La force tranquille

Temps additionnel / 11/12/2016 - 16h31 / Par Norbert Siri
  


Les Girondins de Bordeaux ne sont peut-être pas la bête noire de l’AS Monaco, mais ils sont à coup sûr celle de Leonardo Jardim. Qui le vit mal. Depuis son arrivée dans le football français en août 2014, la malice du Portugais s’est toujours heurtée à l’intransigeance bordelaise, concédant un pénible match nul et subissant quatre défaites, et non des moindres, le plus souvent sur un score sévère. La saison passée, trois matchs, trois revers sans appel. De quoi se poser des questions existentielles. Aussi est-ce avec circonspection qu’il abordait la rencontre de samedi, dont le coup d’envoi a dû être décalé d’une demi-heure en raison d’un accident de la circulation qui a perturbé l’accès au stade Matmut Atlantique où était programmée la partie. Pour éviter toute déconvenue, notre coach alignait son équipe type, exempte de Ligue des champions en semaine, tandis que, dans celle de Bordeaux, apparaissaient quelques têtes bien connues du côté de Fontvieille, telles que Jérémy Ménez, Jaroslav Plasil et Jérémy Toulalan.

L’ancien capitaine de l’AS Monaco est passé au travers, comme tous ses coéquipiers. Au bout de cinq minutes, sa formation était déjà menée par deux buts d’écart sur les deux premières offensives des hommes de Leonardo Jardim. Et quels buts, mes aïeux ! Au terme d’un mouvement d’envergure, Bernardo Silva décalait sur la droite Djibril Sidibé, dont le tir à ras de terre trompait le gardien local. Deux minutes plus tard, sur une nouvelle impulsion de notre petit Messi, un centre de la droite de Valère Germain était récupéré par Radamel Falcao qui catapultait le ballon au fond des filets adverses. 2 à 0, le match était quasiment plié alors que les Girondins n’avaient pas encore esquissé la moindre riposte. Désormais, la question était de savoir si les Monégasques allaient appliquer le tarif syndical et, si oui, à quel moment ils inscriraient le fameux troisième but qui clôt les débats. Ils en ont eu la possibilité tout au long de la première mi-temps, notamment par Bernardo Silva, étincelant, et par Valère Germain, toujours aussi intelligent. Mais, sûrs de leur fait, les Rouge et Blanc ne se précipitaient pas et attendaient leur heure, laissant leurs adversaires tenter en vain de réduire la marque.

Les Bordelais semblaient revenus des vestiaires avec des ambitions un peu plus belliqueuses. C’est du moins ce qu’ils ont démontré pendant une petite poignée de minutes, jusqu’à ce qu’ils se fassent à nouveau châtier par Radamel Falcao. Un but de grande classe, l’un des plus beaux de la saison du côté du Rocher. Devant sa surface, Thomas Lemar héritait du ballon qu’il remontait dans le couloir gauche. Arrivé à la ligne médiane, il alertait d’une transversale aérienne Valère Germain qui remisait instantanément vers Radamel Falcao, en embuscade dans la surface adverse. D’une pichenette, le Colombien se jouait du portier girondin pour glisser le cuir au fond de ses filets. La messe était dite, mais, comme l’ASM n’est jamais rassasiée cette saison et aime faire mal à ceux qui se dressent sur sa route, elle ajoutait un quatrième but peu après l’heure de jeu. Suite à une faute grossière d’un défenseur bordelais sur Bernardo Silva dans la surface de réparation, Radamel Falcao (Photo : J-P Kieffer) transformait la sanction suprême et signait son premier hat-trick depuis quatre ans, jolie revanche sur la malchance qui l’a longtemps frappé.

Curieusement, lorsque les Girondins ont été réduits à dix, les Monégasques n’ont pas appuyé là où ça pouvait faire mal. Deux buts par mi-temps suffisaient à leur bonheur. En tordant le cou à la bête noire de Leo, ils maintiennent une impressionnante moyenne de buts marqués et paraissent y parvenir sans forcer leur talent, en appliquant simplement leur collectif savamment huilé, se trouvant sur le terrain les uns les autres les yeux fermés. C’est un régal d’assister au festival offensif de cette équipe, auquel tous les joueurs participent avec un égal bonheur et une joie de jouer manifeste. Les 265 supporters monégasques présents en tribune visiteurs ont dû apprécier le spectacle à sa juste valeur. Avant la trêve, il reste trois rencontres à disputer, toutes à domicile. Ce triptyque commence mercredi par la Coupe de la Ligue et se poursuivra par les deux dernières journées de Ligue 1 qui consacreront le champion d’automne. Peu importe ce titre symbolique. L’essentiel sera de rabattre le caquet, dimanche prochain, à l’éminence grise du football français, avant de songer, éventuellement, à un nouveau feu d’artifice, face à Caen, juste avant Noël.

Daghe Munegu.


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Bordeaux 0 - 4 Monaco
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