Paul Nardi : « Rennes m'a mis de côté »

Joueurs prêtés / 11/01/2017 - 20h10 / Par Ervan C.
  


En juin dernier, Paul Nardi était cédé au Stade Rennais pour un an, sans option d'achat, par l'AS Monaco. Censé garder les cages bretonnes en raison du départ imminent de Benoît Costil, Nardi a rongé son frein sur le banc, Costil n'étant finalement pas parti. Une solution a toutefois été trouvée, puisque le jeune portier a rejoint le Cercle Bruges (D2 belge) où il vit des débuts heureux, comme il l'a confié à Foot Mercato. Extraits.

Arrivé le 2 janvier dans la Venise du Nord, Nardi était titulaire pour son premier match, samedi, face à l'AFC Tubize. Le natif de Vesoul et ses coéquipiers (Mehdi Beneddine était titulaire, Tafsir Chérif n'était pas encore qualifié) se sont imposés 2 buts à 1. Le bout du tunnel : « C’est un tout nouveau départ tout simplement. Je veux oublier les six derniers mois à Rennes et repartir de l’avant. [...] A Rennes, on m’avait assuré que je venais pour jouer car Benoît Costil partait à 200%. C'était un choix simple. J’avais déjà eu des contacts avec le club quand j’étais à Nancy. C’était avant que Monaco m’achète ; il y avait eu des négociations avec le Stade Rennais ».

Finalement, Costil n'est pas parti, et le jeune homme s'est retrouvé dans une situation compliquée : « J’étais gardien numéro deux à Monaco. Donc je venais clairement pour jouer, progresser. Malheureusement, je n’ai pas eu cette chance. Je ne l’ai eue que deux semaines. Quand je suis arrivé à Rennes, Costil était en vacances vu qu’il y avait eu l’Euro. C’est comme partout, quand on arrive dans un nouveau club tout le monde vous regarde, tout le monde fait attention à vous. Dès qu’ils ont vu que Costil allait rester, ils m’ont mis de côté petit à petit. Pendant la préparation, je n’ai joué que trois mi-temps. Ce qui était peu pour un potentiel numéro un. Costil est resté et ça s’est fait tout naturellement. C’était logique que ce soit lui qui joue » et difficile à gérer psychologiquement : « L’été dernier, pendant la période du mercato, j’avais rencontré Christian Gourcuff qui m’avait dit clairement que si je trouvais un club il me laisserait partir. Avec mon agent, on a discuté avec le Standard de Liège. Les négociations étaient déjà avancées avec Monaco. On discutait des dernières formalités par rapport au salaire. Mais j’ai eu un non catégorique de Rennes pour casser mon prêt. Le club ne m’a pas laissé rebondir directement. Ils ont choisi la facilité. Je pense qu’ils se sont dépêchés de prêter leur gardien Abdoulaye Diallo et ils ont gagné un peu dans l’histoire puisque le gardien sous contrat chez eux jouait contrairement à moi. Dès le moment où ils ont vu que Costil restait, ils ont un peu moins fait attention à moi »

Quand, enfin, Paul Nardi a eu sa chance, les éléments n'étaient pas en sa faveur : un match de coupe, disputé avec une équipe bis, face à l'ogre monégasque et sa redoutable force de frappe offensive. Résultat, un 7-0 dans les dents : « Je ne veux pas me trouver d’excuses. Même si sur les buts encaissés je ne suis pas impliqué directement, mon match n’a pas été bon dans le reste. C’était un non match et je ne veux pas me cacher. Ce serait trop facile. Même si en face c’était Monaco qui est la meilleure attaque d’Europe ou si l’équipe alignée n’était pas la meilleure à Rennes, on est quand même des professionnels. On devait montrer autre chose ».

Finalement, le SRFC a accepté de libérer sa doublure à la mi-saison. Un soulagement ? « Oui, c’est un soulagement d’avoir quitté Rennes. Il fallait. Ils ont été intelligents quand on leur a demandé à ce qu’à se termine. Ils ont très bien compris ». S'il fallait dresser un bilan de ces six derniers mois : « Je suis quelqu’un de positif, donc je retiens les choses positives. J’ai bien travaillé là-bas à l’entraînement, que ce soit au niveau de la musculation ou sur le terrain. J’ai quand même appris dans une belle équipe. Aux côtés de bons joueurs, tu progresses forcément. Bien sûr, même s’il n’y a pas eu les matches, c’est ce qui a été regrettable. Ça aurait pu être très bien si j’avais pu jouer. Le côté négatif, c’est que je n’ai pas avancé du tout. J’étais allé là-bas dans l’optique de franchir un cap, de faire une première saison en Ligue 1. Tous mes espoirs se sont envolés malheureusement ».

Pendant ce temps-là, l'ASM affolait les compteurs en réalisant une première partie de saison ô combien satisfaisante ! Des regrets ? « Je ne sais pas. Ça n’aurait pas changé grand-chose. Je n’aurais pas joué davantage, je n’aurais joué que deux ou trois matches quand Suba était blessé. Il ne faut pas vivre avec des regrets. Je suis content pour Monaco. Les gars comme Tiémoué Bakayoko, comme Thomas Lemar... ça me fait plaisir de les voir réussir. J’espère un jour les retrouver ».

Alors qu'ils auraient pu être refroidis par l'expérience bretillienne de leur gardien, les dirigeants asémistes l'ont à nouveau prêté, et ils « ne [lui] ont pas laissé le choix » ! Il s’en explique : « J’étais totalement d’accord avec eux car je voulais aussi jouer, pas comme à Rennes. On ne voulait pas que cela se reproduise. Parfois, ce n’est pas plus mal d’aller à l’échelon inférieur pour jouer et prendre de la confiance. Même si je suis gardien de but, j’espère aider l’équipe et lui apporter beaucoup ».

Quid de l'avenir de l'international Espoirs ? Si à Monaco, on doit déjà y réfléchir, lui pense d'abord au court terme : « Je n’ai pas envie de penser à la saison prochaine. Je vais déjà me projeter sur ces cinq mois et essayer de jouer chaque week-end, de prendre du plaisir. Je veux progresser, travailler, retrouver mes sensations en jouant régulièrement. Pour l’instant, c’est le plus important pour moi. Je ferai un point avec Monaco en fin de saison. Je me concentre sur Bruges pour le moment ».

FootMercato

Commentaires
Paul Nardi : « Rennes m'a mis ...
Recharger commentaires
Chargement des commentaires