El Maestro James Rodriguez !

Un homme dans le match / 01/12/2013 - 10h28 / Par Cédric L.
  


Ebranlés par Reims (1-1), Sochaux (2-2), Lille (0-2) et Evian T-G (1-1), les Monégasques enchainent (et comment !) avec une deuxième victoire consécutive en championnat en s’imposant assez facilement (2-0) contre le Stade Rennais. Après les Nantais dimanche dernier (0-1), c’est un autre club breton qui vacille sous le rouleau compresseur monégasque qui s’est remis en marche après avoir quelque peu calé ces dernières semaines. Mais bien plus que le résultat qui permet aux hommes de Claudio Ranieri de rester au contact de Paris et du LOSC, c’est surtout la manière qui est à mettre en avant suite à cette rencontre face à de pales bretons. En alignant une nouvelle fois un 4-4-2 losange en l’absence de son attaquant vedette Radamel Falcao, l’ASM a réalisé une partition sans fausses notes, le tout mené avec brio sous la baguette d’un chef d’orchestre très inspiré en la personne de James Rodriguez qui aura éclaboussé de son talent toute la rencontre. Un Colombien peut en cacher un autre. Sans forcer, les Monégasques se sont baladés sur la pelouse détrempée du Louis-II à quelques jours d’un derby sous haute tension face à l’ennemi intime niçois qui, dans le même temps, enchaîne les défaites comme les perles (5eme défaite consécutive). Inoffensifs et stériles, les hommes de Philippe Montanier ont très vite viré au rouge en première mi-temps grâce aux premiers buts sous les couleurs princières de Rodriguez et du jeune, mais non moins talentueux, Anthony Martial, qui a fêté comme il se doit sa première titularisation en Ligue 1. La suite me direz-vous ? Les Monégasques ont géré tranquillement et sereinement leur fin de match, ce qui leur permet de rester, avec le PSG et le SC Bastia, l'une des équipes encore invaincue en championnat à domicile après 15 journées. En continuant de faire le plein à la maison, les protégés de Claudio Ranieri peuvent prétendre à des jours heureux.

Un homme dans le match : James Rodriguez

Cela commence à devenir une habitude ! Après avoir passé tout l’été à errer comme une âme en peine sous sa nouvelle tunique, il a fallu attendre la 9ème journée et la venue de Saint-Etienne pour admirer le talent de James Rodriguez. Depuis ce temps-là, le Colombien monte en puissance, pour le bonheur des supporters. Et hier soir, on peut dire que l’on a (enfin !) vu le vrai James Rodriguez, celui qui illumine la sélection colombienne avec son compère d’attaque et qui a éclaboussé le FC Porto de son talent ces deux dernières saisons. Aligné pour la deuxième fois à la pointe du losange en tant que meneur de jeu et électron libre derrière les deux attaquants de pointe, le jeune numéro dix à fait honneur à son numéro de maillot floqué dans son dos. Très juste dans ses passes, imbattable balle aux pieds et très inspiré, il a tout bonnement été le dépositaire du jeu asémiste, offrant avec délectation des caviars à ses coéquipiers tout au long de la rencontre. Soir de première aussi puisqu’il inscrit son premier but sous la diagonale monégasque, d’un maître coup-franc qui a transpercé le mur rennais avant d’aller se loger dans le petit filet opposé d’un Costil visiblement béat devant la trajectoire choisie par le Monégasque (20e). Il a également régalé le Louis-II par sa qualité technique incroyable comme en témoigne son contrôle de la poitrine enchainée d’une reprise de volée bien captée par Costil (40e). Littéralement « on fire », « James » sera l’atout majeur du onze rouge et blanc mardi soir face aux Niçois pour un derby qui s’annonce passionnant.

Les autres prestations

Danijel Subasic : Si ce n’est sur ce poteau après un centre-tir de Pitroipa (78e), le portier asémiste n’a nullement été inquiété hier soir. Comme contre Nantes, il a passé la rencontre à admirer le spectacle que ses coéquipiers interprétaient sur le terrain. Plus spectateur qu’acteur, le Croate a vu toutes les tentatives bretonnes passées bien au-dessus ou à côté de ses cages. Il n’a touché le cuir que pour tirer les six mètres.

Andrea Raggi : Une nouvelle fois titulaire au détriment du jeune Fabinho, l’Italien a réalisé une partition très propre, passant la majorité de son temps à apporter le surnombre sur son flanc droit. Evoluant donc davantage comme ailier que comme latéral, le cuir est davantage passé sur son côté lors des offensives asémistes que sur le côté gauche. A bien combiné avec Moutinho et Rodriguez. Aurait pu ouvrir son compteur but cette saison s’il avait réussi à propulser l’offrande de Martial dans les filets, alors qu’il était (quasiment) seul au second poteau (42e).

Ricardo Carvalho : L’atout majeur de la défense rouge et blanche hier soir. Il a inhibé un bon nombre d’occasions rennaises rien que par sa combativité dans les duels ou par sa science de l’anticipation. Un véritable mur. Ce n’est pas pour rien qu’il est Portugais.

Eric Abidal : Capitaine « Abi’ » a, comme toujours, fait preuve d’une énorme sérénité. Toujours propre dans ses interventions comme dans ses relances, flegme comme un Anglais même lorsqu’il avait trois rennais sur le dos, l’ancien barcelonais possède un sang-froid hors du commun. Toutefois, à la jouer parfois trop facilement, il prend des risques assez considérables, comme en témoigne ce ballon perdu qui aurait pu se transformer en pénalty pour les visiteurs. Sorti blessé et remplacé par Nicolas Isimat-Mirin (61e) qui a fait de bons débuts en championnat sous la tunique rouge et blanche, dans la continuité de sa performance individuelle entraperçue en Coupe de la Ligue face à Reims (1-2).

Layvin Kurzawa : De plus en plus solide défensivement, il a été très concentré face au remuant Pitroipa, réussissant à canaliser l’ailier rennais avec brio et sortant très rapidement sur le porteur du ballon adverse. Offensivement, il a été moins en vue que Raggi de l’autre côté du terrain. Une bonne prestation pour l’ancien pensionnaire du centre de formation monégasque.

Jérémy Toulalan : Depuis le début de la saison, si on devait faire le bilan des joueurs qui n’ont jamais déçu à chaque sortie des Monégasques, la « Toul’ » arriverait en tête de notre classement. Une nouvelle fois, il a été partout, de la première à la dernière minute, ratissant de long en large le terrain. Même s’il s’est arrêté de pleuvoir avant le début de la rencontre, l’ancien nantais n’a pas arrêté de faire l’essuie-glace pour intercepter et combler les quelques brèches laissées par ses coéquipiers. Ce qui est impressionnant chez lui, c’est aussi sa manière de donner proprement le ballon et de lancer les offensives monégasques avec aisance et surtout avec justesse. Tout bonnement indispensable. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le public du Louis-II a scandé son nom en fin de match.

Mounir Obbadi : En confiance sur des tirs de loin depuis quelques temps (deux buts sur des frappes à plus de 25 mètres), le milieu franco-marocain a une nouvelle fois tenté, mais sans succès cette fois-ci (3e et 52e). Positionné en tant qu’axe gauche, il a une nouvelle fois sortie une prestation très propre sans fausse note, combinant beaucoup avec James.

Joao Moutinho : Après quelques tristes prestations lors de ses derniers matchs, le milieu portugais semble revenir à un niveau qui lui sied bien mieux. Titularisé à droite du losange concocté par Ranieri, Moutinho a réalisé un match de bonne facture. Il aurait pu ouvrir le score sur une offrande de James (22e) ou être l’auteur d’une passe décisive pour Rivière (33e). Mais hélas, tout ne peut pas sourire à chaque fois. Remplacé par Kondogbia (61e) qui a récupéré un bon nombre de ballons et qui a apporté de la verticalité à son jeu.

Anthony Martial : Et dire que ce jeune marmot n’a que 17 ans (bientôt 18 !). Quelle qualité technique et physique pour un si jeune joueur. Depuis Thierry Henry, les spectateurs monégasques n’avaient plus revu un tel jeune talent fouler la pelouse du Louis-II sous la Diagonale si chère à la Princesse Grace. On peut alors oser dire que la grâce l’a touchée. Que ce soit à gauche, comme à droite, ou en tournant autour de Rivière en pointe, Martial a fait preuve d’une belle maturité dans son jeu et surtout d’une entente prometteuse avec Rodriguez. C’est d’ailleurs sur un une-deux initié avec le Colombien, intercepté maladroitement mais avec réussite par Rivière que l’ancien lyonnais a ouvert son compteur but avec l’ASM (44e). Aurait pu parachever son œuvre en délivrant une passe décisive pour Raggi (42e). On salive déjà à l’avance un trident Rodriguez/Martial/Falcao… Remplacé par Ocampos, très remuant (74e), qui aurait pu aggraver le score si Rivière avait été plus réaliste (76e) ou encore si Costil n’avait eu la bonne idée de détourner sa frappe avec un beau slalom (80e).

Emmanuel Rivière : le tube de l’été n’est pas celui de l’automne. Bien que combattif et exemplaire sur le terrain, son manque de justesse technique lui fait défaut. S’il offre involontairement le but du break à Martial (44e), le Martiniquais a vu toutes ses frappes finir dans les travées du Louis-II (63e, 76e et 86e) ou encore bien détournées par Costil, comme sur cette reprise de volée (87e). Alors qu’il était deuxième dans la hiérarchie des attaquants asémistes dans la tête du coach transalpin, il semblerait que son statut de joker de l’intouchable Falcao soit remis en cause par l’éclosion du jeune Martial, qui l’a quelque peu mis dans l’ombre hier soir.


 
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