Jérémy Toulalan, du Rocher à la belle endormie

Ligue 1 - Anciens / 10/12/2016 - 09h43 / Par Geoffroy B.
  


Avec la paire Fabinho/Bakayoko indéboulonnable dans le milieu de terrain monégasque depuis le début de saison, on aurait presque oublié que l'AS Monaco a perdu l'été dernier son capitaine des deux dernières saisons : Jérémy Toulalan. Avant de le retrouver à 17h sous les couleurs des Girondins de Bordeaux, retour sur son passage à l'AS Monaco entre les étés 2013 et 2016.

2013/14 : des débuts en fanfare

Prenant part au recrutement XXL du club espagnol de Malaga en 2011, Jérémy Toulalan prend part également au mercato gargantuesque de l’AS Monaco à l'été 2013. De nombreux joueurs signent dès la remontée en Ligue 1 de l'AS Monaco, preuve de la volonté de son président Rybolovlev de revenir rapidement sur le devant de la scène. Falcao en tête de gondole, James Rodriguez, Moutinho, Carvalho, Abidal, Fabinho, Martial et Isimat-Mirin arrivent ainsi sur le Rocher. Sans être LA star du mercato, Toulalan reste une valeur sûre au milieu de terrain. Il disputera son premier match avec l’ASM, le 10 août 2013, contre... Bordeaux ! Voici comment le joueur se décrit simplement au micro du site officiel de l’ASM : « Je donne toujours le maximum, parfois cela ne marche pas, mais j’essaie, je ne lâche jamais ».

James Rodriguez, jeune prodige colombien, reste dithyrambique sur son coéquipier, en 2013 pour le journal L’Equipe : « Il est hyper important. Il court partout, il se bat sur tous les ballons ». Ranieri, l’entraîneur de l’époque, est littéralement fan de sa nouvelle recrue, d’après les mêmes sources : « Sans Toulalan, Monaco est une autre équipe. C’est le pilote. Il est indispensable. J’aime ce type de joueur, calme, réfléchi, qui récupère et tranquillise ses défenseurs quand il a le ballon ». L’actuel coach de Leicester, champion d’Angleterre en titre, avait même hésité à faire de lui son capitaine car il voulait un porteur de brassard de nationalité française, il choisira finalement Éric Abidal.

Plus régulier qu’un Moutinho, l’ancien joueur de Malaga retrouve une vieille connaissance dans le groupe Rouge & Blanc comme l’explique Danijel Subasic au micro du quotidien L’Equipe en 2016 : « Il y a 10 ans, j’ai joué un France-Croatie avec les Espoirs, à Pau. Dans le tunnel, je me retourne pour regarder les français et je vois un grand-père avec des cheveux blancs, c’était Toulalan ! Quand on s’est retrouvé ici, je n’ai pas oublié et lui non plus. Je l’aime beaucoup ». Ce n’est d’ailleurs pas le seul car le joueur dispose d’une belle côte de popularité auprès du public monégasque.

2014/15 : premières fausses notes

L’idylle avec Leonardo Jardim, le nouvel entraîneur de l’ASM après le limogeage de Claudio Ranieri, met nettement plus de temps à éclore. Auteur d’une présaison à l'été 2014 convaincante, Tiémoué Bakayoko dame le pion à Jérémy Toulalan dès la première journée de championnat.

Un peu plus tard dans la saison, lors de la défaite face à Nice 1-0, l’international français est remplacé à la 70ème minute. Celui-ci part sans se doucher, sans doute vexé par son remplacement. Au-delà de sa non-titularisation, le mal être est bien plus profond. Au cœur du problème, le système de jeu. L’avenir lui donnera raison car Leonardo Jardim se rendra rapidement à l’évidence que l’effectif dont il dispose ne peut lui permettre de mettre en application son ambitieux projet de jeu.

En façade, l’entente entre les deux hommes reste cordiale sans plus. Bénéficiant d’une excellente lecture du jeu, le milieu de terrain est d’ailleurs régulièrement capitaine du navire asémiste. Le coach portugais ne peut définitivement pas se passer d’une telle garantie dans l’entrejeu.

2015/16 : de la Mer Méditerranée à l’Océan Atlantique

L'aventure à Monaco de Toulalan s'essouffle lors de la saison 2015/16. Le poids des années se fait sentir et c'est tout le milieu de terrain monégasque qui semble beaucoup plus fragile (certes parfois peu aidé par ses coéquipiers). Sans égaler Abou Diaby lors de son passage à Arsenal, les pépins physiques ont régulièrement parsemé le chemin de la Toul. Le déclin du joueur dans le jeu monégasque est indéniable. Encore très bon récupérateur de ballons, il ralentit cependant inconsciemment le jeu asémiste et termine souvent les matchs en étant épuisé. Les signes qu'il est temps de passer de milieu récupérateur, un poste exigeant physiquement, à un poste plus adapté à son âge comme défenseur central ?

Toulalan songe à un départ de la Principauté pour se rapprocher de sa famille qui habite dans la région nantaise. Les choix sont alors restreints : les clubs bretons (Lorient, Guingamp, Rennes), Angers, Bordeaux ou, bien-sûr, Nantes. C'est chez les Girondins que le joueur va atterrir, libéré de sa dernière année de contrat par l'AS Monaco pour bons services rendus.

Dès son départ du Rocher, le joueur avoue sans fioriture dans le quotidien L’Equipe ne plus prendre de plaisir à Monaco, surtout pendant les entraînements : « Oui, je prenais un peu moins de plaisir à Monaco, mais je n’étais pas forcément dans la même philosophie. Je voulais retrouver quelque chose que j’ai connu par le passé, avec un fonctionnement de travail qui me correspond plus. Des choses bêtes mais comme dans le travail physique par exemple, comme effectuer des courses. Ce n’est pas ce qu’on préfère quand on est joueur et qu’on aime le ballon, mais c’est important d’avoir ça en avant saison ». Comme il sait si bien le faire sur et en dehors du terrain, c’est avec un tacle à peine dissimulé à l’encontre du staff du Rocher qu’il s’en va de la Principauté. Jardim, rapidement interrogé à ce sujet, préfère botter en touche.

A Bordeaux, aux côtés d’anciens de la maison rouge et blanche – Ménez, Maurice-Belay et Plasil –  le nouveau numéro 14 bordelais a pris part à 10 matchs de championnat avec les Girondins en évoluant soit milieu de terrain, soit défenseur central, en étant éloigné des terrains en septembre en raison d'une blessure à une cuisse. Point noir pour le joueur, son rendement est en-dessous des attentes chez les supporters bordelais. Ralentissement du jeu, émoussé physiquement, des signes déjà entrevus à Monaco. Preuve que l'AS Monaco a mis fin au bon moment à l'aventure de Toulalan sous le maillot asémiste.

Jérémy Toulalan aura disputé 113 matchs sous le maillot monégasque : 35 matches lors de la saison 2013/14, 42 en 2014/15 et 36 en 2015/16, avec un seul but inscrit le 21 février 2014, lors d'une victoire 3-2 à domicile contre le Stade de Reims. On retiendra du joueur son professionnalisme, sa combativité dans l'entrejeu asémiste et sa grande capacité à récupérer des ballons.


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