite rechute mais je reviens en forme pour la fin de saison et les playoffs. Malgré tout ce qu'il s'est passé j'ai toujours la confiance du staff et c'est le plus important.

Personnellement, tu as été formé à l'ASM, où tu as évolué durant plusieurs années. Peux-tu nous parler de ton arrivée et de tes débuts à Monaco ?
Je suis arrivé à Monaco à l'été 2007 où j'ai fait mes trois ans de formation en jouant dans toutes les catégories, U17, U19 et CFA avant de signer mon premier contrat professionnel en 2010. La formation à Monaco a été une étape importante pour moi, je pense que ça a été les meilleurs moments de ma jeunesse avec une génération et un groupe de qualité. Je me suis fait de vrais amis avec qui j'ai encore des contacts aujourd'hui. Ce passage de ma vie est important pour moi, c'est grâce à cela que j'ai pu toucher du doigt mon rêve, celui d'être footballeur professionnel.

Deux des faits marquants de ton passage au centre sont la finale U19 perdue contre le PSG et bien-sûr la victoire en Gambardella en 2011. Avec le recul, quels souvenirs as-tu de ces moments-là ?
Effectivement ça a été des moments importants de mon passage en formation. Je pense que la finale perdue nous a préparé pour la Gambardella. Nous étions frustrés de pas avoir pu gagner ce titre de champion U19 et on s'est dit que la Gambardella de la saison suivante était pour nous. Il ne faut pas oublier l'accession de l'équipe réserve en CFA, un fait important pour le centre de formation. Mais le moment le plus important est évidemment cette victoire en Gambardella.

Après la victoire de 2011, où tu es le capitaine, notamment en finale, vint le saut en professionnel, où tu as eu plus de mal à t'imposer à Monaco avec 27 matchs joués en trois saisons, comment expliques-tu cela ?
Pour être exact, j'étais déjà dans le groupe professionnel la saison précédente quand le club descend en Ligue 2, mais je n'avais pas eu de temps de jeu. La première année en Ligue 2, j'ai fait une première partie de saison avec du temps de jeu, j'ai ensuite été freiné par une blessure récurrente à l'ischio. J'ai dû me faire opérer en fin de saison pour mettre fin à tout ça. J'ai par la suite été ralenti par des rechutes lors de l'année de la montée. C'est pour cela que je n'ai pas pu être compétitif et prétendre à jouer plus.

Aujourd'hui, quel regard portes-tu sur votre génération 92/93 où de nombreux joueurs ont percés comme Carrasco, Eysseric, Kurzawa, et N.Mendy ?
Notre génération 92 a très vite été dans le dur lors de la première année en formation et je pense que c'est ce qui nous a forgé pour la suite. Par la suite, les 93 ont pris le pli. Il y avait beaucoup de qualité et beaucoup de joueurs qui aimaient jouer ensemble et surtout beaucoup travailler. Beaucoup plus de joueurs pouvaient prétendre à faire une belle carrière.

On va jouer au jeu de l'équipe type. Ton onze de joueurs formés à Monaco ?
Dans mon équipe je ne vais mettre que des joueurs avec qui j'ai joué : Ruffier, Phojo, Mongongu, Nkoulou, Kurzawa - Bulot, N.Mendy, Eysseric, Carrasco - Germain, Makengo.

Cette saison, Monaco est dans un rythme exceptionnel, quelle analyse fais-tu de l'évolution du club et de sa progression depuis ton départ en 2013 ? On remarque que l'Academy est toujours présente puisque Kylian Mbappé, Valère Germain, que tu connais très bien, ou encore Almamy Touré jouent très régulièrement. À l'étranger comment perçois-t-on le club et notamment son centre de formation ?
Monaco a toujours été un très bon centre de formation, ce n'est plus une surprise. Je suis content qu'avec tous les achats effectués par le club, des joueurs du centre puissent faire partie du groupe et avoir une place importante. Je pense que Monaco a raison de toujours s'appuyer sur le centre de formation, où le travail est bien fait.

Après l'ASM tu pars à Caen où tu te révèles dans le monde professionnel. Qu'est-ce qui a été différent pour toi en Normandie, qui t'as permis de franchir ce cap ?
J'ai décidé de quitter Monaco pour repartir à zéro. Me retrouver tout seul, ne plus être le "jeune du centre de formation". Être un joueur important d'un effectif sans passif. Je suis tombé sur un staff technique et médical qui ont tout fait pour que je sois dans les meilleures conditions. On m'a remis en condition physique et surtout on m'a fait confiance. Et grâce à tous ces gens que je remercie encore, j'ai pu prendre conscience des capacités que j'avais.

Aujourd'hui tu es dans le meilleur club de Belgique, quelle est ta place dans ce groupe et quelles différences observes-tu entre la Ligue 1 et la Jupiler League ?
Je me sens bien, j'ai bien pris mes marques, il n'y a pas de barrière de la langue ce qui est un plus. J'ai pu constater que je ne fais pas partie des plus jeunes dans ce groupe, du coup je dois parler un peu plus que ce que je ne le faisais avant. Mais tout se passe bien avec tout le monde, nous avons un groupe sein, avec de la qualité dans toutes les lignes. J'ai été surpris du niveau ici. Certes, je pense que La Ligue 1 est supérieure d'un point de vue tactique et collective pour les équipes. Néanmoins, il y a beaucoup de joueurs compétitifs individuellement. Du coup, les matchs sont assez relevés tous les week-ends.

On parle notamment d'un intérêt prononcé de Monaco pour ton coéquipier Youri Tielemans, que peux-tu nous dire de lui ?
C'est un jeune joueur avec beaucoup de qualité et de talent, il m'impressionne dans la façon de gérer la pression que toute la Belgique met sur lui. Il a du caractère et n'a pas peur de jouer, c'est aussi un grand bosseur. S'il fait les bons choix à l'avenir on pourra peut-être compter sur lui dans le football international.

Un grand merci à Dennis Appiah pour le temps accordé ! En espérant que les blessures sérieuses ne seront plus qu'un lointain souvenir !


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