La période de transition est, pour un club de football, généralement, la plus mouvementée de l'année. Terminant à peine les fins de saisons entre titre et relégation, les clubs doivent immédiatement préparer leur futur proche, à la faveur du mercato et de la reprise qui prépare physiquement les joueurs. Pour l'ASM, c'est aussi le moment de dresser les bilans : place ici aux points forts et aux points faibles de la saison de la saison 2008-2009.
Les tops
La génération dorée : C'est ce que l'on retiendra de cette saison morne. Alors que la saison s'achève sans plus de gloire que les précédentes, sans plus d'impressions de réellement bâtir des fondements solides, la meilleure des avancées pour l'AS Monaco depuis quelques saisons restera sans doute l'éclosion de ces jeunes "made in Monaco". Déjà l'an passé, Ricardo révélait Muratori puis Bakar. Si ces deux derniers n'ont pas pu confirmer cette saison, la faute à des blessures à répétition, d'autres camarades se sont charger de prendre la relève avec brio. Ruffier, déjà en vue l'an passé, a mis Roma au placard. NKoulou, inconnu jusqu'alors, a rapidement pris l'axe de la défense, additionnant les partenaires, pour ne plus la quitter. Mollo est le troisième à réellement se mettre en vue grâce à sa régularité à l'animation et ses compétences techniques complètes. Là où Ricardo tire son épingle du jeu, c'est sans doute dans sa capacité à avoir su faire naître la base d'une équipe avec des joueurs inexpérimentés, mais surtout faire éclore tant de jeunes en une seule et même saison, en une seule et même équipe. Certes, il a fallu que ces jeunes espoirs possèdent une force de caractère suffisante afin de se passer d'encadrement d'expérience sur le terrain, mais l'entraîneur auriverde est à remercier de par un habile travail de finition de celui entamé il y a plusieurs années par un centre de formation désormais devenu coté. Pour preuve, l'ASM se targue de ne pas avoir seulement trois jeunes joueurs à faire valoir : Diaz a foulé le terrain avec brio, Nimani a montré un potentiel valable, Mangani a en toute de fin de saison pris sa chance, Thuram a assuré un parfait intérim dans les buts pour son baptême et que dire de Mongongu qui, après avoir été balladé en défense, s'est imposé auprès de son compère camerounais pour former la plus jeune défense centrale d'Europe. Quant on se rappelle des échecs Grax, Veigneau, Maurice Bellay ou Gigliotti, on constate que le Rocher possède désormais un vrai capital propre et une mine durable, et ce grâce à une formation à tout âge, en témoignent les essors de Pino, Licata ou Haruna plus récemment, qui sont des emblèmes de la post-formation réussie.
La charnière défensive : L'autre point positif à souligner, qui découle indirectement du précédent, est la création d'une valeur sûre sur le terrain : l'axe de la défense. Quand, les années passées, l'ASM multipliait les solutions sans vraiment trouver la bonne pioche durable, elle a cette fois réussi à détenir une assise confortable, grâce à deux noms sur lesquelles les paris n'auraient jamais pris, Nkoulou et Mongongu. Les deux produits de la formation asémiste n'ont pas de suite créé l'osmose. Ricardo a en effet dû construire au fur et à mesure ses fondations pour qu'elles deviennent enfin stables. A ce jeu là, un élement a servi d'outil : Dario Simic. Le croate, débarqué à l'été, a tout de suite trouvé ses repères sur les terrains de ligue 1, en compagnie du pari Nkoulou. Immédiatement, le milanais a apporté toute sa science de la défense à ses jeunes partenaires, s'est imposé comme capitaine remplaçant (de Modesto), comme leader de l'arrière. Lorsqu'il a fallu ravitailler un Nkoulou haletant quelques temps, c'est Müller, fort de son vécu lui aussi, qui a pris la relève, pour finalement que les deux anciens laissent leur place, sans rancune, aux deux jeunes dents plein de mordant qui poussaient dans la gencive. Sans jamais délaisser leur statut de cadre, Simic, Müller, Modesto et Ricardo, en bon défenseurs qu'ils restent, regardent la nouvelle charnière monégasque devenir solide. Récemment renforcée par Puygrenier, elle pourrait ne pas être reconduite, en dépit d'un potentiel de classe.
Les flops :
La qualité de finition : Si derrière, ça tient la route, devant, c'est plus difficile. C'est sans doute le grand échec de Raymundo Gomez Ricardo que celui de ne pas avoir su instaurer le beau jeu qu'il prônait. Cette saison, la ligne offensive de l'ASM n'a cessé d'être décimée voir privée de ses éléments de poids. Précocement d'abord, ce sont Menez puis Nenê qui quittent tour à tour le Rocher. Park vient renforcer l'avant, mais à ses côtés, seuls Nimani, Licata et Pino sont capables de l'entourer, soit trois joueurs autant en manque de confiance que d'expérience pour épauler un coréen nu dans son nouveau pays français. Derrière eux, un Meriem toujours aussi peu influent et un Alonso qui doit prendre ses marques. Heureusement, celui-ci le fait relativement vite et s'applique à servir Licata, devenu buteur surprise du club. Plus tard, Pino et Mollo se chargent de l'animation, mais ce quatuor restera instable un long moment. Entre les indisponibilités des uns et l'inexpérience des autres, l'attaque des rouges et blancs reste trop souvent muette. Si les occasions tendent à devenir plus récurrentes, les concrétisations manquent et de réalisme, et de diversité. La liberté créative est en pente ascendante, mais la régularité tant au cours des 90 minutes que de la saisons n'est pas au point.
L'instabilité de l'encadrement : On se lasse presque de le répéter, mais les problèmes n'ont pas disparu. Alors qu'on croyait que la fin de l'ère Pastor, période de descente permanente, sonnerait avec reconstruction, voilà que l'espoir s'envole bien vite. La méthode De Bontin n'était pas forcément soutenue par tous, mais elle avait le mérite de répondre clairement aux problèmes posés par la gestion de ses prédécesseurs de MFI. Seulement, sans capitaux et sans une liberté d'action totale, l'ami du Prince ne peut faire autrement que de renoncer dès le mois de Mars. Si on ne voit pas immédiatement d'effets néfaste sur l'équipe et sa fin de saison, les conséquences apparaissent sur l'entraîneur, qui est discrédité. La remise en place de Keller par le nouveau président élu par MSP ne fait que révéler la guerre que les hommes d'affaire se livrent en coulisse pour la direction de l'ASM, de même que la difficulté que le club a faire être attractif pour l'investissement, en grande partie en raison de la volonté de SAS Albert II de Monaco conserver un actionnaire majoritaire monégasque. Dès lors, sans réelle solutions, les avancées sont vite réduites au silence. L'entraîneur n'est pas reconduit, un autre entraîneur français arrive de Bretagne, et les ressemblances tristes avec la saison de l'arrivée de Bölöni ne cessent de se multiplier. Le risque de ne pas conserver les jeunes grandit, à l'image des négociations difficiles avec Mollo, les recrues arrivent tardivement et sans "nom ronflant", et l'aveu de Keller quant à l'impossibilité de recruter "Sheva" montre la faible marge de manoeuvre financière de la nouvelle direction. Une fois de plus, le nouveau président ne débarque pas avec le soutien populaire, ce qui place le nouvel entraîneur dans une situation déjà délicate.


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