Coup de chaud à Sochaux

Temps additionnel / 11/01/2017 - 17h37 / Par Norbert Siri


La seule fois où Monaco et Sochaux s’étaient affrontés en Coupe de la Ligue, avant le quart de finale de mardi soir, c’était en 2003, en finale, au stade de France, et l’AS Monaco, alors conduite par Didier Deschamps, s’était jouée aisément de son adversaire en l’emportant sur le score net et sans bavure de 4 à 1. Mais, la dernière fois que les deux clubs s’étaient rencontrés en compétition, avant ce fameux match de mardi soir, c’était il y a onze mois, en 8èmes de finale de Coupe de France et, tandis que les Francs-Comtois se traînaient péniblement à l’avant-dernière place de la Ligue 2, le dauphin de la Ligue 1 s’était étrangement affalé au stade Bonal, sur un terrain gelé et par un froid polaire, il est vrai, souvenir particulièrement cuisant pour notre Brésilien Jemerson, qui découvrait alors les rigueurs du football français de haut niveau. En ce début d’année, il y avait gros à parier que l’AS Monaco chercherait à prendre sa revanche de ce retentissant échec.

En première période, notre équipe, une nouvelle fois remaniée, a prouvé qu’elle n’avait pas retenu la leçon d’un passé pourtant récent. Forts de leurs qualifications précédentes face à deux autres clubs de L1, Dijon puis Marseille, les Sochaliens ont pris les Monégasques à la gorge dès le coup d’envoi et ne les ont plus lâchés jusqu’à la mi-temps. Entre-temps, pendant que nos favoris manquaient tout ce qu’ils tentaient, faute d’inspiration et de clairvoyance, mais surtout de précision technique, les locaux avaient inscrit un but plein de sang-froid au quart d’heure de jeu, en exploitant une passe mal assurée d’Andrea Raggi, et auraient pu doubler la mise à maintes reprises, tant la défense asémiste paraissait fébrile et prête à céder au moindre coup de boutoir. Seule maigre éclaircie dans ce ciel d’hiver, une tête de Guido Carrillo, spécialiste du genre, déviée sur son poteau par le gardien sochalien. Pâle copie que celle rendue par le deuxième de Ligue 1 face à un locataire de l’étage inférieur, certes, agressif et teigneux, mais largement à la portée du Monaco de l’automne. Quelque chose s’est-il cassé contre Lyon ?

A la pause, Leonardo Jardim remplaçait Andrea Raggi et Corentin Jean par Djibril Sidibé et Bernardo Silva. Judicieuses substitutions. Le football des Rouge et Blanc retrouvait alors un peu plus de vigueur, de couleurs et d’allant. Ce qui ne l’empêchait pas de continuer à attaquer dans le vide, à manquer de cette fichue lucidité qui fait la différence entre les quelconques et les illustres. Nos favoris avaient beau contrôler le ballon, le relancer inlassablement vers l’avant, menacer avec constance l’arrière-garde adverse, celle-ci se plaisait à refouler l’intrus sans désemparer. C’est l’entrée de Radamel Falcao à la place de Valère Germain qui a permis au match de basculer définitivement dans notre camp. A la 83ème minute, le Colombien déclenchait une frappe puissante que le portier local repoussait difficilement dans les pieds de Joao Moutinho, le meilleur monégasque de la soirée, dont la reprise fulgurante se fichait dans la lucarne (Photo : J-P Kieffer). Moins de cinq minutes plus tard, El Tigre reprenait habilement un premier tir de Bernardo Silva, mais son but était refusé pour un hors-jeu passif de Guido Carrillo. Malgré le froid intense, on avait eu chaud !

L’AS Monaco a failli l’emporter dans les ultimes minutes de la partie, preuve de sa patiente persévérance. Mais pourquoi a-t-elle attendu si longtemps avant de se jeter pour de bon dans la bataille ? Les prolongations ayant été supprimées désormais des rencontres de Coupe de la Ligue, il fallait recourir à la loterie des tirs au but pour désigner le vainqueur de cette âpre confrontation. La centaine de supporters rouge et blanc, frigorifiés dans un virage du stade, tremblaient au souvenir de la demi-finale perdue dans les mêmes conditions, il y a deux ans, face au SC Bastia. Mais, cette fois-ci, contrairement aux deux tours précédents, les Sochaliens n’ont pas réussi leur séance de tirs au but. En en inscrivant un de plus que leurs adversaires, les joueurs de la Principauté passaient en demi-finale par un trou de souris et se rapprochaient de l’apothéose prévue à Lyon le 1er avril. En attendant, le championnat reprendra son cours dimanche prochain au Vélodrome de Marseille. Au carrefour des courants d’air, la température ne sera pas forcément plus clémente qu’à Sochaux, mais on y aura chaud quand même.

Daghe Munegu.


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Sochaux 1 - 1 Monaco
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