Le Tigre et le Renard

Un homme dans le match / 26/09/2013 - 00h54 / Par Cédric L.
  


On pourrait croire à une fable sortie de l’imaginaire débordant de La Fontaine. « Le tigre et le renard » en serait d’ailleurs un excellent titre et la morale de cette histoire serait la suivante: que ce soit en tigre ou en renard, Falcao finit toujours par marquer. Et plutôt deux fois qu’une. Car contre Bastia ce mercredi soir, le Colombien a inscrit son premier doublé en Ligue 1 qui, de ce fait, lui permet de prendre seul les rênes du classement des buteurs avec 7 buts inscrits en 7 journées disputées. En bon prince, il a laissé son coéquipier à la pointe de l’attaque asémiste, Emmanuel Rivière, inscrire le premier but de la rencontre en fin de première mi-temps, avant de lui emboiter le pas une poignée de secondes plus tard. Puis, il a parachevé sa belle partition en mystifiant une nouvelle fois Mickaël Landreau en toute fin de partie devant des Corses à l'agonie. Dans un match enlevé, très agréable à regarder et peu stressant hormis au début où les Bastiais firent quelques incursions dans la surface monégasque, les joueurs de Claudio Ranieri ont régalé les spectateurs du Louis II  ne laissant que peu de temps morts dans un match à fort enjeu. Car avant le coup d’envoi, le Paris SG d’Edinson Cavani avait remporté sa confrontation face au Valenciennes de Gary Kagelmacher (1-0) et prenait, par la même occasion, les commandes du championnat. Il fallait cette précieuse victoire (3-0) pour que les Rouge et Blanc conservent la tête du classement, avec deux unités d'avance sur leur premier poursuivant. On peut alors affirmer haut et fort que le point du match nul ramené du Parc des Princes était un bon nul, quoi que peuvent en dire certains « spécialistes ».

Un homme dans le match

Emmanuel Rivière : D’après la Bible, Jésus Christ a accompli plusieurs miracles. Il a d’abord changé l’eau en vin. Puis, il a multiplié les pains. Et pour finir, il a marché sur l’eau. Emmanuel Rivière multiplie, non pas les pains, mais les buts, et continue, lui aussi, de marcher sur l’eau. Et d’être plus qu’une simple doublure de l’attaquant colombien, en trustant avec son compère d’attaque le sommet des meilleurs buteurs de Ligue 1 avec 7 buts inscrits en 7 journées jouées. Alors que son temps de jeu devait être réduit comme peau de chagrin cette saison, l’ancien toulousain démarre tambour battant ce début de championnat, et continue de surfer sur sa belle série devant les cages. Aligné en pointe en compagnie de Falcao, afin de davantage peser sur une défense adverse loin expérimentée (Squillaci 33 ans, Modesto 35 ans), Emmanuel Rivière voulait démontrer, une nouvelle fois, qu’il était plus qu’un joker de luxe. Même s’il crie sur tous les toits à qui veut bien l’entendre qu’il se satisfait de son statut de remplaçant, on parierait une petite pièce qu’il pense en secret revêtir un jour le maillot bleu de l’Equipe de France. Et quelle chance a-t-il eu ce soir de jouer un match plein devant les yeux de son sélectionneur Didier Deschamps présent dans les travées du Louis II, et de régaler le public de ses innombrables appels de balle tout au long de la partie et de ses multiples occasions de but. Sans les interventions divines d’un Mickaël Landreau « on fire », Rivière aurait marqué bien plus d’un but (24e, 50e, 71e, et 88e). Mais l’ancien Canari n’a pas pu stopper le cuir sur le but en fin de première période du Martiniquais sur un bijou de passe bien sentie par James Rodriguez qu'il protège bien avec son corps, avant de catapulter le ballon au fond des filets (1-0 ; 39e). Si l’attaquant monégasque continue de marcher sur l’eau, plus d’une équipe de Ligue 1 risque de boire la tasse.

Les autres prestations

Danijel Subasic : Une nouvelle fois très serein dans ses cages, il a toutefois dû aller au charbon à plusieurs reprises durant la première mi-temps sur les quelques temps forts bastiais. S’il n’a pas eu de grands arrêts à faire (la plupart des tirs corses étant destinés au public monégasque), il s’est bien employé sur les quelques situations chaudes à gérer, comme sur cette frappe puissante de Khazri (63e). Encore un bon match du portier croate.

Andrea Raggi : Titulaire à la place d’un Fabinho sorti blessé au Parc des Princes dimanche dernier, le défenseur italien a bien tenu le choc sur son côté droit. Bien que n'étant pas de nature à se porter vers l'avant comme son homologue Brésilien, Raggi a essayé de combiner avec Rodriguez sur son flanc droit et apporter quelques centres, pour Rivière notamment, qui aurait pu finir en passe décisive sans une grande parade du portier corse. En position défensive, il a tenu le choc face à un Boudebouz qui a souvent erré dans sa zone. Remplacé par Fabinho (79e), qui a davantage joué ailier droit en fin de match, alors que la rencontre était pliée.

Ricardo Carvalho : Les prestations se suivent et se ressemblent pour le Lusitanien. Toujours dans les bons coups, fort dans les duels, on l’a souvent vu tenter d’apporter le surnombre balle au pied en tentant quelques percées plein axe, un profil qu’on ne lui connaissait pas dernièrement. Un énième bon match pour le vétéran monégasque.

Eric Abidal : Le capitaine monégasque a fait du Abidal face à Bastia. Toujours bien placé pour faire tomber dans le piège du hors-jeu les attaquants bastiais,  très serein balle au pied en faisant la passe juste même dans les situations les plus difficiles, il a de nouveau confirmé devant Didier Deschamps qu’il pouvait prétendre à une place de titulaire au sein de la charnière centrale des Bleus.

Layvin Kurzawa : Bien qu’amputé de son compère « YFC » sur son flanc gauche, resté sur le banc, le jeune latéral a fait un match plein, que ce soit offensivement et défensivement. Avec toujours une patte gauche chirurgicale sur ses centres, Kurzawa a de nouveau confirmé qu’il était un très bon centreur, un bon défenseur, mais aussi un bon attaquant, comme en atteste son retourné acrobatique des six mètres dans la surface adverse, bien sortie par Landreau (31e).

Geoffrey Kondogbia : On a senti l’ancien sévillan bridé. Positionné assez bas sur le terrain, il a joué dans un rôle de pur récupérateur en l’absence de Jérémy Toulalan. Et on voit bien qu’il n’est pas vraiment fait pour ce rôle si spécifique, même s’il a été l’auteur d’une partie honorable. Il manque toutefois encore d’automatismes sur le terrain. Une fois associé avec l’ancien lyonnais, il ne fait nul doute qu’on verra le Kondogbia grand spectacle de Séville faire admirer sa technique et son jeu physique tout en percussions. Remplacé par Mounir Obbadi (61e), qui, comme au Parc des Princes, était au four et au moulin.

Joao Moutinho : Positionné plus bas qu’à l’accoutumée par Claudio Ranieri, dans un poste de relayeur qui était le sien au FC Porto, le milieu portugais a fait admirer toute sa science et toute sa vision du jeu sur une merveille de passe depuis le camp monégasque dans la course de Falcao pour le premier but du Colombien dans cette partie (42e). Mais hormis sa qualité de passe, on a aussi vu le meneur de jeu de poche faire preuve d’une bonne faculté de récupération de balle au cœur du jeu, en montrant toute sa hargne pour chiper le cuir dans les griffes de l’adversaire.

Lucas Ocampos : Toujours aussi bon, bien que moins spectaculaire que lors de sa dernière sortie, l’ailier argentin a été l’auteur d’une partition sobre ce soir, ni plus, ni moins. Remplacé par Yannick Ferreira-Carrasco (65e), qui s’est montré trop altruiste en passant le cuir à Rivière alors que les cages étaient grandes ouvertes (73e). Il demeure à l’origine du second but de Falcao en fin de rencontre suite à un bon rush dans la surface. Une entrée tonique du Belge.

James Rodriguez : Petit à petit, on semble retrouver le James Rodriguez qui faisait les belles heures du FC Porto ces deux dernières années. Titularisé sur le flanc droit, le Colombien a, trop souvent, dézoné de son côté pour repiquer dans l’axe, position dans laquelle il se sent le mieux. C’est d’ailleurs en tant que meneur de jeu qu’il trouve Rivière pour l’ouverture du score (38e). Serein et sûr de lui balle au pied, on l’a vu tenter des gestes spectaculaires, comme sur cette tentative de ciseaux ratée (6e) ou sur une belle remise de la poitrine pour Subasic pourtant poursuivi par un adversaire (12e). Il aurait pu, de nouveau, être passeur décisif pour Rivière sur une merveille de centre à ras-de-terre côté gauche sans l’intervention, une nouvelle fois, de Landreau (89e).

Radamel Falcao : Et de 7 ! L’attaquant colombien continue de mystifier les gardiens adverses. Dans son duel à distance avec les deux goléadors parisiens, Radamel Falcao a encore marqué des points ce soir en étant l’auteur de deux buts tout aussi différents l’un que l’autre. Le premier sur une passe en profondeur dans l’axe de Moutinho, l’ancien madrilène prend le large et ajuste Landreau d’une reprise de volée en pleine surface de réparation (2-0 ; 42e). Le second, d’un but de renard des surfaces qui crucifie le gardien corse à bout portant après un rush dans la surface de YFC (3-0 ; 90e). Un but de Tigre et un but de renard, soit la double identité du Colombien qui a, une nouvelle fois, montré toute l’étendue de sa palette de jeu.

Crédit photo : Site officiel ASMFC


 
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