Le retour des bagnards

Un homme dans le match / 11/05/2014 - 21h32 / Par Cédric L.
  


Lors de l’annonce par le speaker valenciennois du onze titulaire de l’ASM, on avait l’impression d’être revenu 12 mois en arrière, lorsque le club évoluait un étage plus bas. Un petit choc pour nous désormais habitués à voir les poids lourds de l’effectif reléguer les petits poucets qui ont officié en Ligue 2. Mais à force de déguster du caviar, on finit par oublier le goût du bon pâté de campagne, dont la saveur rustique fait parfois tant de bien. Avec 5 joueurs ayant participé à la remontée du club la saison dernière - qui retrouvaient Kagelmacher et Medjani cette année dans le camps d’en face - Claudio Ranieri a a donné un second souffle à son groupe désormais dépourvu d'enjeu majeur. Certes sans briller outre mesure, ces laissés pour compte nous ont rappelés à leur bon souvenir et ramènent une victoire du Nord, qui tempère leur saison passée dans l'ombre.

Un homme dans le match : Dirar, Germain et YFC

On avait presque oublié ces trois joueurs-là. J’ai bien dit presque, car chacun à son tour, à différents moments de la saison, a plus ou moins flambé avant d’être envoyé au bagne par le Mister geôlier. Les uns en sont ressortis renforcés, les autres sont encore en liberté conditionnelle. Contre Valenciennes, face à une équipe mentalement fragilisée par l'officialisation de sa relégation, ce trio offensif s’est rappelé les folles soirées du vendredi soir. Avec un but pour celui qui était déjà capitaine, Valère Germain, une partition très énergique, ponctuée par une passe décisive sur un rush solitaire dans l’axe du terrain (YFC, 40e) et une seconde réalisation de Dirar d'une sublime frappe enroulée en lucarne aux 20 mètres, ces trois-là se sont peut-être montrés au bon moment en cette fin de saison, à l'heure où la direction commence à réfléchir sur les contours de l’effectif qui jouera la Champion’s League la saison prochaine.

Ont-ils gagné des points ? Sur ce match oui. Ont-ils encore leur avenir au sein du club ? Plus difficile à dire. Mais des déductions plausibles sont possibles. Pour Valère Germain, son avenir semble s’inscrire avec l’ASM, après avoir frôlé le départ précipité en début de saison puis à l'hiver. Sa générosité sur le terrain, sa hargne et ses valeurs lui permettent d’espérer de figurer comme un bon concurrent pour les attaquants, lui qui tire l'équipe depuis deux ans dans les vestiaires. Pour Nabil Dirar, le choix tactique de jouer avec des ailiers comptera beaucoup, d'autant que si Ranieri lui a réitéré sa confiance, d'autres n'auront pas la même indulgence au regard du retour sur investissement qu'il représente. Quant à YFC, ses chances sont plus délicates. En fin de contrat en 2015, alors que les négociations due prolongation sont au point mort depuis décembre, le club pourrait tirer une valeur marchande d'un joueur dont on avaient de grosses attentes et qui déçoit malgré un bon début en Ligue 1. Mais s'il n'influence plus autant le jeu, il reste un jeune ailier à fort potentiel sur qui le club peut encore s'appuyer à condition peut-être qu'il revoie sa mentalité face à la concurrence.

Les autres prestations : Un turnover presque réussi

Sergio Romero : son échauffement d’avant match a dû être efficace puisqu’il a eu un arrêt déterminant à faire à peine la première minute de jeu écoulée. Par la suite, il a passé une rencontre assez tranquille, n’ayant que des petits arrêts à effectuer (29e, 58e). Mais il a aussi eu la chance de son côté en voyant Warris rater le cadre alors qu’il était seul face à lui (82e). Par contre, il ne peut rien sur l’égalisation de Doumbia (70e), qui me mystifia un centre à ras de terre qui a pris toute la défense à contre-pied.

Andrea Raggi : le pirate couteau-suisse de l’effectif a, une nouvelle fois, fait preuve de caractère et de générosité dans l’effort. Sûr de lui dans les duels ainsi que dans le placement, il fut bien aidé par le remplacement défensif de Dirar qui jouait devant lui.

Ricardo Carvalho : personne, ou presque, pensait que le vétéran portugais pourrait finir la saison comme il l’avait commencé : tambour battant. Et pourtant, après avoir passé deux ans sur le banc de touche du Real Madrid, l’ancien Portista démontre qu’à 36 ans, il en a toujours sous le crampon.

Aymen Abdennour : tout comme face à Guingamp, l’ancien Toulousain a été le maître dans les airs, faisant jouer des coudes pour prendre le dessus sur les attaquants nordistes, parfois à la limite. Début de match cependant délicat.

Elderson Echiejile : plus en vue que lors de la dernière rencontre (pas vraiment difficile), il a fait preuve d’un bon placement défensif et a combiné sur son côté gauche. Cela semble bien plus facile pour lui avec un ailier devant. Un bon match dans l’ensemble de la part du Nigérian.

Jessy Pi : pour sa première titularisation en Ligue 1 de sa carrière, le jeune milieu défensif n’aura pas réussi à faire oublier Jérémy Toulalan. Toutefois, il a fait preuve d’une bonne qualité technique ballon au pied et d’une vision de jeu agréable. Mais pour un poste aussi rugueux, il manque de physique. Remplacé par Joao Moutinho (81e), RAS pour le Portugais.

Mounir Obbadi : Il a été le moins performant des cinq joueurs alignés d’entrée par Claudio Ranieri à avoir participé à la remontée du club la saison dernière. Moins tranchant, moins efficace et plus discret, il a fait une rencontre discrète, comme celle de toute l’équipe. Aurait pu offrir le but de la victoire aux Valenciennois (1-1 à ce moment du match), sur une passe en retrait totalement ratée que Warris, seul face à Romero, envoya dans les tribunes (82e).

Anthony Martial : Son talent saute tellement aux yeux tant il sait être facile lorsqu’il dispose du ballon. Mais il est capable de dribbles endiablés comme de perdre bêtement le cuir. Manque encore d'expérience avant d'être redoutable. Très (trop ?) vite à court physiquement, il fut remplacé par Rivière (62e), qui a multiplié les appels et a bien combattu, comme à son habitude.

Planete-ASM

 
Infinity Chat :
Dernier message il y a 1 an