Bakayoko : « Je me suis responsabilisé »

Joueurs / 28/01/2017 - 15h37 / Par Florian R.
  


A la veille de Paris Saint-Germain/AS Monaco, choc de la 22ème journée de Ligue 1 primordial dans la course au titre, Monaco-Matin a publié une très large interview de Tiémoué Bakayoko dans ses colonnes, ce samedi. L'occasion pour le milieu de terrain monégasque de porter un jugement sur son évolution personnelle et celle du groupe cette saison. Morceaux choisis.

Une saison fondée sur une prise de conscience collective

Actuel leader de Ligue 1 avec l'ASM, le joueur a confirmé une volonté collective de « surtout se donner les moyens de faire une meilleure saison » que la précédente, où le club asémiste n’avait fini que 3ème au classement à 31 points de l'intouchable Paris-SG. « Quand on voit aujourd’hui ce que l'on est capable de produire et que tu regardes le classement, c'est simplement magnifique. C'est un travail collectif, y compris du staff et de l'encadrement du club. On a tous évolué, à des degrés différents. On se connaît mieux et on s'est donné les moyens » considère le numéro 14 pour lequel, « le plus important, c'est de gagner et de prendre du plaisir collectivement ».

D'après lui, le fait d'avoir débuté la saison plus tôt que les autres équipes, avec les tours préliminaires et barrages de Ligue des Champions contre Fenerbahçe et Villarreal, a peut-être donné une dynamique positive : « Avec ces tours préliminaires de Ligue des Champions, j'ai senti un flash. Comme un déclic. Si on passait ce barrage, on allait vivre une grande saison. L'an dernier, on a terminé très difficilement. Quand tu prends 6-1 à l'avant-dernière journée, tu es vexé. A Lyon, je suis sorti tu terrain avec le sentiment de honte. Je ne l'avais encore jamais connu. Alors, à la reprise, on avait tous la dalle. On voulait montrer autre chose, [...] prouver aux gens qu'on valait mieux ».

Néanmoins, dans cette maturation souhaitée et programmée, il ne sait pas si le changement tactique de la préparation estivale, poussant l'évolution du 4-3-3 en 4-4-2, a eu « tant d'importance au final » même si le 4-4-2 est « un schéma dans lequel on s'épanouit tous ». Selon le natif de Paris, « en 4-3-3, le coach n'avait pas fait de si mauvaises choses ». Il plaide ainsi plutôt pour une « prise de conscience collective, moi le premier. On est dans un grand club qui a investi de l'argent, il fallait montrer une autre image ». Dans cette perspective, la bonne santé de la vie de groupe semble jouer un rôle primordial : « En dehors du terrain, on s'entend tous très bien. Alors, quand on se retrouve, on prend du plaisir à jour les uns pour les autres, c'est une famille. On n'a pas besoin de trop se parler, regardez bien les matches, on ne se gueule jamais dessus, on se comprend très vite, c'est fluide. J'observe Fabinho, je sais qu'il va faire ce déplacement, je vais compenser, tout est naturel » a analysé le joueur formé au Stade Rennais.

Entre évolution physique et besoin de dialogue, Bakayoko a mûri

A titre plus individuel, après avoir « pensé partir, en prêt, pour jouer » l'été dernier car ne se sentant « pas important », Bakayoko avait surtout pour ambition de « faire une saison complète, enfin. Jouer 30, 40 matches ». C'est bien parti car depuis le début de saison, débarrassé des récurrents pépins physiques qui ont plombé ses deux premières saisons en Principauté, Bakayoko a disputé 29 des 34 matches de l'ASM toutes compétitions confondues. Une régularité notamment due au développement de ses capacités musculaires : « J'ai complètement explosé au niveau physique, notamment sur le haut du corps. C'est un travail quotidien avec le préparateur physique du club Carlo Spignoli, qui ne m'a pas lâché. Je me suis musclé autrement, j'ai grandi, je me suis élargi. Quand je suis arrivé, j'étais un gamin, là, j'ai plus un corps d'homme […]. Je me sens vraiment capable d'avoir une emprise sur le jeu de mon équipe ».

De plus, il estime s'être « responsabilisé » ce qui lui permet de tenter « plus de choses » sur un terrain. Comme il l'avait déjà laissé entendre dans une précédente interview, le milieu de 22 ans a « besoin de confiance, pas d'être constamment rassuré mais qu'on [lui] dise les choses. Si tu me laisses sur un côté sans explication, c'est compliqué. Je peux tout entendre, le positif comme le négatif ». A côté de ça, dans l'intimité du vestiaire, il est « quelqu’un qui peut être amené à prendre la parole mais je ne suis pas un leader comme Danijel Subasic, Valère Germain, Falcao ou Nabil Dirar. Petit à petit, je me fais une place dans l'équipe ».

PSG, ambitions et avenir international

Interrogé sur la rencontre de dimanche contre le PSG, club phare de sa ville natale, Bakayoko y voit un évènement « couperet. Le résultat ne donnera pas le champion mais... Une équipe peut se détacher et la suite de la saison ne sera plus la même. Si on gagne, on pourrait avoir près de 7 points d'avance avec la différence de buts, ça serait une belle avance mais rien n'est terminé. Nice est là, Lyon revient » n'a -t-il pas manqué de rappeler. 

Pourtant, cela ne l’empêche pas de garder une ambition qui résultera de « 8 mois d'efforts » : « Mon rêve, c'est de finir champion de France, ça serait magnifique. Ce n'est pas une obsession mais, petit à petit, on y pense ». Il en a d'ailleurs profité pour dépeindre une image très positive de la Ligue 1 : « C'est un championnat qui n'est pas valorisé à sa juste valeur. La Ligue 1, c'est vraiment compliqué. Tu as vraiment beaucoup de talents et des équipes très différentes. Tactiquement, techniquement, tu as des équipes très au point. Sans parler de la dimension physique. Si tu arrives à t'imposer en Ligue 1, tu peux aller jouer partout. Cette saison, on a la chance d'avoir plusieurs équipes de niveau Ligue des Champions ». Concernant cette dernière justement, où les victoires contre Tottenham ont « permis de nous dire qu'on était à notre place » sur la scène européenne sans que cela « n'arrive pas par hasard », le Franco-ivoirien a un regard optimiste pour la suite : « On a un super 8ème de finale face à Manchester City. Je suis persuadé qu'on a le niveau pour gagner cette double confrontation. […] On peut se permettre d'avoir des ambitions cette saison. On est déjà en finale de la Coupe de la Ligue, on a envie de gagner quelque chose ».

Enfin, le joueur de 22 ans a de nouveau confié ses incertitudes sur son avenir international : « A partir du moment où une sélection fait appel à moi, la Côte d'Ivoire ou la France, je vais choisir. Je me donne jusqu'à la prochaine sélection pour bien y réfléchir ». Pourtant, il reste conscient que l'avenir en Bleu peut s'avérer plus excitant : « On se rend compte que la France peut préparer l'avenir car il y a du talent, du potentiel. J'ai de la chance d'appartenir à cette génération ».

 

Plus d'informations dans l'édition du 28/01/2017 de Monaco-Matin, journal du groupe NICE-MATIN.


 

Tiémoué Bakayoko


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