Juste ce qu'il fallait pour passer

Temps additionnel / 26/01/2017 - 12h20 / Par Norbert Siri
  


La Coupe de la Ligue en est à sa 23ème édition dans sa formule actuelle et l’AS Monaco, qui préfère de toute évidence sa soeur aînée, plus prestigieuse, la Coupe de France, ne s’y est jamais vraiment distinguée. Bien que cette compétition ait été créée en 1994, l’ASM a attendu la première année du nouveau millénaire pour accéder enfin à sa finale et y être battue en prolongation par l’Olympique Lyonnais. Elle s’est certes rattrapée deux ans plus tard face à Sochaux, grâce à un large succès précurseur de la magnifique épopée européenne en Ligue des champions la saison suivante, mais, depuis 2003, autrement dit, depuis quatorze ans, plus rien du tout.

Bien que lucrative, cette coupe ne tente guère le club de la Principauté, qui s’y arrête au mieux en demi-finale, comme il y a deux ans, quand il a été éliminé aux tirs au but par Bastia alors qu’il était archi-favori. C’est pourquoi, mercredi soir, dans un contexte identique, mais face à Nancy, la confiance ne régnait pas forcément dans les rangs monégasques, bien que les Lorrains aient été étrillés à Fontvieille, en championnat, trois mois plus tôt. Depuis, les hommes de Pablo Correa s’étaient ressaisis et pouvaient se vanter de rester sur une série de sept matchs sans défaite. En particulier, avant de venir défier Monaco dans son antre, ils avaient éliminé aux tours précédents Saint-Etienne et Nantes chez eux, de quoi inspirer de la méfiance aux plus téméraires. 

Et l’on a tout de suite constaté que les protagonistes n’étaient plus dans les mêmes dispositions que début novembre. Les Nancéiens ont tourmenté les Asémistes pendant une bonne demi-heure, sans être foncièrement dangereux, mais en empêchant les locaux de développer leur jeu habituel. Il est vrai que Leonardo Jardim avait décidé de laisser quelques titulaires au repos dans la perspective du choc de dimanche à Paris. Dans le dernier quart d’heure de la première période, la partie s’est animée, l’AS Monaco se procurant enfin des occasions dignes de ce nom, essentiellement grâce à Thomas Lemar, intenable sur tout le front de l’attaque. Mais, au terme du temps additionnel, c’est sur un simulacre d’occasion, en l’occurrence, une énorme cagade du gardien lorrain, par ailleurs excellent, que Monaco prenait l’avantage grâce à une tête subtilement ajustée par Radamel Falcao (Photo : J-P Kieffer).

Comme ils nous avaient habitués à d’étincelants festivals offensifs, nous nous attendions à ce que nos favoris nous gratifient d’un énième feu d’artifice en seconde mi-temps. Lourde méprise. Certes, ils ont eu deux ou trois occasions de doubler la mise, par exemple, par Djibril Sidibé qui a décoché un tir d’une rare puissance intercepté par le portier de Nancy, ou bien par Valère Germain, qui venait de remplacer notre capitaine colombien et dont la reprise est venue mourir au ras du poteau adverse. Mais ce sont surtout les visiteurs qui ont dominé cette période. A force de ne pas pouvoir se mettre à l’abri, nos favoris, qui hésitaient entre attaque et gestion et dont la tête semblait déjà tournée vers le Parc des Princes, s’exposaient aux rapides contre-attaques des Nancéiens, à deux orteils d’égaliser. Un tel dénouement n’aurait scandalisé personne dans les travées du Louis-II, mais aurait contraint l’ASM à une aléatoire séance de tirs au but, comme à Sochaux au tour précédent. Tant bien que mal, les nôtres ont tenu malgré tout et obtenu le succès qu’il fallait pour passer.

L’essentiel a été assuré. Face à de valeureux adversaires, conduits par l’ancien Asémiste Vincent Muratori, l’AS Monaco s’est qualifiée sans briller pour sa troisième finale de Coupe de la Ligue, son 60ème match dans cette épreuve sans passé ni relief. Elle y sera opposée au Paris SG, facile vainqueur de Bordeaux, la veille, en Gironde. Evidemment, c’est la finale rêvée, aux yeux du grand public et des observateurs, entre les deux meilleurs clubs actuels du football français. Mais, avant de se retrouver sur terrain neutre à Lyon le 1er avril, ils ont rendez-vous, dimanche soir, à Paris, pour le choc au sommet de la Ligue 1. On espère qu’il n’accouchera pas d’une souris, mais qu’il donnera lieu à une joute magnifique, dont sortira vainqueur le plus fort. Si l’ASM était celui-là, elle frapperait un grand coup et s’érigerait en favori du championnat, juste avant de recevoir l’OGC Nice. En une semaine, elle jouera son avenir en Ligue 1. A nous de l’y aider en l’encourageant sans réserve.

Daghe Munegu.


 
Infinity Chat :
Dernier message il y a 1 an