Valère Germain : « Je me vois bien rester plusieurs années »

Joueurs prêtés / 18/12/2015 - 12h58 / Par Samuel R.
  


« Reviens Valère, on n'a plus les mêmes à la maison ! » écrivait Norbert Siri dans nos colonnes au début du mois d'octobre. A M. Siri comme à tant d'autres supporters du club de la Principauté, Valère Germain manque terriblement. Après quatre années de bons et loyaux services, l'attaquant a quitté cet été son club formateur, l'ASM, à cause d'un temps de jeu devenu famélique. Il a été prêté à l'OGC Nice, dont il fait aujourd'hui le bonheur - il a déjà inscrit 7 buts en Ligue 1. A L'Equipe, il a parlé de son expérience niçoise, de son passé monégasque et son avenir incertain.

Votre situation était devenue intenable à Monaco au printemps dernier ?
Jusqu'à janvier, je jouais plus ou moins. Et puis, après la demi-finale perdue contre Bastia (le 4 février), plus rien. J'ignore pourquoi. De nouveaux joueurs sont arrivés et m'ont été préféré sans explication. J'ai respecté ce choix sans comprendre. D'autres joueurs ne comprenaient pas plus et me soutenaient. Surtout, j'ai vécu les deux matchs contre Arsenal en tribune. Je ne demandais pas forcément à les jouer, mais au moins à être sur le banc avec le groupe. J'aurais ressenti la joie et l'excitation que je n'ai pas forcément ressenties du coup. A partir de février, je partais au vert pour jouer, quoi, trois ou quatre minutes. Je ne servais à rien.

Quand avez-vous décidé d'arrêter les frais ?
A la trêve. J'ai discuté avec plein d'anciens Monégasques. Ils m'ont dit que la vie pouvait être belle ailleurs qu'à Monaco et que c'était bon de jouer tous les matchs. J'aurais déjà pu quitter Monaco en janvier 2014, mais, finalement, Ranieri m'avait relancé après la blessure de Falcao. J'avais fait six mois super et j'avais voulu enchaîner avec la Ligue des Champions. Pour moi qui avais connu la 20ème place en Ligue 2, c'était énorme. J'ai continué jusqu'à la limite à Monaco, mais là je ne pouvais plus. C'était bien beau d'être à la maison, dans mon club de coeur, mais je ressentais trop l'envie de m'éclater avec un groupe. Dès que je suis arrivé à Nice, j'ai senti ça. 

Avez-vous votre responsabilité dans cet échec monégasque ?
Je n'ai peut-être pas été assez décisif. J'avais moins le droit à l'erreur qu'un Berbatov, par exemple. C'est ça, les grands clubs. L'équipe ne tournait pas bien avec moi au début, le coach a fait des changements. J'ai tout donné mais ça n'a pas suffi. Je me comporte bien, je ne gueule pas après l'injustice, c'est peut-être plus facile de me sortir. Et puis, on m'a fait évoluer couloir droit ou couloir gauche, où je n'avais plus joué depuis mes quatorze ans. Tout ça m'a forgé le caractère.

Avez-vous déjà réfléchi à ce que vous ferez en fin de saison ?
J'y ai pensé l'autre jour, et je me suis dit que ce sera compliqué. Je me sens bien ici. Si le groupe reste le même, je me vois bien rester plusieurs années. Il faut vivre avec ces mecs pour comprendre à quel point ils sont attachants. Je ne pensais jamais rencontrer autant de bons mecs, staff compris. Rejouer et marquer à nouveau, j'y pensais en arrivant, mais être aussi épanoui dans une vie de groupe, je n'imagnais pas. Je me vois mal partir au bout d'un an, laisser toute cette amitié. Mais bon, c'était difficile de quitter Monaco, et, aujourd'hui, je ne regrette pas...

L'Équipe

 
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