Monaco, Saint Germain !

Un homme dans le match / 27/01/2014 - 14h42 / Par Cédric L.
  


C’est sous les yeux de Radamel Falcao, qui regardait le match depuis son lit d’hôpital à Porto, que les Monégasques se sont imposés face à Marseille hier soir dans leur antre du Louis-II (2-0). Amputés de leur Tigre, out pour toute la saison, les joueurs asémistes n’ont pas flanché et ont fait le boulot afin de prendre les trois points face à un OM assurément en crise. Comme quoi, même sans son attaquant colombien, l’ASM reste une équipe dangereuse et capable de gagner contre n’importe quel adversaire, aussi prestigieux soit-il. Voilà une belle manière de rendre hommage au goléador sud-américain. Et pourtant, on ne donnait guère de chance au duo Germain-Rivière au moment du coup d’envoi. Pas assez « Ligue 1 » pour l’un, pas assez technique pour l’autre. Face à un OM revanchard qui voulait à tout prix ramener au minimum le point du match nul de la Principauté, le tandem d’attaque aligné par Claudio Ranieri semblait ne pas assez performant. Mais c’est bel et bien grâce à eux que l’ASM a empoché les trois points de la victoire, décrochant au passage le LOSC au classement (7 points d’avance) et recollant à trois points du PSG, avant le choc au sommet du dimanche 9 février entre les deux clubs.

Cette victoire met en avant plusieurs constats. Tout d’abord, c’est la cinquième victoire en cinq matchs sans Falcao en championnat, après les quatre victoires consécutives empilées en fin d’année dernière. Ensuite, que, sur le court terme, l’ASM peut compter sur sa doublette d’attaquants, en plus de Martial, pour enfiler les buts et assurer l’intérim en l’absence du Tigre en convalescence. Enfin, que le système en losange convient parfaitement aux joueurs de Claudio Ranieri. Car dans cette guerre de losanges au milieu de terrain hier soir entre les Asémistes et les Olympiens, c’est bel et bien le milieu rouge et blanc qui a asphyxié le quatuor adverse. Pressing intense, récupération haute du cuir, passes précises et rapides, redoublement et justesse, voilà la recette du succès. Pourvu que ça dure !

Un homme dans le match : Valère Germain

Il était destiné à lustrer le banc de touche, à voir ses coéquipiers cumuler les victoires depuis sa tribune, à côté des loges VIP où le champagne coule à flot, ou encore à finir la saison en prêt dans un autre club de l’Hexagone. Mais en l’espace de quelques jours, il est passé de ce statut ingrat, presque de pestiféré, à celui de quasi sauveur de tout un peuple rouge et blanc. C’est que ce costume, déjà endossé en Ligue 2 la saison passée, était resté rangé bien au fond de son vestiaire depuis tout ce temps. Mais à cause de la blessure de l’attaquant star monégasque, voici donc le soldat Germain de retour au service, prêt à en découdre sur les terrains de Ligue 1 comme un mort de faim. Hier soir, on a retrouvé l’attaquant généreux et combatif qui faisait merveille en Ligue 2 (14 buts en championnat) et qui régalait les supporters rouges et blancs. Face à l’OM, le fils de Bruno Germain, ancien joueur olympien en son temps, a marqué le premier but en Ligue 1 de sa carrière contre l’équipe de sa ville natale. Tout un symbole pour un retour. Généreux dans l’effort, dans le pressing, étant le premier défenseur de l’équipe, il s’est créé presque à lui tout seul son occasion de but, filant entre les pattes d’un Diawara dépassé et enroulant sa frappe dans le petit filet de Mandanda (41ème). Une délivrance pour lui et le début du calvaire pour les protégés de la « Bonne Mère ». Car même s’il a baissé le pied en seconde période, certainement pas encore au point physiquement, il a continué à exercer un gros pressing sur les défenseurs adverses et contribué à la construction des phases offensives. Un retour en grâce pour l’ancien pensionnaire du centre de formation, qui a validé son ticket pour rester au sein du collectif monégasque pour le reste de la saion. Remplacé par Lucas Ocampos (75ème).

Les autres prestations

Danijel Subasic : Il a fait les arrêts qu’il fallait faire, surtout devant Gignac (58ème et 73ème). Toujours aussi serein et imperturbable. Le reste du temps ? Il l’a passé à jouer sur Candy Crush Saga sur Facebook (18 niveaux passés selon nos sources).

Andrea Raggi : C’est lui qui allumé la première mèche du match en centrant à ras de terre pour Rivière (1ère). Puis il s’est essayé à la frappe du pied gauche sans grande réussite (17ème). Il a gagné son duel à distance contre le jeune Mendy et a assuré ses arrières. Contrairement à ses précedents matchs, il a bien pesé offensivement, délivrant quelques bons centres. Passé comme latéral gauche en fin de match, il s'est contenté de bien boucler son côté.

Ricardo Carvalho : Un véritable roc ! Il a bien muselé Thauvin et Gignac et a pris le dessus physiquement parlant sur les deux attaquants olympiens. Du grand Carvalho !

Eric Abidal : Tout comme son compère portugais, Eric a fait du Abidal. Très propre dans ses relances, il n’a commis aucune erreur, si ce n’est sur ce coup du sombrero sur Lemina qui a failli mal finir…

Layvin Kurzawa : Des passes ratées ou mal ajustées lors du premier quart d’heure de jeu. Par la suite, il s’est remis dans le droit chemin et a tenté de combiner avec James et Germain. Remplacé, apparemment blessé, par Fabinho (70ème), qui a bien pris son flanc droit, malgré quelques frayeurs dans son dos en fin de match.

Jérémy Toulalan : Tout simplement énorme ! Fidèle à ses dernières sorties, la "Toule" a gratté un grand nombre de ballons et en a distribué un paquet à ses coéquipiers. Il est indispensable à l’équilibre de l’équipe. Un match en mode patron, pour celui qui pourrait postuler à une place chez les Bleus au Brésil cet été… s’il daignait revenir en Equipe de France.

Geoffrey Kondogbia : Il monte en puissance. Grâce à son physique avantageux, il a bien protégé le cuir avec son corps, il était alors quasi impossible à ses adversaires de le lui reprendre. A aussi gratté beaucoup de ballons et s’est montré à l’aise en phase offensive, comme en témoigne sa belle passe décisive pour Rivière (58ème). Remplacé par Mounir Obbadi (70ème)

Joao Moutinho : On le voit peut-être peu, n’est peut-être pas aussi spectaculaire que certains de ses coéquipiers, mais il est très utile quant à l’équilibre de l’équipe. Aussi bon tacleur que passeur, il a, tout comme ses quatre congénères du milieu de terrain, été au four et au moulin, surclassant le losange olympien. D’un petit ballon piqué, c’est lui qui lance Germain pour le premier but de la rencontre (41ème).

James Rodriguez : S’il n’a pas été décisif ce soir, semblant avoir du mal à se mettre dans le sens du rythme, il a été un danger permanent pour la défense marseillaise dès qu’il partait en rush balle au pied (30ème). Moins bon qu’à l’accoutumée, il reste tout de même précieux, pouvant changer le sort d’un match à tout moment.

Emmanuel Rivière : Ce joueur est un paradoxe à lui tout seul : capable de rater le plus simple comme de réussir l’impossible. Le pire avec des contrôles trop longs ou un face-à-face où il rate le cadre (18ème), ou le meilleur comme sur cette reprise bien repoussée par Mandanda (1ère) ou lors du deuxième but de la partie (57ème). Malgré ses lacunes techniques, il sait répondre présent lorsqu’il le faut.


 
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