En France, tout le monde, ou presque, connait les fracas d’Hatem Ben Arfa. En Angleterre, la bonne majorité des supporters connait la mauvaise conduite de Joey Barton en Premier League. Et bien en Belgique, du côté du FC Bruges, l’enfant terrible du Plat Pays se nommait Nabil Dirar. À bientôt vingt-six ans, le milieu offensif international marocain a posé ses valises en Principauté à la fin de la dernière journée du mercato hivernal pour quatre ans et demi (juin 2016), contre la somme de près de sept millions d’euros. Planète-ASM vous propose de retourner sur le parcours de Nabil Dirar, un diamant brut au caractère bien trempé.
Transfert record : le prix à payer pour le talent ?
À cause du montant de son transfert et de son salaire annuel (près de deux millions d’euros), Nabil Dirar apparaît comme la star de ce mercato d’hiver pour le club de la Principauté. Une grosse pression pèse sur lui et les supporters rouges et blancs attendent beaucoup de ce qui doit être jamais effectué par un club de Ligue 2. Né à Casablanca le 25 février 1986, Nabil Dirar commence sa carrière professionnelle en Belgique, dans la banlieue de Bruxelles, au début des années 2000. Il fait ses gammes de footballeur au sein des équipes de jeunes du Racing White Daring Jean et de la Royale Union Saint-Gilloise de 2001 à 2004.
En 2005, il signe son premier contrat avec le Diegem Sport, un club du Brabant flamand. « À ce moment-là, je jouais trop de manière personnelle, explique Dirar. J’ai appris à céder mon ballon plus rapidement, à jouer plus rapidement et de manière plus vigoureuse. Je suis devenu aussi plus calme. En troisième division, tu n’es pas protégé par l’arbitre et tu tombes constamment. J’ai même failli avoir le bras cassé suite à un tacle d’un défenseur qui ne jouait même pas le ballon, il n’a eu que la jaune pour cela ». Alors qu’il était suivi par certains clubs de l’élite belge, c’est au KVC Westerloo que le milieu offensif belgo-marocain signe en janvier 2006. C’est sous sa toute nouvelle tunique que débute véritablement sa carrière professionnelle.
Titulaire dès la première année (trente-trois matchs joués, un but inscrit), Nabil Dirar éclabousse de tout son talent la première division belge. Doté d’une technique au-dessus de la moyenne et d’une facilité déconcertante balle aux pieds, le jeune milieu offensif attire alors les convoitises des plus gros clubs, ce qui lui vaut de taper dans l’œil de plusieurs observateurs. « Techniquement, il est phénoménal, explique l'un des recruteurs d'Anderlecht, Rik Vande Velde au mois de mai 2008. Il est droitier mais il a également un très bon pied gauche. Ce joueur ne sait pas que dribbler, il sait également donner des bons centres. Balle aux pieds, il également très fort surtout lorsqu'il est dos au but car il sait très bien utiliser son corps. Dirar a aussi une bonne frappe mais il l'utilise trop peu. En effet, je l'ai déjà vu réaliser de bonnes frappes. Mais c'est surtout le genre de joueur qui veut encore faire un dribble avant de tirer au but. »
Rudi Fort, l'un des scouts du Club de Bruges a également son avis sur le jeune joueur. « Il a un très bon dribble et il sait rentrer entre les lignes, explique-t-il pour Football Magazine. Techniquement, il a de très grandes qualités. Mais il doit peut être s'améliorer en ce qui concerne sa vitesse d'accélération car il n'est pas à 100% à ce niveau. Le ballon ne colle pas encore à ses pieds comme les joueurs de grandes classes mais cela viendra sans doute à l'avenir ». Après cinquante-sept matchs et trois buts inscrits, c’est au FC Bruges que Nabil Dirar pose ses valises à l’été 2008.
FC Bruges : grandeur et décadence
Avec sa nouvelle équipe, le milieu offensif continue sur sa lancée, et enchaîne les apparitions (trente-trois matchs disputés, trois buts inscrits lors de sa première année). Ce qui ne l’empêche pas de se remettre en question. « Je peux encore mieux faire et m’améliorer, remarque-t-il quelques mois après son arrivé à Bruges. J’évalue à 100% mes chances de réussir au FC Bruges. Je dois encore améliorer mon rendement et mon jeu de tête qui est ma qualité la moins développée mais j’apprends chaque jour. Avec le FC Bruges, je marquerai plus car je serai plus souvent dans les seize mètres » explique-t-il dans les colonnes de Het Nieuwsblad. Mais c’est à partir de ce moment-là que commencent les problèmes extra-sportifs du néo-Brugeois.
Tout d’abord avec la sélection du Maroc, à qui il tourne le dos, pour se tourner vers les Diables Rouges, l’équipe nationale belge. En effet, en août 2008, Nabil Dirar décline l’invitation du sélectionneur des Lions de l'Atlas (Roger Lemerre) qui l’avait convoqué pour la première fois, alors qu’il avait déjà quelques matchs avec les Espoirs marocains au compteur. « Après un contact téléphonique avec René Vandereycken (le sélectionneur de la Belgique), j’ai décidé de choisir l’équipe nationale belge, explique-t-il dans Het Laatste Nieuws. J’ai longtemps réfléchi à ce sujet mais c’est un choix juste et je ne doute pas, c’est définitif. Émotionnellement, c’est une décision très difficile car je continuerai toujours à me sentir à moitié Marocain mais je suis aussi Belge. » Avant de rajouter : « Je pensais à l’époque que le Maroc était une bonne solution mais entre-temps la situation a changé ». Mais voilà, le règlement lui interdit de jouer pour la Belgique car il a participé à un match considéré comme officiel par la FIFA avec les Espoirs marocains, contre le Botswana. Il est impossible pour lui de rallier sa patrie d’adoption. C’est donc par défaut, que Dirar se ravise et finit par porter les couleurs de son pays d’origine.
Après ce premier fait d’arme du néo-Monégasque, d’autres vont malheureusement suivre. Quelques semaines après son arrivée à Bruges, Nabil Dirar est sanctionné par la Ligue à cinq matchs de suspension dont trois fermes suite au crachat sur Yoni Buyens, joueur du KV Malines lors d’un match de championnat. En octobre 2009, c’est cette fois-ci son club qui le sanctionne à cause d’un retard de près de deux heures à l’entrainement. Le mois suivant, il est envoyé en équipe réserve durant une semaine, encore une fois pour avoir manqué un entrainement un lundi matin. Au mois de mars 2010, c’est pour cause de bagarre qu’il est sanctionné par son club. À l’entraînement, Nabil Dirar et Stijn Stijnen, le gardien du FC Bruges, s’étaient violemment disputés à cause d’un tacle trop appuyé du portier brugeois. Dany Verlinden, l’entraîneur des gardiens, a même dû séparer les deux hommes.
Par la suite, d’autres rétrogradations en équipe réserve s’enchaînent pour Nabil Dirar, qui devient même le recordman du nombres d’amendes reçues pour retard à l’entraînement. « Il y a des règles et règlements, et tout le monde doit les suivre » explique Adrie Koster, l'entraîneur du FC Bruges. « Si nous apprenons que Nabil est déjà de retour en Belgique le dimanche et qu’il ne se montre pas le lendemain, vous ne pouvez pas fermer les yeux » déclare-t-il dans la presse néerlandophone. Luc Devroe (directeur sportif du FC Bruges) trouve que Koster a pris une décision « logique ». « Notre entraîneur maintient ses lignes disciplinaires. Nous ne pouvons que le suivre, les règles doivent être respectées ».
Tous ces déboires n’empêchent pas le FC Bruges, à la surprise générale, de le prolonger à la fin de la saison 2009-2010 jusqu’en juin 2014. Avec Adrie Koster, c’est « je t’aime, moi non plus ». En effet, entre le strict entraîneur et le tumultueux joueur, il y a toujours eu de l’électricité dans l’air. Comme par exemple en août 2010, où le jeune milieu offensif se fait sortir du terrain par son entraîneur au bout de vingt-et-une minutes de jeu seulement. Furieux, l’international marocain rentre directement sous la douche tout en donnant des coups de pieds dans les portes qui l’emmenaient au vestiaire.
Dirar conscient de ses erreurs
Néanmoins, lors de la saison 2010-2011, Nabil Dirar semble plus apaisé, même métamorphosé. Un changement de comportement qui lui vaut de devenir le meilleur joueur de son équipe, participant à trente-trois matchs de championnat, pour trois buts inscrits et treize passes décisives délivrées. Grâce à cela, son club lui propose une nouvelle prolongation pour deux années supplémentaires (juin 2016), qu'il accepte en mai 2011. Sur tous les flancs de l’attaque, le milieu offensif impressionne par sa qualité de centre et sa justesse balle aux pieds.
Pour la RTBF, Dirar est revenu sur les causes de cette métamorphose. « C’est vrai qu’avec tout ce qu’il s’est passé l’année dernière (en 2010), j’avais du mal à me reconnaitre, s’explique-t-il. Mais grâce à Mogi Bayat, ma femme et mon meilleur ami, je suis devenu une nouvelle personne. Ça m’a fait du bien de me faire recadrer par mes proches. Le passage dans le noyau B (l’équipe réserve, ndlr) m’a ouvert les yeux. J’ai vu à quel point les jeunes se battaient et s’entrainaient pour avoir leur place, qu’ils étaient vraiment très motivés. Et moi, à côté de ça, je voyais que j’étais en train de foirer ma carrière et perdre cette place que tout le monde convoitait. Je me suis dit alors qu’il fallait mordre sur ma chique et de nouveau montrer une bonne image. » Avant de poursuivre. « Dans le quartier de Saint-Josse, où je retourne voir mes amis régulièrement, je remarque tous ces jeunes qui me regardent. Et j’ai envie de les rendre fiers en montrant une belle image. »
Chassez le naturel, il revient au galop dit l’adage. Car quelques mois après ses belles paroles, le natif de Casablanca est retombé dans ses travers. En championnat tout d’abord, au mois de novembre 2011, les images télévisuelles ont montré Dirar en train de mordre le bras du latéral international belge Sébastien Pocognoli en plein match de Jupiler League. Cette (énième) bévue ne fut pas suivie de conséquence pour le futur Monégasque.
Enfin, toujours au mois de novembre de l’année dernière, Nabil Dirar a fermé la porte quant à une participation à la CAN 2012 alors qu’il n’était plus appelé en équipe nationale du Maroc depuis près de deux ans. « Cela fait peu de différence pour moi si je suis sélectionné pour le Maroc ou pas. Je vis ici avec le Club de Bruges et c'est ce club qui me paie. Si je ne suis pas appelé, je serai heureux de rester dans mon club » explique-t-il dans Het Nieuwsblad. « Si je suis sélectionné par Gerets pour la Coupe d'Afrique et que je dois m'assoir dans les gradins, je préfère rester à Bruges. » Barré en équipe nationale par Younès Belhanda (Montpellier), Adel Taarabt (Queens Park Rangers) ou par Mbark Boussoufa (Anzhi), Dirar ne semble pas vouloir se satisfaire d’un statut de remplaçant que ça soit en sélection ou en club.
À Marco Simone de gérer le cas épineux du milieu offensif, lié avec l’ASM jusqu’en 2016, pour qu’il éclabousse de tout son talent le championnat de France. Notons qu’avant son transfert cet hiver sur le Rocher, Nabil Dirar surfait sur la même vague de statistiques que la saison dernière, avec quatre buts et six passes décisives en vingt-deux matchs de Jupiler Pro League, et quatre buts en neuf matchs d’Europa League.


15 commentaires
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Pour rebondir sur un article qui affirmait que le recrutement était 100% de Smolentsev, ont apprend du joueur même que c'est Dhondt qui aurait eu l'idée de le faire venir.
Donc ont sait au moins que Touré, Barazite et Dirar ne viennent pas de Smolentsev, donc il ne devrait pas avoir de "tension" avec l'équipe dirigeante à ce niveau comme le laissait penser l'article mal informé!
Moi non plus mdr
"D'après des sources sûr, le premier jour d'entrainement des recrus, le magasinier leur a remis leurs équipement puis a demendé chacune d'entre elles de choisir leurs marques de ciments : Lafarge, HeidelbergerCement, les ciments français ou Holcim...."
J'suis pas sur d'avoir bien compris ta blague!
beaucoup de grand joueur ont ou ont eu un caractère bien trempé ( zizou, cristiano ronaldo, maradona ). je pense qu'il peut devenir l'un des tout meilleur joueur de notre championnat !
D'après des sources sûr, le premier jour d'entrainement des recrus, le magasinier leur a remis leurs équipement puis a demendé chacune d'entre elles de choisir leurs marques de ciments : Lafarge, HeidelbergerCement, les ciments français ou Holcim....
oui Smolentsev a l'air de faire peur à pas mal de personne dans le staff !!! lol c'est pour sa que j'attend de le voir avant de donner mon avis mais c'est sur qu'a mon avis il à pas intérêt a faire le malin avec les russes ^^
Il va falloir lui apprendre ce que c'est que la rigueur à la Russe, DA.
Avec Mbokani, il faut pas oublier qu'on avait à la tête de notre équipe dirigeantes un mollusque avec ses sbires, pas un pour aller gueuler lorsqu'un joueur arrivait en retard à l'entrainement (d'où le cas Mbokani).
Ici cela commence plutôt pas mal, quand on sait que les dirigeants ne tolérerons aucun retard, que Smolentsev est un rude gaillard qui se laisse pas faire, cela risque de chauffer pour Dirar si son comportement n'est pas celui d'un professionnel, surtout vu le prix que l'on a payé, ils vont pas se laissé marché dessus comme les autres.
Bon aparament avec les nouvelles personnalité au sein du club , sa a l'air d'étre devenu bcp plus sérieux quand meme nan ? mdr
pas trop fan des fouteurs de merde omme mbokani fred ben arfa etc !! après a voir si le staff arrive à bien le gérer !!
Perso si il fait un bid ba je m'en fou royalement , bon sa me ferais chier pour l'asm parceque on a mis le prix , mais voila je ne mise aucun espoire dans se mec que je ne connais pas , et dont les seuls retour qu'on a sont " il est bon mais il est con " ... La derniere fois que j'ai cru en un mec comme sa s'été Mbokani ... Alors voila , si il réussi tant mieux , je serais le 1 er a le félicité mais si il fait de la dob , ba voila , un joueur belge mauvais en plus mdr
Peut être tout l'un ou tout l'autre lui à monaco.
Esperons...
Message supprimé par Damien L.
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Espérons que se ne soit pas un MBOKANI bis?
Qu'il soit un joueur talentueux et non un talentueux m'enfoutiste!!!
Bonne chance au staff technique…..
Ouais off, qu'il soit hard sur le terrain je m'en fous, ça sera pas le 1er chez nous, tant mieux à la limite je préfère qu'il se batte plus qu'il soit nonchalant, après le problème, c'est les retards à l'entrainement ect
J'aurai bien aimé voir les punchlines qu'ils auraient pu se balancer, du temps de Guy Lacombe :')
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