Cadeau tronqué pour le Mister

  


Après quinze jours de trêve internationale, on attendait avec impatience la reprise du championnat de Ligue 1 allègrement conduit par notre équipe, dont la cohésion collective, plus encore que l’exceptionnelle qualité de certaines individualités, impressionne les observateurs en lui permettant de tenir la dragée haute au grandissime favori parisien, qui avait repris la main, la veille, en balayant Bastia sans trembler. Jusqu’où ira-t-elle ainsi ? se demandent les médias, toutes tendances confondues, depuis plus de deux mois. Jusqu’au bout ? Allons donc !

Ce dimanche, il ne lui fallait pas aller plus loin qu’en Franche-Comté, au stade Bonal de Sochaux, très précisément, investi par 299 supporters monégasques qui ont donné de la voix sans désemparer. Entre le leader admiré et la lanterne rouge de la division, il n’y avait pas, il ne pouvait pas y avoir photo. C’est ce que se sont empressés de démontrer nos Monégasques en inscrivant deux buts coup sur coup en moins de dix minutes, tous les deux par l’espoir belge Yannick Ferreira Carrasco, le premier sur la gauche après un caviar de James Rodriguez, le second sur la droite à la suite d’une bourde monumentale d’un défenseur sochalien. Avant même la fin du premier quart d’heure, le match était plié, la messe était dite, l’ASM avait fait le boulot en montrant toute l’étendue de ses possibilités et en reprenant son fauteuil de leader, qu’elle pouvait d’ailleurs conforter en enfilant encore quelques buts, sans forcer, face à une formation soumise et résignée.

Et puis, patatras ! Plus rien. Le vide ou presque. Ne sachant sur quel pied danser – continuer à se balader ou préserver la victoire – les Asémistes ont peu à peu oublié ce qui, jusque-là, avait fait leur supériorité. L’état d’esprit n’était plus aussi conquérant, le collectif manquait peu à peu de cohérence, les gestes techniques n’avaient plus de relief. Rien de grave pourtant - juste un peu de suffisance peut-être - puisque l’AS Monaco atteignait la pause avec deux buts d’avance. C’est après que la situation s’est compliquée. Autant par le recul des nôtres que par la détermination retrouvée des autres, requinqués par leur nouvel entraîneur. Les locaux commençaient à multiplier les manœuvres d’approche, pressaient de plus en plus fort, accumulaient les occasions et c’est en toute logique qu’ils réduisaient la marque avant d’égaliser face à nos favoris trop souvent, trop facilement bousculés sur coups de pied arrêtés, dans une défense privée en dernière minute de la sérénité d’Eric Abidal et, à l’heure de jeu, de l’expérience de Jérémy Toulalan. Et, alors que le quart d’heure initial promettait un large succès des hommes de Ranieri, les ultimes minutes provoquaient des frayeurs inattendues chez les supporters monégasques, tout heureux, en fin de compte, du match nul qui préserve l’invinciblité de leur équipe.

C’est l’unique point positif à retenir de cette rencontre. Au quart du championnat, l’AS Monaco reste invaincue, ce qui consitue un exploit pour un promu et un record dans son histoire. Pour le reste, on doit regretter que son jeu se soit déréglé après un trop bon début de match, que son esprit de conquête se soit peu à peu étiolé, que Jérémy Toulalan et Joao Moutinho, pièces maîtresses du milieu, aient été obligés de sortir, que Radamel Falcao finisse par être dégoûté du peu de considération des arbitres français à son égard. On avait déjà constaté des insuffisances passagères à Reims, contre Lorient ou Saint-Etienne. On ne pensait pas que Sochaux serait capable de les souligner à ce point. Bref, Mister Ranieri, qui aurait mérité un plus beau cadeau pour son 62ème anniversaire, a encore du pain sur la planche.

Daghe Munegu.


 
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Sochaux 2 - 2 Monaco
J10 - L1 - dimanche 20 octobre 2013 à 14:00