Silva : « Je viens de passer deux années et demi fantastiques »

Joueurs / 22/11/2016 - 07h58 / Par Florian R.
  


Très largement interviewé sur le début de son parcours professionnel par L'Équipe, Bernardo Silva s’est livré sur sa formation puis son départ du Benfica Lisbonne, son équipe de toujours. Il s'est également remémoré son arrivée à Monaco en août 2014. Morceaux choisis.

Tout d'abord questionné sur son début de saison et sur le match « très important pour nous » à venir contre Tottenham, ce soir à 20h45, Silva se souvient de son but au match aller : « On jouait à Wembley, j'ai réussi à marquer un but qui était peut-être le plus important de ma carrière, dans un stade mythique ». A ce moment, il se souvient s'être rappelé des « moments de joie » mais aussi avoir des « moments moins faciles, donc à l'Euro. Ne pas pouvoir le disputer avec le Portugal m'a vraiment déçu ».

Blessé à une cuisse, il n'a pas pu participer à la campagne européenne victorieuse des Portugais en France, avec Carvalho et Moutinho cet été : « Dans ma tête, c'était du 50-50. Je ne savais pas où j'en étais exactement. [...] J'ai quand même regardé l'annonce de la liste à la télévision. Et quand j'ai vu que je n'étais pas dans les 23, j'étais vraiment déçu. Mais, très vite, je me suis dit que je devais me reposer, qu'il y avait une nouvelle grande saison à préparer ». Néanmoins, avec le succès final de son pays, il a vécu « un grand moment de joie » et s'estime « Champion d'Europe, comme tous les Portugais ».

Sa période de formation au Benfica Lisbonne, le club de sa vie

Ensuite interrogé sur le Benfica, lui le vrai benfiquiste, son « seul club avant d'arriver à Monaco » où il a joué de 7 à 19 ans, le natif de Lisbonne confie avoir rapidement senti que les Aigles ne lui feraient pas confiance au haut niveau : « Au début de la saison 2014-2015, j'ai fait trois matches avec Benfica en présaison, mais à chaque fois des entrées de cinq minutes. Je m'entraînais enfin avec le groupe pro, mais comme latéral gauche. Alors j'ai compris que je n'avais pas d'avenir dans ce groupe. J'ai dit à mon agent (Jorge Mendes, ndlr) que je voulais partir. Une fois la décision prise, on a reçu la proposition de Monaco et je n'ai pas regardé deux fois. C'était la meilleure solution ».

S'étant toujours exprimé en qualité de « milieu offensif ou ailier droit » lors de sa formation, il n'a donc pas eu droit à la confiance qu'il aurait pu mériter dans la plus grande ville du Portugal : « C'était la première fois que je m'entraînais aussi souvent comme arrière gauche. C'était ma première présaison avec Benfica et, quand vous jouez à une place qui n'est pas la vôtre, ça complique tout. Jorge Jésus (entraîneur du Benfica à l'époque, ndlr), m'a répondu qu'il y avait beaucoup de joueurs à mon poste, qu'ils étaient tous devant moi dans la hiérarchie, et qu'il pensait que j'avais peu de chances de jouer. Alors je suis retourné en équipe B. Une semaine après j'étais à Monaco ».

Nommé "Révélation de la saison" à l'issue de la saison 2013/2014 avec la réserve du SLB, Silva avait pourtant « très peu joué » de 14 à 17 ans, âge où il est « redevenu titulaire ». « A cette période, le physique compte beaucoup, et j'étais vraiment très petit. Certains joueurs, au niveau physique, faisaient vraiment la différence par rapport à moi » se souvient-il. Parmi ceux qui lui étaient préférés, un certain Rony Lopes : « Rony jouait à la même place que moi, Diego Lopes, aussi (un Brésilien qui joue actuellement à l'América Mineiro, actuel dernier du championnat brésilien, ndlr). Ils étaient au-dessus de moi ». Cependant, il n'a pas lâché même s'il avoue que dans des moments comme ça, « on se pose beaucoup de questions. Mais j'y croyais, j'ai continué à beaucoup travailler », complète-t-il.

Il a aussi pu compter sur Fernando Chalana, légende du football portugais et qui a joué un vrai rôle de mentor durant sa formation lisboète : « Chalana a été mon entraîneur lors de ma phase la plus difficile, il m'a convaincu que je pouvais m'en sortir. Je lui dois beaucoup. Quand un des principaux acteurs de l'histoire du foot portugais croit en toi, ça donne beaucoup de force et l'envie de s'entraîner encore plus dur ». Dès lors, pour combattre des "lacunes" physiques, il y a une astuce selon lui : « Le secret, c'est de savoir se servir de sa tête, être le plus intelligent possible dans sa manière de jouer. Quand tu es moins fort physiquement que les autres, si tu es rapide dans la prise de décision, tu t'en sors ».

Monaco : entre progression et ambition

Alors débarqué en Principauté sans avoir pu faire son trou dans la capitale portugaise, B.Silva se souvient avoir rejoint un club qui venait « d'investir beaucoup d'argent pour recruter Falcao, Moutinho, James, Ricardo Carvalho, qui avait disputé la finale de la Ligue des champions 2004, contre Porto. Monaco avait une histoire, des références. Et un bon projet, surtout ». A ce moment-là, Leonardo Jardim venait également de poser ses valises sur le Rocher. Bernardo se rappelle ce que son compatriote lui a dit au moment de sa signature : « Il attendait de moi que je travaille bien, que j'aurais ma chance et qu'il faudrait que je la saisisse ».

Preuve de cette réussite sous le maillot monégasque, l'ASM a rapidement déboursé 15,75M€ pour le conserver puis lui a offert une prolongation de contrat jusqu'en juin 2020, probablement couplée à une belle revalorisation salariale. Lui qui a acquis un statut de titulaire indiscutable, dans le onze asémiste, compte déjà plus de 100 rencontre officielles sous le maillot princier. Il ne s'agît pas d'une fin en soi : « Je viens de passer deux années et demi fantastiques, et j'espère pouvoir en dire autant dans deux ans et demi. Je veux gagner beaucoup de titres, en club et en équipe nationale, jouer dans différents Championnats, découvrir différentes cultures. Et pourquoi pas, en fin de carrière, gagner quelque chose avec Benfica ». Conscient qu'il doit encore « progresser tactiquement et sur certains détails techniques » mais aussi « physiquement » en gagnant en « explosivité », considère « pouvoir être le plus utile à l'équipe » dans un rôle de « second attaquant ».

« Très content que nos attaquants marquent beaucoup » à Monaco, Silva « n'aime pas trop qu'on s'arrête toujours aux statistiques. Mais c'est évident que, si je le peux, je vais essayer de faire mieux que lors de la première saison. J'en ai mis neuf la première saison, sept la suivante, j'aimerais battre mon record, et mettre au moins dix buts (cette saison, ndlr) ». Cependant, il n'oublie pas que marquer est « encore plus important pour les avants-centres, qui ont besoin de confiance. Je suis super content de voir Falcao au sommet de nouveau, après toutes ses blessures ». Pour lui, l'attaquant colombien « est dans une bonne période, Valère Germain aussi, Guido Carrillo également et vous avez vu Thomas Lemar ? C'est parfait pour l'équipe d'avoir autant de joueurs capables de marquer autant de buts ». Dans cette ASM « très bien organisée » qui « a une idée de jeu plus affirmée » tout en étant « plus compacte aussi », "Messizinho" constate que l'AS Monaco a « tout pour réussir une grande saison ».

Pour complément d'information, nous vous invitons à lire le portraît de Bernardo Silva, publié sur Planete-ASM après son arrivée en aôut 2014 : Bernardo Silva, l'aigle veut prendre son envol


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