Le patron, c'est Monaco !

Temps additionnel / 27/11/2016 - 17h43 / Par Norbert Siri
  


En règle générale, il est difficile de concilier week-end et milieu de semaine. Je m’explique. Quand une équipe est engagée dans une compétition européenne, qui plus est, en Ligue des champions, particulièrement relevée et exigeante, il lui est souvent malaisé d’assurer juste après dans son championnat national, lorsque le calendrier lui impose un match dont l’imminence interdit à ses guerriers le repos que mérite leur débauche d’énergie. A Monaco, cette saison, les footballeurs semblent négliger ce genre de considération. Victoire sur le PSG après la qualification face à Villarreal, victoire sur Rennes après le succès de Wembley, carton à Metz après le nul concédé à Leverkusen, cartons aux dépens de Montpellier et de Nancy après les deux rencontres contre Moscou : la liste est longue des performances de nos joueurs au lendemain des joutes européennes. Seraient-ils capables d’y ajouter une ligne nouvelle, quatre jours après avoir marché sur Tottenham, en recevant l’éternel rival marseillais ?

Nous avons Bernardo, ils ont le sergent Garcia, mais seul Zorro est capable aujourd’hui de sauver les Phocéens. Samedi, après un quart de match, au cours duquel ils ont laissé leurs adversaires tenter de faire illusion, les Asémistes ont passé la vitesse supérieure quand ils l’ont décidé, sans forcer leur talent, pour faire ce qu’ils font de mieux actuellement : marquer. Au moment où Gabriel Boschilia s’est saisi du ballon pour tirer le coup franc plein axe que venait de lui accorder l’arbitre pour une faute d’Alessandrini, les supporters monégasques ont retenu leur souffle parce qu’ils savent ce dont il est capable sur ce genre d’exercice. Bien vu : le Brésilien ouvrait le score d’une frappe brossée du gauche dans la lunette. Le début de la fin pour l’OM.

Nous avons Bernardo, mais nous avons aussi Valère (Photo : J-P Kieffer), qui apprécie d’affronter le club de sa ville natale, devant lequel il reste rarement muet. Il l’a encore prouvé en cette belle fin d’après-mdi, en une petite dizaine de minutes. A la demi-heure de jeu, il reprenait de la tête un délicieux extérieur du gauche de Bernardo Silva qui venait d’enfumer le pauvre Alessandrini dans son couloir, puis il enroulait un tir du droit qui finissait sa course au ras du second poteau du gardien phocéen, suite à un centre de la droite de Djibril Sidibé, prolongé par Radamel Falcao. Trois occasions, trois tirs cadrés, trois buts, dont un doublé pour notre Valère. L’AS Monaco avait encore frappé, en appliquant son tarif habituel à de bien faibles et lacunaires Marseillais.

Nous avons Bernardo et Valère, nous avons Gabriel, bien entendu, mais nous avons aussi Benjamin, Thomas, Kylian, Nabil, Joao, Guido qui piaffent tour à tour sur le banc… Et nous avons surtout de la jugeote. En seconde mi-temps, comme la cause était entendue, nos favoris ont fait tourner le ballon paisiblement, afin de ménager leurs forces à la veille d’un mois de décembre copieux. A la jouer un peu trop facile, ils ont même offert aux Marseillais la possibilité de réduire la marque à un quart d’heure de la fin, mais Danijel Subasic s’interposait brillamment et c’est encore les Rouge et Blanc qui ont eu le dernier mot dans le temps additionnel, grâce à Guido Carrillo qui prolongeait de la tête un lob de Valère Germain ralenti par Yohann Pelé.

Pelé n’est pas Lloris, qui avait évité un naufrage à son club de Tottenham dans le courant de la semaine : 4 à 0, c’est un moindre mal, tant les Monégasques ont été intouchables et les Marseillais, d’une faiblesse presque caricaturale. Ces derniers auraient pu repartir de la Principauté avec une valise. Ils ont eu la chance de tomber sur un adversaire qui a préféré se préserver plutôt que de chercher à saler l’addition, déjà bien corsée pour un tel derby. Une nouvelle fois, la Ligue des champions n’a pas eu d’incidence négative sur la performance de notre équipe. Mais la nette victoire sur l’OM est à peine savourée, qu’il convient déjà de se concentrer sur le match suivant, mardi, à Dijon. Il faut se méfier de ces rencontres qui paraissent plus abordables que les autres. Elles constituent des traquenards que doit savoir déjouer un prétendant au titre. Parce que, maintenant, l’ASM ne peut plus se cacher : elle vise sa 8ème couronne !

Daghe Munegu.


 
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