Germain : « On oublie que je suis un bon footballeur »

Joueurs / 31/03/2017 - 15h59 / Par Geoffroy B.
  


L’attaquant monégasque revient en long, en large et en travers sur son actualité et celle du club. Après la Ligue 2, l’enfant du club vit un tout autre challenge cette saison. Fabien Pigalle et Vincent Menichini, journalistes à Monaco-Matin, l’ont interviewé.

 A l'assaut du navire parisien 

Malgré une préparation tronquée par la trêve internationale, les Asémistes ont malgré tout profité de ce contexte un peu particulier : « Mardi, on a fait un 6 contre 6 avec des jeunes de la CFA. On est au complet depuis jeudi. » C’est littéralement la finale rêvée cette saison pour une Coupe de la Ligue moins populaire que son illustre aînée la Coupe de France : « il y a un parfum de Ligue des champions. » D’ailleurs, le fils de Bruno Germain est plutôt partisan de cette compétition : « Je suis pour la Coupe de la Ligue ! Ça rajoute des matches au calendrier, mais ce n'est pas non plus insurmontable. »

C’est bien sûr l’occasion pour les Rouge & Blanc de retrouver leur nouveau meilleur ennemi : le Paris-Saint-Germain même si l’attaquant n’est pas convaincu que le résultat final de cette Coupe de la Ligue ait une incidence sur la fin de saison : « un tel aura un avantage psychologique sur l'autre. Honnêtement, je ne sais pas. A mon avis, Paris a plus à perdre après l'élimination en Ligue des champions. »

L’ancien aiglon estime que cette finale sera « du 50-50 » même si les résultats ces derniers temps sont favorables aux Monégasques : « Certes, on a réussi de bons matches contre eux cette année. On avait respecté les consignes du coach et sorti deux matches pleins. » Autre avantage cette année : la localisation de la finale : « Le Stade de France, ce n'est pas celui du PSG, mais il y aurait eu beaucoup de Parisiens... A Lyon, ce sera plus équilibré. J'espère qu'il y aura beaucoup de Monégasques et qu'on leur offrira le trophée. » Valère Germain l’assure : « A Caen, le public nous a applaudis, à Guingamp aussi. Même les joueurs sur le terrain, on sent qu'ils ont de la sympathie envers nous. Ça nous booste. Il y a les supporters monégasques, mais aussi le public français derrière nous. »

 Un retour princier 

Après un passage remarqué chez le voisin niçois, le joueur réussi son retour en Principauté : « J'ai de la chance... Depuis la remontée du club en L1, ça se passe plutôt bien : deuxième, troisième à Monaco, quatrième avec Nice. Je reviens en Principauté et on est encore bien. » Ce come-back a été immédiatement déterminant lors de la rencontre face au Fenerbahçe (le 3 août 2016, doublé, NDLR) : « Peut-être que tout aurait été différent si ça ne s'était pas aussi bien passé ce soir-là. Je revenais au club, il fallait que je sois décisif le plus rapidement possible. Ça a été important. »

Régulièrement reconnu pour son altruisme, le natif de Marseille aimerait qu’on reconnaisse son travail à sa juste valeur : « j'ai parfois l'impression qu'on oublie que je suis tout simplement un bon footballeur. Qu'on dise que je suis un bon gars, que je fais briller les autres ok ! Mais bon quand on arrive à être titulaire à Monaco cette saison, ce n'est pas rien. On ne le souligne pas assez et ça me dessert un peu. Oui, il faudrait que je marque encore plus. » Pas forcément mécontent de son sort non plus, il se met au service du collectif, tout simplement : « quand je joue avec Falca ou Mbappé, je dois être un peu plus en retrait, un peu plus défendre pour leur laisser l'espace. Cela pompe de l'énergie, donc on peut être un peu moins lucide devant le but. »

Lucide mais ambitieux, celui qui est régulièrement capitaine avec l’ASM garde l’Equipe de France dans un coin de sa tête : « Il y a du monde devant, mais quand vous êtes titulaire dans une équipe en tête de la Ligue 1 et en quart de finale de la Ligue des champions, vous y pensez forcément un peu. Ça viendra peut-être un jour…Il faudrait que je sois un peu plus décisif. […] Etre appelé en équipe de France, ça change une carrière. »

 Un collectif attachant 

Après un début de saison canon, l’AS Monaco reste régulière dans la performance et cela se ressent au quotidien : « Je pense qu'on a une bonne cote ! Je ne sais pas trop comment l'expliquer... Peut-être parce qu'on est jeune, on a l'air sympathique, on joue bien au foot, on met des buts, et voilà. » Côté adversaire, c’est évidemment autre chose : « Des fois, on mène 2 ou 3-0 et sur le terrain les joueurs nous disent : "bon arrêtez, c'est bon, tranquille hein" (rires). Mais on a beau mener, on n'arrête pas d'attaquer. Et quand les remplaçants entrent, ils sont décisifs. »

Au-delà des résultats sportifs, l’Asémiste estime que l’ambiance y est pour beaucoup : « C’est très important. On ne se prend vraiment pas la tête. Physiquement, ça tire peut-être un peu par moments, mais on a toujours cette envie d’aller de l’avant et d’en faire plus. On ne se fixe aucune limite. » Cette bonne ambiance, Benjamin Mendy n’y est pas étranger malgré ses retards légendaires : « Il a toujours le sourire. Avant les matchs, il parle beaucoup. Il motive les troupes. »

Pas de groupe, sans un rouage essentiel : l’entraîneur. Le Rouge & Blanc n’oublie pas son coach : « Il faut féliciter le coach parce qu'à l'entraînement, il nous pousse à s'engouffrer dans les moindres espaces. […] A Monaco, on va beaucoup plus de l’avant. Jardim nous a fait progresser là-dessus. [...] C’est un peu l’attaque à tout va ! On a la qualité pour faire ça. Le coach a adapté sa tactique aux joueurs qu’il possède. »

Difficile, pour l’altruiste Germain de nommer une individualité plutôt qu’une autre entre Glik « le roc », Sidibé et Mendy, les « deux bombes », Bakayoko, le « monstre physique », Fabinho, « l’un des meilleurs milieux d’Europe » et le phénomène Mbappé qu’il met en garde : « il faudrait vraiment qu’il fasse le con pour ne pas aller très haut. »

En guise de conclusion, voici le sentiment, un brin fataliste, de Valère Germain, sans doute partagé par bon nombre de supporters : « Honnêtement, le plus important des titres serait le championnat. Mais après, on ne crache jamais sur un trophée ! Rentrer dans le palmarès du club, c’est très important. Je le répète : cette saison est magnifique, on joue bien, on marque des buts … mais si au final il n’y aucun titre, ce sera une saison comme les précédentes où on se qualifie pour la Ligue des champions. »

Monaco-Matin

 
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