De gauche à droite, au premier rang : HESS, HIDALGO, ROY, COSSOU, CARLIER. Au second rang : LEDUC (entraîneur), KAELBEL, NOVAK, ALBERTO, THOMAS, BIANCHERI, LUDO. Photo Roland Gota.
Alors que l’ASM aborde, en cette année 2010, la finale de la Coupe de France face au PSG, il est bon de faire un bond de 50 ans en arrière et de se replonger en 1960 pour une victoire finale de l’AS Monaco dans cette compétition. 1960 – 2010 : 50 ans séparent ces deux dates et espérons que l’histoire se répétera pour le club asémiste.
32ème de finale : AS Monaco – FC Annecy (CFA) - 24 janvier 1960 :
Pour ce tour de chauffe, l’ASM est opposée au FC Annecy à Lyon, une équipe du 4ème échelon national.
Annecy une faible équipe ? Pas vraiment puisque c’est une terreur du Championnat de France Amateur. Une équipe qui fut entraînée par l’actuel coach de l’ASM, à cette époque : Lucien Leduc.
Ce dernier assiste à un très bon spectacle de la part de son équipe qui prend aisément le dessus sur son ancienne formation ; ceci seulement en seconde période puisque le moins puissant mène à la mi-temps du match (1-0).
Monaco déploie alors un jeu offensif de premier plan et surtout fait preuve d’une efficacité maximum.
Monaco - Annecy : 3-1
Buteurs : Biancheri, Casolari et Serge Roy pour Monaco.
16ème de finale : AS Monaco – Olympique Lyonnais - 14 février 1960 :
A ce stade de la compétition, l’ASM affronte les Lyonnais à Marseille dans le stade Vélodrome.
Cette confrontation semble plus équilibrée que la partie précédente. Monaco devra sans doute puiser davantage dans ses réserves pour venir à bout d’une formation qui n’a rien à perdre.
Mais un joueur asémiste va tirer son épingle du jeu lors de cette partie aussi indécise que palpitante : il s’agit de Dédé Hess. Celui-ci va inscrire deux buts et libérer les siens lors de la prolongation.
Monaco semble avoir vaincu le signe indien et s’avance non sans peine vers les huitièmes de finale de la Coupe de France.
Monaco - Lyon : 2-1
Buteurs : Hess (x2) pour Monaco.
8ème de finale : AS Monaco – US Forbach (D2) - 6 mars 1960 :
Pour son troisième match dans cette compétition, l’ASM affronte, au Parc Lescure à Bordeaux, une modeste équipe de Division 2, l’US Forbach.
Comme souvent lors de ces rencontres, le plus petit met au supplice le (présumé) plus gros et l’US Forbach mène 2-0 face aux joueurs de la Principauté.
Il faut alors un doublé de Biancheri pour que l’ASM ait le droit de jouer la prolongation.
Déçus, sans doute, et surtout fatigués, les joueurs de l’US Forbach craquent lors de la prolongation et offrent aux Monégasques le droit de jouer les quarts de finale. Le but vainqueur est inscrit par Serge Roy.
Monaco - Forbach : 3-2 (AP)
Buteurs : Biancheri (x2) et Roy pour Monaco.
Quart de finale : AS Monaco – OGC Nice - 3 avril 1960 :
Ce match entre frères ennemis de la Côte d'Azur doit se dérouler à Paris, au Parc des Princes, sur terrain neutre.
L’ASM s’attend donc à un véritable combat face à Nice dans un match se déroulant devant une faible assistance, deux clubs sudistes s’affrontant.
Avant cette rencontre, Nice peut aussi se targuer d’avoir battu le Real Madrid (3-2), un grand d’Europe, en Coupe d’Europe. L’ASM ne semble donc pas favorite de cette partie et pourtant, elle fera la différence en deux petites minutes.
Serge Roy, auteur de la dernière réalisation de la rencontre, considérera qu’il avait inscrit à cette occasion le plus beau but de sa carrière sur le Rocher : une tête plongeante au niveau du point de penalty sur un centre tendu adressé de la gauche par le néerlandais Carlier.
Monaco - Nice : 3-1
Buteurs : Hidalgo, Cossou et Roy pour Monaco.
Demi-finale : Stade de Reims – AS Monaco - 24 avril 1960 :
Pour cette demi-finale, l’ASM fait face, ni plus ni moins, qu’au futur champion de France : le « grand » Stade de Reims. Celui-ci se rapprochant du titre puisque pratiquement au même moment, en match en retard du championnat, Nîmes a perdu une rencontre capitale.
Le Stade du génialissime Kopa, Colombes, fait le plein pour ce match : 38.000 spectateurs.
Les deux équipes se trouvent à égalité 1-1 (une tête du capitaine Kaelbel) à quelques minutes de la fin du temps réglementaire.
C’est alors que surgit Hess, sur un corner, pour tromper Colonna à deux minutes du coup de sifflet final, et envoyer l’ASM en finale de la Coupe de France, douze ans après son entrée dans le professionnalisme.
Kopa aura cette phrase : « Si j’avais eu le choix entre notre victoire en Coupe et la défaite de Nîmes en championnat, j’aurais préféré qu’ils perdent. »
Reims - Monaco : 1-2
Buteurs : Kaelbel et Hess pour Monaco.
Finale : AS Monaco – AS Saint-Étienne - 15 mai 1960 :
Cette finale se déroule à Colombes au stade Olympique Yves-du-Manoir devant près de 40 000 spectateurs.
L’arbitre de la rencontre est M. Marcel Lequesne.
Les équipes :
AS Monaco : Henri Alberto - Marcel Nowak, Raymond Kaelbel (cap.), Georges Thomas - François Ludo, Henri Biancheri - André Hess, Michel Hidalgo, Serge Roy, Lucien Cossou, Albertus Carlier
Entraîneur : Lucien Leduc
AS Saint-Étienne : Claude Abbes - Richard Tylinski, Robert Herbin, François Wicart - René Domingo (cap.), René Ferrier - Georges Peyroche, Léon Glovacki, Ginès Liron, Jean Oleksiak, Manuel Balboa
Entraîneur : René Vernier
Les buteurs :
AS Monaco :
Serge Roy (5’ et 114’), Biancheri (88’) et François Ludo (103’).
AS Saint-Étienne :
Ginès Liron (43’) et Domingo (86’).
Le film du match :
L’ASM commence très bien la partie et ne semble pas souffrir de la pression (c’est sa première grande finale) puisqu’elle ouvre le score par l’intermédiaire de Serge Roy. Une magnifique reprise au second poteau.
L’ASM gère très bien la première période mais se fait ensuite surprendre sur un but, juste avant le retour aux vestiaires, de la part de Liron sur une belle volée du point de penalty.
A la mi-temps : score 1 - 1
Au retour des vestiaires, aucune équipe n'arrive à faire la différence et la Coupe de France semble choisir son camp lorsque, à la 86’, le capitaine stéphanois Domingo donne l’avantage à sa formation, un avantage sans doute décisif. Les Verts se voient déjà gagnants de cette Coupe.
Nous sommes alors à la 88’ et l’arbitre de la rencontre accorde un coup-franc à l’équipe de la Principauté.
C’est le capitaine asémiste, Kaelbel, qui s’avance pour exécuter la sentence : il le frappe et voit sa tentative repoussée par le mur adverse. Mais l’arbitre le donne à rejouer car le mur stéphanois n’était pas à distance réglementaire.
Même cause, même effet ?
Cette fois, c'est Biancheri qui s’avance vers le ballon. Une rapide discussion avec son capitaine le persuade de le laisser frapper.
Biancheri, l’homme du parcours monégasque, trompe alors Abbes d’un splendide tir brossé et envoie les deux formations en prolongation.
Fin du temps réglementaire : 2 - 2
Cette égalisation heureuse semble avoir coupé les jambes des joueurs stéphanois. Plus déterminés et portés par ce coup du sort, les Asémistes éteignent les derniers espoirs de victoire des Verts à la 103’ grâce à un lob victorieux de Ludo.
Le calvaire des Stéphanois prend fin à la suite d’une tête victorieuse de Serge Roy à la 114’ alors que celui-ci joue blessé.
Score final : 4 - 2 pour l’ASM
Pour la petite histoire, c’est le Prince Rainier en personne qui a remis le trophée, la Coupe de France 1960, à son joueur, Kaelbel.
C’est le premier titre de l’ASM. Il entérine la place du club Princier parmi l’élite du football français.
L’ASM valide aussi son parcours victorieux en Coupe de France par une très bonne 4ème place en championnat de France, gage de succès futurs.
Le joueur de cette épopée : Biancheri
Biancheri aura marqué de sa patte cette édition 1959-1960 de la Coupe de France pour le compte de l’ASM.
Il a été l’auteur de quatre buts pour le club dont il deviendra le futur directeur sportif.
Il a souvent débloqué des situations très compliquées pour l’ASM et a pesé sur l’entrejeu monégasque tout en soulageant ses attaquants.
Ce n’était pas sa première finale dans cette compétition puisqu’il l’avait déjà disputée sous les couleurs d’Angers (une défaite face à Toulouse 3-2).
Cette victoire en Coupe de France arrive lors de sa troisième saison sur le Rocher et reste aussi son meilleur souvenir dans le club asémiste.
« Au fond, pour gagner une finale de Coupe de France, il faut une certaine somme de chance. Nous, cette année-là, dans les tours préliminaires, nous avions toujours connu les pires difficultés, notamment devant Annecy et Forbach, et nous étions toujours menés à la mi-temps. Bref chaque fois nous nous en tirions miraculeusement. »
Lors de la finale, après son coup-franc victorieux, il avouera ceci : « Mon coup franc réussi avait très certainement coupé les jambes des Stéphanois qui n'y croyaient plus. »
Un homme de devoir...


3 commentaires
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Nan , c'est bel et bien Annecy qui jouait contre Monaco , et non Nancy
c'est presque les même équipes que cette année (en termes de divisions) donc tout est possible
Une petite erreur: "Nancy" à la place d'Annecy (Monaco - Nancy: 3-1)
Merci pour cet article en tout cas ! Étant donné qu'on l'a gagné 5 fois, j'imagine qu'il y aura 4 autres épisodes ? :)