Un petit coup de moins bien

Temps additionnel / 30/11/2016 - 14h25 / Par Norbert Siri
  


Depuis le début de la saison, l’AS Monaco enfile les buts et collectionne les cartons, pour notre plus grand plaisir. Elle s’attire également les éloges de tous les médias réunis, ce qui n’est pas le moindre de ses mérites. Revers de la médaille : le rythme effréné des rencontres, vingt-quatre en quatre mois. Et comme la plupart de nos footballeurs sont aussi concernés par leurs sélections nationales, le nombre de matchs disputés par nos joueurs atteint un total impressionnant, qui oblige Leonardo Jardim à une gestion délicate de son effectif. Ainsi, mardi soir, à Dijon, que l’ASM affrontait pour la première fois en Ligue 1, a-t-il procédé à un roulement, qui permettait notamment à Joao Moutinho de retrouver une place de titulaire et au duo Valère Germain-Guido Carrillo d’être aligné en pointe, sous les yeux de 349 supporters monégasques qui avaient fait le déplacement au stade Gaston-Gérard.

Nos Monégasques ont tranquillement abordé la partie. Ils observaient leurs adversaires, qui leur témoignaient le respect dû à leur rang de meilleure attaque d’Europe. Après avoir résisté un quart d’heure, les Dijonnais s’inclinaient sur la première occasion asémiste. Une mauvaise relance plaçait sur orbite Djibril Sidibé qui ajustait un tir mal maîtrisé par le gardien adverse. En embuscade, Guido Carrillo (Photo : J-P Kieffer) profitait de cette faute de main providentielle. L’ASM était bien partie pour appliquer le tarif ! Comme les Bourguignons semblaient incapables de la moindre initiative, nos favoris contrôlaient le match sans forcer, jusqu’aux ultimes minutes de la première période, où les Dijonnais sortaient enfin de leur réserve pour venir inquiéter Danijel Subasic. Sans mal, mais sous leurs velléités perçait un état d’esprit qui risquait de poser problème à notre équipe en seconde mi-temps, surtout si elle refusait le jeu et acceptait de courber l’échine.

Manifestement émoussés, peut-être aussi gênés par le turnover imposé par leur entraîneur, les Monégasques se contentaient de gérer leur avance, sans chercher à doubler la mise, incapables qu’ils étaient d’accélérer et de porter le danger dans le camp adverse. Au contraire, les locaux s’enhardissaient et commençaient à croire en leurs chances. Ce n’est pas qu’ils étaient techniquement supérieurs, mais ils parvenaient à malmener nos favoris dès qu’ils s’en donnaient la peine. Malgré les erreurs et les approximations inhabituelles dont ils se rendaient fautifs, les Monégasques paraissaient sûrs de leur fait. Le hic, c’est qu’ils n’arrivaient pas à se procurer l’occasion de se mettre à l’abri. L’attaque virevoltante qui nous enchante depuis cet été était désespérément en panne. Et ce qui devait arriver arriva inéluctablement. A force de subir, l’ASM concédait l’égalisation à quelques instants de la fin, égalisation par ailleurs tout à fait logique.

La belle série de cinq succès consécutifs remportés par notre club en novembre s’achève donc dans la nuit glacée de Dijon. Rien de grave, bien entendu, puisqu’il n’a pas perdu, mais, quand on est Monaco, qu’on dispose d’une attaque de feu, un nul face à un promu, courageux mais limité, fait un peu désordre et pourrait coûter cher en fin de saison. Il n’est pas question d’incriminer nos joueurs : ils ont fait ce qu’ils ont pu en fonction de leur forme physique actuelle. De telles contre-performances interviennent inévitablement dans le cours d’une saison, y compris chez les plus grands. L’essentiel est que l’AS Monaco réagisse sans tarder à ce petit coup de mou, qui restera sans conséquence si le mois de décembre se révèle victorieux. Samedi soir, le SC Bastia se présentera sur la pelouse du stade Louis-II, auréolé de son excellent match nul réalisé à Nice. Méfiance et concentration seront de rigueur pour repartir de l’avant.

Daghe Munegu.


 
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