Facebook Twitter RSS      21/10/2014 - 21h54

Les raisons d'une remontée fantastique

Ligue 2 / 13/04/2012 - 06h36 / Par Cédric L.


L’année 2012 serait-elle l’année de la renaissance côté asémiste ? Après s’être fait descendre en flamme lors de la première partie de saison, voilà que tel un Phoenix, le club de la Principauté renait de ses cendres depuis la mi-décembre, et prend même son envol depuis maintenant huit journées. Relégables dès la mi-septembre, les joueurs de Marco Simone sont désormais montés jusqu’à la onzième place, et rien ne semble pouvoir ébranler l’effectif mis en place depuis l’arrivée du magnat russe Dmitry Rybolovlev. Comment expliquer un redressement aussi spectaculaire ? Planète-ASM a mené l’enquête.

Un cap franchi

Depuis la dix-neuvième journée et une victoire face aux Istréens (1-0), l’ASM a amassé 27 points, soit 14 de plus que lors de la première partie de saison (13 points pris de la première à la dix-huitième journée). Mais quand a eu lieu le déclic qui a permis un redressement aussi spectaculaire ? Pour la plupart des observateurs rouges et blancs, les trois confrontations consécutives contre Laval, Sedan et Angers, où les Monégasques se sont à chaque fois trouvés menés pour au final revenir au score voire l’emporter (2 victoires, un nul), sont l’élément déclencheur de cette spirale positive. Obtenus dans la douleur, ces sept points ont permis aux hommes de Marco Simone d’engranger de la confiance, et de se montrer beaucoup plus forts psychologiquement. Depuis, les Monégasques sont invaincus avec six victoires et deux matches nuls, et voient leur avenir s’inscrire en Ligue 2 la saison prochaine, voire peut-être mieux. « L'équipe est allée de l'avant, mentalement elle a beaucoup progressé, tactiquement aussi, analysait Marco Simone il y a peu. On l'a vu sur les derniers matchs, quand tout le monde est en place il n'est quand même pas facile de nous bouger. Avec l'aide des résultats, la concurrence est mieux vécue par le groupe, mais ça je dois dire que même quand nous étions au fond du trou l'ambiance de travail est toujours restée bonne. Mais au quotidien, ce qui change le plus c'est de voir des sourires sur les visages. L'ambiance est plus enthousiaste et tous ceux qui sont là depuis le début de la saison comprennent à quel point il était important de ne pas lâcher dans la difficulté. Aujourd'hui c'est une force supplémentaire pour l'équipe et le groupe en général.» Même son de cloche du côté de Petter Hansson. « Déjà, ce n’était pas une question d’état d’esprit. Il y a toujours eu une bonne ambiance dans le groupe, même si lorsque l’on enchaîne les défaites, comme c’était notre cas, ce n’est pas toujours facile. Je pense que c’était juste une question de confiance : il fallait attendre que le travail paie et c’est ce qui est en train d’arriver. »

Plus forts dans leurs têtes, les joueurs de la Principauté semblent plus sereins, plus sûrs d’eux, même si les fins de matches font toujours redouter le pire, car ils ont toujours été sous la menace d’un retour de leurs adversaires. En effet, les Asémistes n'ont jamais gagné leurs matches par plus d'un but d'écart, ne parvenant pas ainsi à soigner leur goal-avérage. Seul bémol sans doute à ajouter pour apprécier cette belle série (-7 actuellement contre -13 début janvier). Cet handicap pourrait bien leur jouer des mauvais tours au moment de faire les comptes à la fin de la saison.

Une efficacité retrouvée

Les plus en vue dans cette série d’invincibilité, ce sont bien évidemment les attaquants. Et ils ne sont pas étrangers dans cette renaissance du club de la Principauté. En effet, depuis la 19ème journée, l’attaque rouge et blanche a marqué la bagatelle de 18 buts en treize journées de championnat, contre 15 buts lors de la phase aller. Ceci se traduit par une 4ème place au classement des meilleures attaques de la phase retour, contre la 17ème place lors de la phase aller. Cette efficacité retrouvée se manifeste à travers la réussite d’un seul homme, celle de l’attaquant sénégalais Ibrahima Touré, buteur à 7 reprises en 9 titularisations. « Ibra », c'était mon premier choix, se félicitait il y a peu l’entraineur monégasque Marco Simone. Il a montré sa capacité d'adaptation à un championnat européen qu'il ne connaissait pas (le joueur sénégalais venait des Emirats Arabes après avoir évolué quatre saisons en Iran). Il n'a pas besoin de faire des passements de jambes ou des gris-gris pour être efficace. Lui, il va directement à l'essentiel, c'est la qualité la plus importante pour un buteur. » En tout, il a rapporté une dizaine de points au club de la Principauté. D’abord double buteur à Angers (victoire 2-1), auteur du premier but de la remontée face à Sedan (2-2), unique buteur au Mans (1-0) et face à Guingamps (1-0) et enfin c’est lui qui ouvre le score face aux Nantais le week-end dernier sur pénalty (2-1). Celui qui se qualifie comme « un buteur-né », a apporté le réalisme qui manquait tant à l’attaque monégasque depuis le début de saison.

Un autre joueur peut aussi illustrer cette métamorphose monégasque, en la personne d’Edgar Salli. Arrivé cet été d’Afrique, le jeune camerounais a d’abord évolué sur les côtés sous ses nouvelles couleurs, avant de se voir repositionner dans l’axe par Marco Simone. Depuis, le jeune attaquant international apporte la vivacité nécessaire aux avant-postes rouges et blancs pour perforer les défenses adverses. « Le replacer en attaque lui a fait beaucoup de bien, explique l’entraineur transalpin. Edgar, est assez polyvalent, de par sa vitesse et sa technique il peut jouer à droite comme à gauche, mais c'est surtout un attaquant de soutien idéal. Il a eu des hauts et des bas, mais c'est dû à sa jeunesse et aussi au fait que c'est sa première année en Europe. Il a beaucoup progressé mentalement et il montre des choses très intéressantes. Il se sent mieux dans le groupe et dans la vie quotidienne du vestiaire. C'est un garçon très réservé et au début on ne l’entendait pas. Il s'extériorise plus aujourd'hui, je le sens plus à l'aise. Il a encore des progrès à faire dans le replacement et le jeu sans ballon, mais Edgar est sur la bonne voie et je suis certain qu'il peut apporter encore plus à l'équipe ». Triple buteur depuis le début de la phase retour, Edgar Salli semble être le parfait penchant de son compère Sénégalais au sein de l’attaque monégasque, tout comme peut aussi l’être la troisième arme offensive, Valère Germain, auteur de deux buts en 2012. Ces trois hommes en forme représentent 72 % des buts inscrits depuis le début de la phase retour. C’est dire si les trois Monégasques pèsent lourd dans cette remontée au classement du club de la Principauté.

Une nouvelle solidité défensive

Mais en plus d’une attaque efficace, le club de la Principauté peut aussi compter sur une défense devenue imperméable. Avec 12 buts encaissés depuis le début de l’année 2012, l’ASM a plus que divisé par deux son nombre de buts pris par rapport à la phase aller (28 buts). Ce constat positif, c’est surtout grâce à l’arrivée de renforts de poids lors du dernier mercato hivernal. Avec les venues de Danijel Subasic, Gary Kagelmacher et de Giorgos Tzavellas, ainsi que dans une moindre mesure celle d’Andreas Wolf, la défense a été l’un des principaux chantiers entrepris par les nouveaux hommes forts du club de la Principauté. Même si l’arrivée de tant de joueurs, dans un secteur de jeu où la stabilité est la pièce maitresse d’une bonne étanchéité, aurait pu susciter des craintes sur l’efficacité défensive, Marco Simone a su trouver la bonne alchimie afin de renforcer son arrière-garde. Malgré des signes de fébrilité défensive affichés face à Lens et Sedan (2-2) et contre Arles-Avignon (1-2), les cinq dernières rencontres tendent à montrer qu’une imperméabilité défensive tend à se dessiner (deux buts encaissés). La cinquième place au classement des meilleures défenses depuis la phase retour ne doit pas être étrangère à l’arrivée massive de tous ces joueurs, alors que l’ASM pointait à l’avant-dernière place de ce même classement lors des 18 premières journées.

De là à dire que le mercato hivernal fut salvateur pour le club de la Principauté, il n’y a qu’un pas que l’on peut aisément franchir. Et ce n’est pas le capitaine rouge et blanc, Ludovic Giuly, qui peut renier l’apport positif des recrues du mois de janvier. « Le groupe avait besoin d'aide psychologique et de sang neuf, affirme le célèbre numéro huit monégasque. Le club a fait ce qu'il fallait en recrutant neuf joueurs cet hiver car on avait des besoins importants à certains postes. Ces joueurs ont apporté leur expérience et de la concurrence... Maintenant tout le monde est au garde à vous ! C'était important de bien repartir en 2012 et on a eu la chance que la mayonnaise prenne tout de suite. » La hargne et le fort caractère de joueurs tel que Gary Kagelmacher, Giorgos Tzavellas, ou encore Vladimir Koman, ont permis d’afficher un sentiment de haine de la défaite. De là à penser que l’équipe type de la phase aller manquait de caractère…

De plus, l’émergence d’un onze type depuis plusieurs journées de championnat tend aussi à marquer une certaine solidité défensive, ce que Marco Simone ne parvenait pas à faire lors de la première partie de championnat, à cause des blessures, des diverses suspensions ou encore de mauvaises performances sportives des joueurs. « Après il est important de trouver une assise, note l’ancien attaquant international italien, un onze type qui puisse trouver des automatismes et de la complicité. On change moins aujourd'hui car on a trouvé un équilibre et une régularité que l'on n'avait pas durant la première moitié du championnat. » Mais la défense ne semble pas être l'unique responsable de cette solidification défensive « Notre efficacité en défense tient beaucoup aux progrès réalisés dans ce secteur par les attaquants », enchaine Marco Simone. Le chemin de croix vers le maintien passe par le sacrifice de tous.

Conclusion

Une défense plus hargneuse, une attaque plus efficace, un fond de jeu loin d’être flamboyant mais moins stéréotypé qu’en première partie de saison permettent aux Monégasques d’être deuxièmes depuis le début de la phase retour. Alors que les Monégasques avaient près de 56% de chance de finir en National à la mi-janvier, Marco Simone est en train de gagner son pari : laisser à flot le navire rouge et blanc, et avec la manière qui plus est. De là à rêver d’une fin de saison palpitante, l’entraîneur asémiste commence à y songer. « Le premier objectif, c’est le maintien. Après s’il y a la place de pouvoir faire quelque chose d’autre, ce n’est pas moi qui vais dire, ‘on va jouer à la baballe’. On va essayer de chercher un objectif presque irréalisable. Ça veut dire gagner 7 matches sur 7, ce n’est pas impossible. Si on peut rêver un peu le week-end, on ne va pas s’en priver… » Les supporters non plus ne vont pas s’en priver.


Commentaires
Les raisons d'une remontée fan...
Recharger commentaires
Chargement des commentaires
 
  • 19/10/14 | L1 J10 (dimanche) : Marseille 2-0 Toulouse // Bordeaux 1-1 Caen // Lyon 5-1 Montpellier
  • 18/10/14 | L1 J10 (samedi) : Lorient 0-1 Saint-Etienne // Lille 1-2 Guingamp // Metz 0-0 Rennes // Nantes 1-1 Reims
  • 17/10/14 | L1 J10 (vendredi) : Le Paris SG a battu le RC Lens sur le score de 3 buts à 1.
  • 07/10/14 | La France U20 a fait match nul 1-1 en République Tchèque. Raphaël Diarra n'est pas entré en jeu durant cette rencontre amicale.
  • 05/10/14 | L1 J9 (dimanche) : Saint-Etienne 0-1 Toulouse // Guingamp 0-1 Nantes // Lyon 3-0 Lille
  • 04/10/14 | L1 J9 (samedi) : Caen 1-2 Marseille // Bastia 0-2 Lorient // Évian TG 3-0 Metz // Nice 1-1 Montpellier // Rennes 2-0 Lens

Voir toutes les infos flash