Ferreira-Carrasco, talent à confirmer

Joueurs / 23/01/2013 - 21h17 / Par Thomas B.
  


Issu du Centre de Formation, Yannick Ferreira-Carrasco fait partie des joueurs auxquels Claudio Ranieri a décidé de faire confiance cette saison. Désormais pleinement intégré au sein du groupe professionnel et titulaire à part entière de l'ASM, le jeune Belge n'a pas mis longtemps à donner satisfaction aux dirigeants monégasques qui ont récemment décidé de prolonger son contrat jusqu'en juin 2015.

Pour revenir sur les pas du Belge, il ne faut pas se rendre à Ixelles, sa ville natale, mais faire quelques kilomètres vers le nord et s'arrêter à Evere. Là, se trouve le Stade Everois, au sein duquel Ferreira-Carrasco fait ses gammes dès l'âge de 6 ans et ce durant deux années. C'est un club belge de Division 3 qui l'accueille ensuite : le Koninklijk Diegem Sport.

Genk, l'éloignement et l'intérêt de l'AS Monaco

L'un des tournants de sa carrière est sans nul doute son arrivée au Koninklijke Racing Club Genk dès l'âge de 11 ans. Sur le plan sportif, certes, mais c'est aussi grâce à ce passage du côté de Genk que Yannick Ferreira-Carrasco s'endurcit en acquérant une maturité que bon nombre d'observateurs lui reconnaissent dorénavant. En effet, il est placé dans une famille d'accueil et se retrouve ainsi éloigné de sa famille pour ne la revoir que l'espace d'une journée, du samedi au dimanche. Ferreira-Carrasco est donc un modèle de précocité et fait preuve d'une adaptabilité rare pour un enfant de son âge. En parallèle, il ajoute à son bilan 2010 pas moins de 9 sélections avec les U18 Belges.

Ceci ne manque pas de susciter l'appétence de la direction asémiste qui suivait son évolution par le biais de son ancien recruteur Stéphane Pauwels et ce dès l'année 2009. Mis au courant de l'intérêt de l'AS Monaco, c'est presque naturellement que son entourage le pousse à rallier la Principauté le 26 juin 2010, à l'aube de ses 16 ans. « Il avait tellement la passion », se souvient sa mère. D'ailleurs, c'est lui-même qui a décidé de rejoindre les Rouge et Blanc.

Sa nouvelle vie à Monaco

C'est ainsi que débute l'aventure monégasque du Belge. Nouvelle preuve de sa faculté d'adaptation, dès sa première saison avec les U19, Ferreira-Carrasco remporte la Coupe Gambardella 2011 en compagnie de joueurs tels que Kurzawa, Eysseric, Appiah ou encore Makengo. Ce trophée, Ferreira-Carrasco avouera par la suite que « mentalement ça (lui) a fait du bien » puisque c'est réellement à partir de ce moment qu'il a « commencé à bosser ». Et le travail porte ses fruits. Même s'il ne fait pas partie du groupe professionnel version 2011-2012, Marco Simone confirmera par la suite avoir voulu le sélectionner mais qu'il n'avait pas pu en raison d'une blessure du joueur. Il totalise 21 matches de CFA et inscrit 7 buts. De quoi attirer l'attention du nouvel entraîneur monégasque Claudio Ranieri, qui décide de le titulariser lors du premier match amical face au Wacker Innsbruck (3-0) et durant lequel il inscrit son premier but avec l'ASM. Par la suite, il prend part aux deux matches amicaux face au Dynamo Kiev (1-0) et Newcastle (0-1).

En championnat, son début de saison est tonitruant avec l'AS Monaco. Lors de son premier match en compétition officielle, il participe à la large victoire monégasque face à Tours (4-0) lors de la 1ère journée de Ligue 2 en inscrivant un sublime coup franc en pleine lucarne, en plus de délivrer une passe décisive. Le Belge débute ainsi sa saison sous les meilleurs auspices. Une ascension fulgurante puisque, depuis, le joueur en est à quatre réalisations en championnat, en plus d'avoir délivré trois passes décisives et ce en 15 matches de Ligue 2. Pourtant, il n'a pu empêcher l'élimination des siens en Coupe de la Ligue malgré deux penaltys inscrits en deux matches.

À en croire les chiffres, Yannick Ferreira-Carrasco serait un buteur. Pour autant, « le collectif avant tout » pourrait être sa devise tant l'esprit d'équipe semble primordial pour lui, selon les dires de son entraîneur : « Il a envie d'apprendre et surtout joue pour l'équipe ». Cependant, selon Frédéric Barilaro, le Directeur du Centre de Formation, le Belge doit améliorer fluidité, précision et finition dans la conduite de balle mais aussi le travail après la perte du ballon. Il peut tout de même s'appuyer sur sa rapidité, sa technique et sa faculté à provoquer balle aux pieds qui en ont déjà laissé pantois plus d'un. Des qualités récompensées par Johan Walem qui l'a appelé à deux reprises avec l'Equipe de Belgique espoirs.

Des débuts à confirmer

Ainsi, depuis ses débuts en Belgique, le jeune joueur a gravi les échelons un à un, en ne se refusant aucun rêve, pas même celui de voir prolonger son contrat de deux saisons supplémentaires en octobre dernier. Au sein d'un groupe élargi, Ferreira-Carrasco trouve progressivement ses marques jusqu'à s'imposer dans le onze de l'entraîneur Italien au milieu d'une concurrence renomée : Dirar, Bajrami, Ocampos, Salli ou Dingomé

Avec 4 buts et 4 passes décisives, le Belge sait se faire remarquer en dynamisant les couloirs et provoquant balle au pied. S'il pêche encore lors de certains choix en contre-attaque, « YFC » reste un profil indispensable à Monaco dont le jeu repose sur le débordement des ailiers et les appels excentrés des attaquants. Seul Ocampos, encore discret, pourrait techniquement le concurrencer. Pour l'ASM, l'enjeu est désormais de faire grandir au bon rythme sa pépite : une explosion précoce répéterait les cas Mollo ou Eysseric, ou risquerait d'attiser les grands clubs et de casser sa croissance. 

Claudio Ranieri est également un énorme atout pour le Belge qui voudra marcher sur les traces de Batistuta, Rossi ou Menez, tous révélés par l'Italien. A Monaco, l'avenir est un mot qui a repris une signification forte depuis un an et l'exploit de la jeunesse, menée par Yannick Ferreira-Carrasco, en est l'emblème.